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Headhunters (Hodejegerne - Morten Tyldum, 2011)

Par Doorama
Headhunters (Hodejegerne - Morten Tyldum, 2011) Roger Brown est chasseur de têtes, il est aussi un voleur d'oeuvre d'arts. Lorsqu'il rencontre Clas Greve et apprend qu'il vient d'hériter d'un Rubens, Roger voit clairement sa prochaine cible. Le chasseur de têtes s'en va donc traquer sa cible, mais sait-il qu'elle appartient à un ancien mercenaire ? Qui va traquer qui ?
Ceux d'entre vous qui nous lisent régulièrement connaissent notre affection pour le cinéma asiatique, coréen notamment, ils auront aussi peut-être noté notre intérêt croissant pour le cinéma nord-européen (A Hijacking, Royal Affair, La Chasse, The Pusher trilogy...). Headhunters nous vient de Norvège, il nous emmène dans un jeu de chat et de la souris entre un voleur et un "volé" ancien mercenaire... Plutôt original et très bien écrit, Headhunters construit avec maîtrise son inversion des rôles. Le chasseur devient proie, la proie se fait vicieuse, la fragilité du personnage principal, l'efficacité de son déroulement et l'humour discret qu'il distille font de Headhunters une très agréable surprise ! Rien de totalement neuf, certes, mais son origine glaciale se charge de donner une étonnante personnalité à Headhunters.
Roger Brown est un voleur professionnel dont la maîtrise sans faille de son activité et son intelligence ne suffisent pas à en faire un homme sûr de lui : il doute de son physique, craint de perdre sa femme, s'interroge sur sa capacité à vouloir des enfants... Le héros de Headhunters est plus proche d'un anti-héros que d'un Arsène Lupin, sa capacité à se tromper sur les apparences va lui coûter cher quand il va se jeter dans le griffes d'un ancien mercenaire... Il y aurait presque quelque chose d'hérité du cinéma des frères Cohen dans l'écriture de Headhunters, rien ne se déroule comme prévu, le contrôle échappe toujours (de peu) à Roger, et comme le personnage de No Contry For Old Man, sa maîtrise de la situation n'est que partielle. Morten Tyldum, exploite à merveille les failles de son personnage, non sans un certain humour, il le place dans des situations de plus en plus tendues, voire humiliantes : et qu'il est bon pour le spectateur de voir ainsi traité, de manière très atypique, un personnage principal.
Headhunters commence doucement, il amorce ensuite une accélération qui sera constante et régulière jusqu'à un final un poil tiré par les cheveux, mais qui trouve néanmoins toute sa logique au vu des péripéties en mode crescendo qui le précèdent. On entre sans hésitation dans le jeu proposé par Headhunters, on s'amuse à voir le chasseur chassé par un Nicolaj Coster-Waldau toujours aussi savoureux et c'est avec une cruauté certaine que l'on s'amuse des difficultés de Roger à se sortir du merdier (au sens propre comme figuré...) dans lequel il s'est mis... Là où un Pawn échouait à nous vendre son originalité et ses rebondissements, Headhunters, lui, y parvient à merveille ! La fluidité et la maîtrise assurent sa montée en puissance, il passe du thriller sophistiqué de ses premières images à un thriller tendance "mode survival" très joliment exécuté.
Le cinéma américain ou britannique nous a déjà abreuvé de ce genre d'histoire, mais Headhunters possède presque naturellement ce que ses confrères n'ont pas : Headhunters est norvégien ! Non, le cinéma norvégien n'est en rien meilleur ou inférieur à un autre, mais force est de reconnaître que son origine culturelle nous apporte de la nouveauté et de la fraîcheur dans le traitement d'une histoire que nous connaissons tout ou partie. L'approche du rythme, de l'écriture des personnages, de l'humour (et on pensera tracteur et chien !) et de ses objectifs en terme de plaisir pour le spectateur : Headhunters ne le traite pas comme des Américains le feraient et à la rédaction, on se dit alors "qu'il est bon de changer d'horizons de temps en temps" ! Headhunters nous a paru "différent", c'est certain et c'est parfaitement délectable, mais c'est surtout très bien fait, intelligent, drôle et parfaitement passionnant. On a adoré.
Headhunters (Hodejegerne - Morten Tyldum, 2011)

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