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Tom Harrell Quintet au Duc des Lombards

Publié le 24 mai 2013 par Assurbanipal
 

Tom Harrell Quintet

Paris. Le Duc des Lombards.

Jeudi 23 mai 2013. 22h.

Tom Harrel : trompette, bugle

Wayne Escoffery : saxophone ténor

Danny Grissett: piano

Ugonna Okegwo contrebasse

Jonathan Blake: batterie

Ca commence par un hard bop très classique. Un sax ténor volubile, coltranien. Boum, boum, boum fait la contrebasse. Tom Harrell joue moins virtuose, plus doux, plus touchant mais rapide tout de même. Sa maladie se voit. La musique doit être son talisman. C’est le schéma classique thème/solo/thème. Tout est propre en ordre. A la rythmique de tourner. C’est rapide, puissant, précis mais ça manque d’âme, à part le leader. 

Une ballade. Le saxophoniste a quitté la scène. Avec ce son voilé, feutré, murmuré, Tom Harrell rappelle Chet Baker mais il me griffe moins l’âme que Chet ou Eric Le Lann. Solo bluesy du pianiste. Là, c’est mieux, plus senti. Jolies vibrations des cymbales sous les balais comme des feuilles de tôle agitées. Tom Harrell revient ajoutant de l’émotion à la technique. Solo de contrebasse chaud, tranquille. Son vaporeux du piano et de la batterie pour l’accompagner. 

Démarrage plus énergique. Le sax ténor est de retour. Batteur aux baguettes. Ca sonne classiquement hard bop. Joli break de batterie. Plaintes véhémentes du saxophoniste qui a décidément beaucoup écouté John Coltrane. Le tempo ralentit pour lancer Tom Harrell qui joue de manière moins véhémente mais plus émouvante que son saxophoniste. Ca redémarre avec des vagues, des fluctuations bien conduites à la tête de la rythmique. Fausse fin, la rythmique reprend la main. Danny Grissett maîtrise son sujet. En s’échauffant, il devient plus intéressant. C’est un classique contemporain. Final bien groupé, bien balancé.

Dialogue grave, profond entre la contrebasse et la batterie. Funky. Les souffleurs enchaînent, soudés. Le piano vient ajouter son grain de légèreté. Ca balance doucement et sûrement. Le saxophoniste nous sert un solo bluesy, en essayant d’atteindre le dark sound. Il n’est pas loin d’y parvenir. La rythmique prend la main. Danny Grisette livre un travail d’orfèvre. Tom Harrell en profite pour reprendre la main. Très bien soutenu, il développe son propos, tranquille et touchant. Retour au thème en quintette pour le final. Ca roule. Fin surprise, claire et nette.

Le groupe repart sur un tempo plus rapide. Il y a toujours une pause entre les morceaux. Ils n’enchaînent pas comme le faisait Miles Davis. La rythmique s’ébroue joyeusement, en liberté coordonnée. Du fond de la salle, je ne sais pas si Tom Harrell joue de la trompette ou du bugle. Il a un son si voilé, feutré que j’avoue ne pas distinguer. Il met les gaz bien poussé par sa rythmique. Le sax ténor lâche les vannes à son tour. Il commence à me faire mal au crâne. Mauvais signe. Heureusement, il s’arrête. Le contrebassiste prend la main, bien poussé par ses complices. Le batteur fait chauffer la marmite en solo. Ca sent le final pour faire se pâmer le public. Ca marche. Tout ressemble à des standards et je ne reconnais aucun thème. C’est le charme de Tom Harrell.

Derrière son évidente fragilité, Tom Harrell est un musicien très solide. Un exemple avec cet extrait d'un concert de son Quintet l le 3 décembre 2012. Rien à ajouter.


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