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Guérison d'un mal nécessaire

Publié le 25 mai 2013 par Orlandoderudder
25 mai 2013

D'abord il fend le cœur d'une lame d'acier : douleur abominable dont on croirait mourir. Ensuite, avec une pince, il extirpe puissamment. A grands efforts car le mal et profondément ancré. Certaines racines, même, sont tordues, barbelées, déchirantes odieuses, à vous ensanglanter. Et l'on entend les filles et les fils hurler. Ils beuglent des cris atroces, mais ça va mieux après.

Car il est nécessaire - que dis-je : il est vital- que cette extraction vienne nous délivrer . Autrement c'est la poisse et cette présence-là, qui gerce nos bonheurs et flétrit nos amours, finit par nous tuer comme elle nous a fait vivre. En attendant la mort, dans nos cœurs purulents, des épaisseurs jaunâtres stagnent en pourrissant.

La souffrance c'est vrai, se montre épouvantable. Mais il faut en passer par là ! Sinon, on vit quand même, mais beaucoup moins bien. A cause de la présence qui réside en soi. Elle nous bouffe les jours, mais il y a pire encore : elle nous incite à peser sur les autres, à leur faire la vie impossible. A décharger sur eux nos poubelles affectives. A les coloniser par nos affects infects. A les pourrir, enfin, par nos moisissures sentimentales putrides et délétères : rien que du moche ! A leur coller le malheur plein la gueule.

Alors il faut morfler . Attention, il faut choisir un bon professionnel. Seul le praticien exact et dûment diplômé opère précisément. Il sait ce qu'il faut faire et malgré le tourment, on doit penser à la délivrance, radieuse, somptueuse, sereine qui suivra cet enfer. Oui, ça se passe comme ça chez l'arracheur de mère !


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