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[Critique] FAST AND FURIOUS 5

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] FAST AND FURIOUS 5

Titre original : Fast Five

Note:

★
★
★
★
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Justin Lin
Distribution : Vin Diesel, Paul Walker, Dwayne Johnson, Jordana Brewster, Tyrese Gibson, Gal Gadot, Elsa Pataky, Sung Kang, Matt Schulze, Ludacris, Joaquim de Almeida, Michael Irby, Don Omar, Alimi Ballard…
Genre : Action/Policier/Suite/Saga
Date de sortie : 4 mai 2011

Le Pitch :
Après avoir organisé avec une audace qui leur est propre l’évasion de Dom Toretto, sa sœur Mia et Brian se réfugient à Rio de Janeiro où ils retrouvent Vince, un ancien partenaire. Vince qui les met sur un énorme coup, avec plusieurs millions à la clé. Mais c’était sans compter sur l’impitoyable agent Hobbs, lancé à leur poursuite…

La Critique :
Cas assez unique dans l’histoire bariolée des sagas cinématographiques, Fast and Furious 5 marque le véritable début d’un nouveau départ. Vraie suite (et non reboot aux intentions louches), ce cinquième volet est en effet celui qui a permis à la saga initiée par Rob Cohen de se sortir de la voie de garage sur laquelle elle roulait depuis ses débuts (au moins depuis le second volet). Une nouvelle direction déjà initiée par un Fast and Furious 4 plein de bonne volonté mais pas franchement convainquant, qui montre ici le talent de Justin Lin et les bonnes résolutions de la franchise.
Fini le tuning donc, qui servait jusqu’ici d’axe central, tout en conférant aux films de la saga leur identité, du moins visuelle. Les bagnoles de Fast and Furious 5 en ont sous le capot, mais ne présentent pas d’extravagances particulières au niveau de la carrosserie. Et comme pour bien montrer que désormais, le tuning, on s’en balance carrément, Justin Lin zappe la seule séquence qui aurait pu offrir son lot de béquets sur-dimensionnés et autres peintures pailletées si chères aux mécanos de l’émission de MTV Pimp My Ride. Nos héros déboulent en plein Rio, alors que de bons vieux accros aux voitures customisées admirent des nanas à moitié à poil se déhancher au son viril des moteurs boostés, et puis c’est tout. Fast and Furious 5 n’est plus un film sur le tuning. Les voitures ont bien sûr encore et toujours une place centrale, c’est toujours aussi rapide et furieux, voire davantage qu’auparavant, et les enjeux changent. Comme si Dom, Brian et toute la clique avaient mûri et préférer investir leur fric dans des modèles de collection qu’il serait criminel de barbouiller de peinture fluo, plutôt que dans des monstres de foire destinés à emballer des filles accros au gaz d’échappement et autres poussées de nitro complètement hors de propos ici.

Désormais, les protagonistes de Fast and Furious versent dans l’action pure. Justin Lin a sauvé la saga tout simplement car il a choisi de se garer du côté de ces bons vieux trip burinés, certes bas de plafond, mais ô combien jubilatoires. Le tout en nous épargnant des artifices dépassés et complètement excluants pour toute personne allergique aux transformations contre-natures de véhicules destinés ensuite à parader sur des parkings, lors de rassemblements nocturnes.
Ceci dit, si l’absence du tuning est indéniablement l’un des points forts de Fast and Furious 5, cela n’explique pas tout. Jusqu’ici condamné à faire le tour en boucle d’un circuit aux contours limités, la saga s’engage maintenant sur l’autoroute, fait chauffer l’asphalte, pied au plancher et ne s’impose pas beaucoup de limites. Pour illustrer sa volonté de faire de ce volet un nouveau canon de l’action hollywoodienne, Lin a rameuté Dwayne « The Rock » Johnson, changé la localisation et salement boosté son propos.
Sans se renier totalement (les personnages, en gros, sont tous fidèles à eux-mêmes), la franchise offre un spectacle permanent, sans avoir recours à la pédale de frein. Et fin du fin, les bastons sont aussi de la partie, avec en particulier le point d’orgue tant attendu, qui voit Vin Diesel et Dwayne Johnson se mettre copieusement sur la tronche. Un grand moment que les amateurs sauront apprécier à sa juste valeur et qui finalement cristallise la totalité du film.
Fast and Furious 5 ne s’adresse plus seulement aux fans de tuning. Il réussit l’exploit de faire revenir ceux que les volets 2, 3 et 4 avaient salement échauffé et qui s’étaient juré de tourner définitivement le dos à Fast and Furious. Impressionnant, haletant, remarquablement filmé, Fast and Furious 5 est le meilleur de la saga. D’habitude, quand une franchise atteint un tel palier, elle n’offre plus qu’une resucée poussive de l’original, mais là non. Avec fougue, les producteurs ont pris des risques et ont misé sur le bon cheval. Les vieux de la vieille (Diesel, Walker…) ont à nouveau l’air dans le coup, certainement pas indifférents au vent de fraîcheur qui souffle dans leur habitacle, et le budget laisse au réalisateur les coudées franches pour orchestrer des cascades ambitieuses, et bien sûr, mais c’est là aussi que c’est bon, complètement invraisemblables.

Fast and Furious 5 ne prend pas son public pour une bande de branques. Au contraire. Il se garde bien de péter plus haut que son cul et parvient à renouveler l’essence d’une franchise promise aux fonds de catalogues. À nouveau en pôle position, la saga rapide et furieuse peut alors se payer le luxe d’empiler les suites et par la même justifier son titre. Tant qu’elle ne change pas de moteur, ou ne coule pas une bielle, tout ira bien, et nous continuerons à applaudir à l’arrivée.

@ Gilles Rolland

Fast-and-Furious-5-photo
Crédits photos : Universal Pictures International France


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