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Max | Des mots à tout-va, à tout-crin et du rien : ça craint !!!

Publié le 24 mai 2013 par Aragon

AxuRuK1CAAErH0i.jpg largematisse8.jpgLongtemps je me suis couché de bonne heure... Ça, c'est génial comme introduction pour entrer en relation avec moi, avec toi, avec nous. Pour commencer une journée !!!

Proust est celui par qui la relation arrive. J'aime les phrases, j'aime les mots, même les mots sans phrases, sans queue ni tête, les mots écrits sur des tableaux, des bribes de mots, des poussières, ersatz. Tiens, les mots sur les tableaux : Ceux-là je les affectionne tout particulièrement. De Magritte à Matisse en passant par Paul de Tahiti chevalier sans peur et sans reproche. Ceci n'est pas une pipe, Maison du jouir, D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?, Elle vit apparaître le matin, elle se tut discrètement...

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Et le rien dans tout ça ? L'anonymat magique, fascinant et mystérieux. Un homme dont on ne sait rien me hante depuis que je l'ai découvert vers mes douze treize ans autant qu'une autre femme sympantique et mystérieuse en diable m'a hantée : Sapphô de Mytilène. Il n'y a rien sur cet homme que j'aime, il n'y a rien de lui, pas la moindre trace visible, enfin, je veux dire pas la moindre oeuvre. On dit qu'il fut supérieur à Giotto ou Michel-Ange. Le plus grand peintre de tous les temps : Apelle de Cos / Απελλής, qui sut peindre l'écume d'un cheval et fut admiré par le Grand Alexandre autant que Bucéphale...

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Et Réjean Ducharme, qui n'existe pas, le plus grand écrivain du monde... Tout m'avale. Quand j'ai les yeux fermés, c'est par mon ventre que je suis avalée, c'est dans mon ventre que j'étouffe. Quand j'ai les yeux ouverts, c'est par ce que je vois que je suis avalée, c'est dans le ventre de ce que je vois que je suffoque. Je suis avalée par le fleuve trop grand, par le ciel trop haut, par les fleurs trop fragiles, par les papillons trop craintifs, par le visage trop beau de ma mère. Le visage de ma mère est beau pour rien. S'il était laid, il serait laid pour rien. Les visages, beaux ou laids, ne servent à rien. On regarde un visage, un papillon, une fleur, et ça nous travaille, puis ça nous irrite. Si on se laisse faire, ça nous désespère. Il ne devrait pas y avoir de visages, de papillons, de fleurs. Que j'aie les yeux ouverts ou fermés, je suis englobée : il n'y a plus assez d'air tout à coup, mon cœur se serre, la peur me saisit.

"L'Avalée des avalés", Gallimard, Collection Folio, p. 9 (première page)

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Et Banksy, c'est pas rien Banksy, poulpe des murs, divin céphalopode, cracheur d'encre expressionnel et compulsif, jeteur de sorts sur les murs essentiels d'une ville. Je fais de la conduite accompagnée avec ma fille et je vois avec ravissement qu'il a fait des émules à Hagetmau !!! Parenthèse sur la chaise : Hagetmau la sinistrée des chaises, ex capitale européenne de ladite, la désormais bancale, deux mille emplois en 80, nada à présent, tous avalés et recrachés vers des pays à bas coût, Hagetmau taguée comme Londres ou Bethléem... Génial !!!

Des mots partout pour dire, des mots pour démontrer l'existence du vide, son beau et dérisoire rayonnement, des mots brefs, des mots doux, des mots tendres, des mots orduriers, des mots à la peau dure, des mots à la dent douce, des mots tranches de pain, des mots pichets de vin clair rouge blanc ou noir, des mots bleus bien sûr, des mots durs, des mots secs... toujours des mots !!!

Dieu que la vie est belle...



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