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Histoire des révoltes fiscales dans la science-fiction et la fantasy

Publié le 26 mai 2013 par Copeau @Contrepoints

De Robert Heinlein au Docteur Who, des peuples de tous les coins du système solaire (et plus largement, de l’univers) ont dit NON au percepteur. Voici une liste des plus féroces et des plus implacables révoltes fiscales.

Par Charlie Jane Anders et Gordon Jackson.

Histoire des révoltes fiscales dans la science-fiction et la fantasy
Le moment de payer ses impôts est arrivé ! Quels que soient nos sentiments vis-à-vis de l’action de l’État, on ne peut s’empêcher de ressentir un pincement au cœur lorsque l’on envoie sa déclaration d'impôts minutieusement remplie au fisc.

Et si jamais on n’avait plus à payer de taxe ? Et si on se soulevait et refusait de ne plus être assujetti à l’impôt ? La science fiction et la fantasy sont pleines de révoltes anti-taxes. De Robert Heinlein au Docteur Who, des peuples de tous les coins du système solaire (et plus largement, de l’univers) ont dit NON au percepteur. Voici une liste des plus féroces et des plus implacables révoltes fiscales.

Résister aux collecteurs d’impôts n’est pas chose facile : demandez au Joker. Dans l’épisode « Joker s'achète une conduite » (Les Nouvelles Aventures de Batman), celui-ci hérite de l’immense fortune d’un gangster et n’apprend que plus tard qu’il récolte surtout une tonne de droits de succession. Lorsque l’un de ses sous-fifres lui propose de ne pas les payer, le Joker lui répond : « Je suis peut-être assez fou pour m’opposer à Batman, mais m’opposer au fisc ? Non merci ! ».

Voici donc quelques colons spatiaux, super-méchants et aventuriers qui furent suffisamment téméraires pour aller là où le Joker craint de poser le pied.

Robin Fusée

Cette série animée canadienne de 1966, assez populaire en son temps, place les célèbres personnages de Robin des Bois dans l’espace, durant « l’étonnante année 3000 ». Sur l’astéroïde de Sherwood, Robin Fusée, descendant du Robin des Bois original, ainsi que les versions spatiales de Frère Tuck, Petit Jean et Will Scarlett, poursuivent leur combat contre le despotisme et les impôts écrasants. Ils lutteront contre de nombreux ennemis comme le Prince Jean, le Sheriff du NOTT (National Outer-space Terrestrial Territories), le Docteur Médulla ou le Généralissime Saturnien.

Traquemort t2 : La Rébellion

Ce roman (Deathstalker Rebellion en VO) de Simon Green n’a aucun rapport avec la série de films incroyablement ringards produits par Roger Corman. Non ! Il s’agit plutôt de l’histoire d’un historien du nom d’Owen Traquemort qui, devenu hors-la-loi, finance sa propre rébellion contre un empire diabolique en piratant le Centre des Taxes, Impôts et Prélèvements. Owen transfère les milliards de recette d’impôts des comptes du gouvernement à celui des rebelles. Malheureusement, il désactive par inadvertance le système de défense de la planète. Il se verra alors contraint de faire face à la fois à l’Empire et à une invasion extra-terrestres.

Star Trek : Need of Many

Il s’agit de la novélisation de The Path to 2409, une série de chroniques parues sur internet et faisant le lien entre le film Star Trek Nemesis et l’univers du jeu vidéo Star Trek Online. Il y est mentionné une révolte anti-taxe ferengi en 2386 : « Sur Ferenginar, la révolte fait rage depuis deux jours, après que les romuliens mirent en place un système éducatif gratuit utilisant les recettes des impôts. Les protestations prirent fin quand Rom annonça la création d’un permis de protestation payant dont les revenus serviront à financer le nouveau système éducatif. ». Ah, ces romuliens !

La Grève

Le classique d’Ayn Rand met en scène un groupe de héros libertariens luttant contre les « parasites » et les « pillards » qui instituent des impôts élevés dans une Amérique dystopienne. Les taux d’imposition atteignent des hauteurs stratosphériques. À un moment de l’intrigue, l’État de Californie instaure une taxe d’urgence de 50% sur les bénéfices bruts des entreprises, en plus des autres impôts. Tous les intellectuels et les génies créatifs dont le travail est taxé à mort se mettent en grève contre cette injustice.

Alongside Night

Dans ce roman de 1979 de J.Neil Schulman, les États-Unis sont au bord d’un effondrement économique et les devises étrangères sont devenues illégales. L’« Agorist Underground » forme une économie souterraine (littéralement) de type anarcho-capitaliste sous Manhattan. Le rebelle Cadre espère « affamer le gouvernement à mort ». L’auteur travaille en ce moment sur l’adaptation cinéma de son roman (prévu pour cette année), avec Kevin Sorbo dans le rôle principal. Ce qui veut dire qu’on entendra Sorbo déclarer des phrases comme « Le gouvernement est comme un rhinocéros blessé qui charge tout ce qui se trouve sur son chemin ».

Caesar's Column

Écrit en 1890 par Ignatius Donnelly, le New York de 1988 est une merveille futuriste avec des trottoirs transparents, des journaux sur écrans et autres délicatesses comme des araignées comestibles. Le seul problème réside dans une oligarchie fortunée qui opprime le peuple, percevant des taxes écrasantes via un gouvernement fantoche. Il est donc temps qu’un soulèvement populaire renverse les oligarques et restaure la démocratie. Cependant, ce roman est bien plus une attaque de la ploutocratie. L’un des personnages dit : « Pour faire court, la plus inutile, destructrice et maudite moisson qu’un pays peut faire pousser est les millionnaires. Si une communauté était envoyée en Inde, importait plein de tigres mangeurs d’hommes et les relâchait dans la rue pour qu’ils chassent femmes et enfants, ils n’infligeraient pas un dixième de la misère causée par un nombre équivalent de millionnaires ».

She-Ra: La Princesse du Pouvoir

De nombreux épisodes impliquent l’infâme Hordak imposant de lourdes taxes sur le peuple d’Eternia prélevés par le diabolique robot percepteur Dylamug. Dans l’épisode « Un allié inattendu », une famille indigente vivant dans une ville de la Horde se trouve incapable de payer ses impôts et est jeté en prison par le général Sunder. Ce dernier, prenant fait et cause pour cette famille, rejoindra la rébellion de She-Ra. Dans un autre épisode, « Assaut sur la ruche », la vile Catra terrorise un pauvre village du peuple abeille sur Ethéria et collecte les lourdes taxes. She-Ra mettra un terme à ses exactions et rendra aux villageois l’argent de leurs impôts.

Seigneur de Lumière

Dans ce roman de 1967 de Roger Zelazny, Mahasamatman (alias Sam) est supposé être un dieu hindou menant une rébellion contre ses confrères « dieux » sur une planète étrangère. En chemin, il tuera quelques collecteurs d’impôts divins.

Docteur Who

Quand le Maître remplace le Roi John par un diabolique robot protéiforme, la première chose que le roi-robot veut faire est de lever plus d’impôts sur les pauvres aristocrates comme Sir Ranulf Fitzwilliam. Maudit roi-robot !

Mais ce n’est pas l’exemple le plus connu de l’irritation du peuple sous le joug de l’impôt dans Dr. Who. Dans un épisode de 1977 : « The Sun Makers » (qui est un laïus du scénariste Robert Holmes contre le fisc britannique) la funeste milice est appelée le Inner Retinue par rapport au fisc britannique : l’Inland Revenue. De plus il est plein de blagues et références sur le système fiscal. Les gens vivants sur Pluton sont (littéralement) taxés à mort par les Collecteurs et les Récolteurs. À un moment de l’épisode, Leela fait observer que « tout le monde fuit le percepteur ». Venant d’une planète où il n’y a pas d’impôts (ni d’argent, d’ailleurs), elle est donc très remontée contre cette situation.

Firefly

La série de Joss Whedon prend place après l’échec de « la Guerre d’Unification » qui a vu les peuples des planètes extérieures essayer de résister à la prise de pouvoir de l’Alliance, une organisation supra-gouvernementale. À la suite de la bataille de Serenity Valley, les anciens gouvernements locaux furent remplacés par des administrateurs de l’Alliance. Ceux-ci taxèrent lourdement les planètes périphériques pour renvoyer l’argent vers les principaux mondes de l’Alliance où seuls les vrais citoyens (ceux qui n’ont pas combattus du coté des indépendantistes) ont le droit de vote. Pour les anciens « manteaux bruns » comme le capitaine Malcolm Raynolds, cette « imposition sans représentation » justifie pleinement la contrebande à laquelle ils se livrent.

Star Wars Épisode I : La Menace Fantôme

Ça vous aura peut-être échappé mais tout le film parle d’une révolte anti-taxe, bien qu’elle soit si indiscutablement alambiquée que le Brooking Institution est probablement encore en train d’essayer de la comprendre.

Il suffit de lire l’introduction du film : « Le trouble a englouti la République galactique. La taxation des routes commerciales interstellaires est au cœur du conflit. Espérant résoudre ce conflit avec un blocus à l'aide de vaisseaux de guerre, la fédération du commerce a stoppé tout trafic avec la petite planète Naboo. Tandis que le congrès de la République débat indéfiniment de cette série d'événements alarmants, le chancelier suprême a secrètement délégué deux chevaliers Jedi, gardiens de la Paix et de la Justice dans la galaxie, afin de régler le conflit... »

Révolte sur la Lune

Et enfin, le classique de Robert Heinlein traite d’une ancienne colonie pénitentiaire lunaire dont les prisonniers, depuis longtemps affranchis, sont les esclaves économiques de la Terre, jusqu’à ce qu’ils se révoltent.

Voici un extrait : « Vous avez mis le doigt sur le dilemme qui se pose à tous les États – raison pour laquelle je suis anarchiste, d’ailleurs. Le pouvoir de lever des impôts, une fois qu’on l’a accordé, n’a pas de limite ; il va croissant jusqu’au moment où l’impôt tue l’impôt. Je ne plaisantais pas le moins du monde quand je leur ai dit de fouiller leurs propres poches. Peut-être n’est-il pas concevable de se passer des États… je pense même parfois qu’ils constituent des maladies inévitables de la condition humaine. Mais il doit être possible de les garder petits, squelettiques, inoffensifs… ne croyez-vous donc pas que le meilleur moyen, pour cela, serait d’exiger que les gouvernants payent de leur propre poche leurs lubies antisociales ? »

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Article original - Traduction : Cyril C./Contrepoints.


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