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Festival de Cannes : Vous reprendrez bien un peu de parité ?

Par Copeau @Contrepoints

Trop peu de femmes dans la sélection du festival de Cannes, dans les commissions de financement et sur les plateaux télé. Vous reprendrez bien un peu de parité ?

Par Baptiste Créteur.
Festival de Cannes : Vous reprendrez bien un peu de parité ?

Une fois que le mot est lancé et le concept affuté, il n'y a plus de limites. Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, trouve qu'il faudrait une égale répartition entre hommes et femmes à peu près partout, peu importe s'il faut pour cela faire de la discrimination envers les hommes.

C'est aujourd'hui au Festival de Cannes qu'elle s'attaque. Aucune réalisatrice en course l'an dernier, une seule cette année : malgré cette fulgurante progression de la parité, il faut fixer des règles pour renforcer la place des femmes dans le cinéma. Il s'agit aujourd'hui d'un état des lieux, qui permettra de faire toute leur place aux femmes dans le cinéma en revoyant notamment les mécanismes de subventionnement :

Un diagnostic sur les inégalités entre les hommes et les femmes dans le cinéma a été commandé au Centre national du Cinéma, a annoncé dimanche à Cannes la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem. «Cet état des lieux a été commandé pour y voir plus clair d’ici l’automne sur ces inégalités hommes-femmes et sur les mécanismes de subventionnement des films» par rapport à ces inégalités, a précisé Mme Vallaud-Belkacem qui a précisé avoir agi en accord avec sa collègue de la Culture, Aurélie Filippetti.

S'il est bien un endroit où les femmes ont toute leur place, c'est sur Contrepoints : Najat et Aurélie sont régulièrement mentionnées ici pour la grande qualité de leurs interventions trollesques, l'impressionnante constance de leurs penchants liberticides et le rythme élevé de leur production d'idées aussi farfelues que dangereuses. En clair, on va ici proposer des subventions à géométrie variable selon la tête du client – ou plutôt selon son sexe.

Évidemment, l'idée de subventionner un film est, en soi, grotesque, puisque contraire à l'encouragement de la qualité et au choix des individus. Mais afficher avec une telle décontraction un objectif de subventionner plus massivement les films réalisés par des femmes que les films réalisés par des hommes relève du constructivisme à niveau olympique, de la même façon que des aides ciblées destinées aux femmes désireuses de créer une entreprise – les aides à la création d'entreprise étant au moins aussi efficaces que les subventions au cinéma.

Mais attention, il ne faudrait pas se contenter de donner aux femmes réalisatrices de pleines poignées d'argent du contribuable – qui ne manqueront pas de susciter des vocations – mais aussi de pré-sélectionner les films lors des festivals pour que les femmes y soient dignement représentées.

Mme Vallaud-Belkacem a également lancé l’idée d'«une réflexion sur les processus de sélection des festivals avant même que les œuvres ne soient soumises au jury».

Évidemment, évoquer ici la censure ou un art d’État serait une preuve évidente de misogynie. Comment serait-il envisageable en effet que, dans le monde actuel, les réalisateurs les plus talentueux soient plus souvent des hommes ? Qu'une femme plutôt qu'un homme ait réalisé un film ne le rend-il pas meilleur ?

On le voit bien ici, la liberté, la compétition et l'égalité des droits ne sont pas compatibles avec la parité ni avec quelque forme de discrimination positive que ce soit. Espérons qu'aucun réalisateur masculin écarté d'une compétition pour laisser la place qu'elle mérite à une femme n'avait pour rêve de décrocher un jour la palme d'or ; mais après tout, il ne l'aurait pas vraiment méritée :

Selon le porte-parole du gouvernement, «il est extrêmement important de se demander si des réflexes ou des habitudes plus ou moins inconsciemment à l’œuvre ne conduisent pas à creuser les inégalités».

Voilà, ce n'est ni le talent ni la persévérance dans la réalisation d'un film (ou, en France, la course aux subventions) qui expliquent son succès et sa qualité, mais – peut-être – des réflexes plus ou moins inconsciemment à l'œuvre. Ce qui amène le jury à rappeler des évidences qui seraient presque amusantes si elles n'étaient pas sur le point de changer :

Lors de la présentation de la compétition, le sélectionneur du festival de Cannes, Thierry Frémaux, avait assuré que «les œuvres ne sont pas jugées à priori selon qu’elles sont réalisées par des hommes ou par des femmes»

En plus du cinéma, la sympathique ministre souhaite voir hommes et femmes en quantités égales partout :

La ministre des Droits des femmes a par ailleurs annoncé un projet de loi «poussant très loin le principe de parité pour qu’il s’applique dans les établissements publics». Une réflexion sera lancée aussi sur la mise en place de l’anonymat des candidats dans les commissions de financement, particulièrement dans le milieu culturel.

En quantités égales, mais pas en qualités égales ; les critères de sélection jusqu'à présent méritocratiques ne sont plus de mise si on considère, comme Najat Vallaud-Belkacem, que les femmes sont par essence incompétentes et ne pourraient pas réussir d'elles-mêmes. À toutes les femmes talentueuses que compte la France, j'exprime mon plus profond regret ; une ministre, censée me représenter, souhaite faire en sorte que votre compétence soit systématiquement remise en question lorsque vous parviendrez à un poste convoité.

Le conseiller en charge de l’audiovisuel et du cinéma de la ministre de la Culture, Kim Pham, a pour sa part indiqué que la ministre souhaitait faire mieux respecter la parité homme-femme en ce qui concerne les experts qui participent à des émissions de télévision.

Festival de Cannes : Vous reprendrez bien un peu de parité ?Tant qu'à faire, autant que soit aussi remise en cause la compétence des experts féminins présents sur les plateaux télé. La liste des champs d'application de la parité devrait continuer de croître ; avant qu'il ne soit trop tard, j'aimerais proposer une idée à madame Vallaud-Belkacem qui simplifiera les choses.

Il suffirait en effet d'imposer que chacun soit, dans toutes ses interventions professionnelles, en binôme avec une personne du sexe opposé. Les réalisateurs primés seraient alors systématiquement hommes et femmes dans les mêmes proportions ; les experts des plateaux télé ne pourraient que bénéficier de cet apport de compétence et de diversité ; la fonction publique, particulièrement dans le milieu culturel, serait un magnifique exemple de parité. Sans oublier que cela doublerait mathématiquement le nombre de salariés en France, rétablissant presque instantanément le plein-emploi – ce qui n'est pas négligeable dans le contexte actuel. Alors, heureuse ?


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