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Election présidentielle iranienne : l’étouffement

Publié le 22 mai 2013 par Laurentarturduplessis

Rafsandjani écarté

L’ayatollah Ali Akbar Hachemi Rafsandjani n’en sera pas. Lui qui portait les espoirs de réforme de la jeunesse et des classes moyennes à l’élection présidentielle du 14 juin, vient d’en être écarté par la volonté du Guide suprême, Ali Khamenei. Celui-ci contrôle le Conseil de discernement des intérêts supérieurs du régime, qui présélectionne les candidats à l’élection présidentielle. Le Conseil a écarté la candidature de cette personnalité majeure de la vie politique iranienne qu’est l’ayatollah Rafsandjani, en invoquant son grand âge (78 ans) et sa position de responsable du Conseil de discernement des intérêts supérieurs du régime, une instance arbitrale entre le gouvernement et le Parlement : deux arguments sans valeur constitutionnelle.
En réalité, il s’agissait d’écarter le seul candidat aux velléités réformatrices capable de remporter l’élection. Parmi les huit candidats retenus par le Conseil de discernement, deux réformateurs : des personnalités de moindre envergure, qui ne pourront guère (même en cas de désistement de l’une des deux au profit de l’autre) mettre en danger les « conservateurs », d’autant que cette élection sera truquée comme le fut celle de 2009.
Khamenei prépare le remplacement d’Ahmadinejad, qui termine son second et dernier mandat, par un homme à lui, tel le négociateur en chef du dossier nucléaire, Saïd Jalili, qui joua un rôle central dans la répression du Mouvement vert en 2009. Cela signifie que le Guide suprême ne veut pas engager le régime sur la voie du réformisme et du renoncement à la course atomique et balistique. Aussi ne faut-il pas s’attendre à ce que les négociations sur le nucléaire iranien conduites par le Groupe 5+1 (les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne) et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sortent de l’impasse. Conséquence : un bombardement israélo-américain de l’Iran, à plus ou moins brève échéance. Ce ne sera pas simple : Bachar el-Assad, l’allié syrien alaouite de l’Iran, tient le coup face à la rébellion. Et la Russie vient d’annoncer la livraison des systèmes antiaériens S-300 à la Syrie, pour rendre dangereux le survol de son espace aérien par les aviations occidentales.

Vers le bombardement de l’Iran

Certains espèrent un réveil du Mouvement vert de 2009 : des foules immenses avaient manifesté plusieurs mois durant pour dénoncer la réélection truquée d’Ahmadinejad. Mais la répression fut si atroce que les chances de voir un soulèvement de cette ampleur se reproduire en juin sont minces. Certes de vives tensions internes dues aux conséquences économiques de l’embargo affaiblissent le régime. Mais Khamenei conserve la haute main sur les forces de sécurité (les Gardiens de la révolution, la milice islamique du Bassidj, les services de renseignement). Le décès de Khamenei pourrait déstabiliser le régime, mais sa santé semble robuste. Contre vents et marées, il maintient le cap : préserver le régime théocratique et poursuivre le programme nucléaire et balistique.



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