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Le passé, film de Asghar Farhadi

Publié le 23 mai 2013 par Mpbernet

23 mai 2013

Bérénice et Tahar

Je n’avais pas vu le précédent film (Une séparation) du réalisateur iranien, Asghar Farhadi, mais j’en avais entendu parler en bien.

Ici, c’est de la responsabilité dont il s’agit : celle des adultes par rapport à leurs enfants, ou encore des liens de causalité entre petites actions insignifiantes et évitables drames.

Une femme entre deux mondes, entre deux hommes : elle attend son ex-mari pour la finalisation de la procédure de divorce ; quatre années auparavant, en effet, Ahmad l’a quittée, il est retourné dans son pays, n’ayant pas pu s’habituer en France, dans ce pavillon de banlieue surchargé de jouets d’enfants et de trucs inutiles. Marie, elle, déjà maman de deux filles avant de l’épouser, va refaire sa vie. Elle attend un enfant de Samir, dont l’épouse est plongée dans un coma irréversible, après une tentative ratée de suicide en présence de son petit garçon.

affiche

Les enfants, eux, assistent et souffrent. Il y a Lucie (Pauline Burlet) l’adolescente, qui ne craint qu’une chose : que sa mère ne vive une troisième séparation. Elle ferait tout pour que Marie renonce à cette nouvelle aventure. Il y a surtout Fouad, le petit garçon de Samir, qui se sent abandonné de sa maman et voudrait bien rester chez Marie sans comprendre l'hostilité de Lucie. Le jeune acteur Elyes Agnis est sensationnel ; il joue toujours juste, pique des colères absolument terrifiantes, avec ses petites boucles et sa voix (la même que celle de mon Benjamin) haut perchée, et mérite un prix d’interprétation. Samir, le jeune papa, c’est  Tahar Rahim : un très grand acteur tout en non-dits, envoûtant.

aveclesenfants

Le film décortique tous les sentiments, tous les arguments des uns et des autres, lentement – plus de 2 heures – méthodiquement. Le beau rôle est tenu par Ali Mostaffa, acteur iranien, qui exprime le point de vue du réalisateur.

C’est triste, émouvant, comme un témoignage de la vie des gens simples : Marie (trop belle Bérénice Bejo) travaille dans une pharmacie, Samir est le gérant de la teinturerie d’en face.

C’est la vie de tous les jours, telle que des personnes modestes, tout comme les autres, peuvent s’ingénier à rendre atroce.

Je suis malheureuse pour ces enfants sacrifiés au nom, souvent, d’un manque de tolérance quotidienne. Tout le film suinte le malaise, la malediction, le fatum ... a ne pas venir voir quand on est un petit peu dépressif ...

Le passé « bouffe » la vie des gens, les empêche de vivre. Mais, tout comme la culpabilité, peut-il être oublié ?


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