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Charles Swan III, un personnage haut en couleurs

Publié le 24 juillet 2013 par Unionstreet

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Parmi les réalisateurs que nous attendions depuis un moment Roman Coppola faisait largement partie du peloton de tête. Membre du gang Copola, fils de Francis, frère de Sofia et même cousin de Nicolas Cage sur l’arbre généalogique… Roman touche à tout, parfois assistant-réal sur les films de son père ou de sa sœur, on le retrouve aussi en réalisateur seconde équipe sur des films de Wes Anderson dont il co-écrit les deux derniers longs métrages. Proche de Spike Jonze, on lui doit pas mal de clip notamment pour les Daft Punk, The Strokes, Air, Phoenix ou encore Sébastien Tellier. Il est le réalisateur de la dernière pub Prada mais coté cinéma on ne l’avait plus vu œuvrer depuis son premier essai il y a 15 ans: « CQ », avec entre autres Gérard Depardieu et Elodie Bouchez.

« Dans la tête de Charles Swan III » est donc une curiosité que l’on guettait avec une idée très vague de l’univers dans lequel on allait mettre les pieds. Dés les premières images de la bande-annonce on retrouvait tout de même un esprit de famille Anderson/Coppola puisque Bill Murray (notre père à tous) et Jason Schwartzman, les deux acteurs fétiches d’ Anderson figuraient au casting. Mis à part ce dernier point, l’esprit résolument farfelu du film nous donnait lui aussi un indice quant aux similitudes avec l’univers de son acolyte.

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Dés le début on est emballés par un ton pop à la joie communicative. Charles Swan est en pleine rupture et tente de se débarrasser des habits de son ex en envoyant le sac poubelle dans les collines… Scène désopilante qui monte crescendo; le comique de situation est maîtrisé et nous met instantanément de bonne humeur.

S’installe ensuite un film plus bavard, où le basé Charlie Sheen que l’on voyait plus souvent au journal qu’au cinéma semble ne faire aucun effort tant le personnage lui va comme un gant. Homme à femmes (à une époque Sheen était un homme comblé puisqu’il vivait avec deux femmes qu’il appelait ses « déesses ») Charles Swan peine à se remettre de sa rupture avec la femme de sa vie et en parle énormément. Il en devient légèrement rébarbatif, remettant le spectateur à sa place, contraint d’assister à ces quelques passages nombrilistes qui ternissent l’implication. Cette part d’ombre s’oublie car Sheen sait aussi se montrer attachant et désirable.

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Bill Murray brille en autre amant abandonné, sublimant chaque instant de sa compagnie inimitable. Il suffit parfois de sa présence pour sauver une scène. Rien à ajouter tant le brio de ce Dieu du cinéma ne peut pas être détaillé en quelques lignes au milieu d’une critique…
Parmi les guests prestigieux, Patricia Arquette, soeur de Roman C., apparaît métamorphosée, laide, mais son talent quant à lui ne subit aucun changement. Schwartzman qui est ici chez lui, nous amuse aussi comme souvent et son personnage de musicien plait.

La particularité de ce film bouillonnant sont les scènes farfelues qui le parsèment. Les (més)aventures de Charles S. sont souvent fabulées et mises en scène comme un clip, parfois en Western barjot ou façon comédie musicale. Installant au début une sensation de routine ces petites interludes réservent globalement de bons passages, souvent en forme d’hommages fourre-tout.
La scène qui nous marquera et se démarque du film par sa franchise et sa retenue est celle du jardin où Charles Swan apparaît particulièrement vulnérable, parlant de l’amour avec tellement de simplicité et de justesse que tout devient cohérent et limpide. C’est hélas ce qui manque parfois au film et son surplus introspectif.
Détail: on s’amuse en voyant les grossiers reflets de caméra sur certains plans, et on y repense face au dernier plan du film qui est pour le coup un reflet volontaire.

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S’il est sorti il y a un moment outre Atlantique, les distributeurs français ont eu la bonne idée (ou alors pas le choix…) de le diffuser en été où cette friandise pleine de goûts sera sûrement reçue comme un projet plus rafraîchissant auquel on pardonnera plus aisément ses petits écarts de conduite.
Le film à été détruit chez nos amis américains, souvent considéré comme un projet vaniteux et allant jusqu’à être traité d’ « inexcusable perte de temps ».

Charles Swan ne mérite pas tant de méchanceté. Non, Charles est un sympathique personnage avec qui on est content de passer du temps. S’il est parfois un peu bavard et farfelu, on apprécie quand même son originalité et le moment qu’on a passé avec lui. Charles nous change des autres. Même si ce n’est pas toujours assez, c’est rare et louable.

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