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Contre la guerre en Syrie, ce que nos parlementaires avaient à dire.

Publié le 05 septembre 2013 par Juan
Ils ont donc parlé. Il n'y eut pas de vote. C'est dommage, mais cela occupe tant d'énergie depuis lundi qu'on avait oublié ce que chacun pensait du fond.
On était donc impatient.
UMP, l'explication incompréhensible
L'UMP est déchirée. Il y a des opposants pour des raisons multiples; des supporteurs (et pas le moindre, Copé lui-même), et des neutres. A la tribune, Christian Jacob, président du groupe, sombre dans une argumentation à peine compréhensible: "C'est le coeur lourd au regard de la cause qui pourrait justifier une riposte que nous exprimons trois refus : refus d'une action strictement militaire sans buts réels de guerre au-delà d'un coup de semonce ou d'une punition ; refus surtout d'une intervention isolée sans légitimité internationale ; refus enfin d'un renoncement, voire à certains égards d'un reniement de notre politique étrangère." Il avance trois raisons, mais une seule compte, la légitimité. Car que dire de cet appel à "refuser le renoncement" tout en refusant toute opération ? 
Au Sénat, Jean-Pierre Raffarin défend la même thèse pour le groupe UMP. Interrogé jeudi matin sur France Inter par un Patrick Cohen interloqué, il refuse de répondre à la question: "doutez-vous de la responsabilité de Bachar el-Assad ?"
UDI, la trouille sur le pupitre
C'était Jean-Louis Borloo. Le patron de l'UDI enquille toutes les précautions pour dire qu'il aimerait bien être pour l'intervention mais qu'il ne peut pas, qu'il n'ose pas. Il attend des preuves "irréfutables" avant d'accorder un soutien; une "coalition internationale" la plus large; "une réponse globale et internationale" ; et, sans doute, une amélioration durable de la météo sur la zone. Il a aussi déclaré sa peur pour les Français présents là-bas: "Les Français sont présents au Liban, dont 1 000 de nos soldats. Et en cas de déflagration, nous aurions, de fait, des troupes au sol engagées dans cette région. Et puis nous avons des civils au Liban et en Syrie, notamment à Damas."
Contre l'ONU mais pour le vote
François de Rugy, co-président du groupe EELV, est pour un vote le moment venu. Il disqualifie l'ONU, une "institution à bout de souffle". Son parti est divisé. Mais ne rien faire "conduirait à la radicalisation des parties prenantes de la guerre civile et serait le pire des signaux envoyés aux dictateurs et aux factions qui violent les principes élémentaires du droit international"
Le PS godillot
Bruno Le Roux, ce président de groupe qui jugeait inopportun qu'un quotidien d'opposition laisse Bachar el-Assad s'exprimer dans ses colonnes (curieux réflexe), expliqua qu'il était vain de s'abriter derrière le prétexte du vote pour se divertir du fond. Pour le reste, le fond était au moins connu: "
mais nous devons aussi avoir l'esprit clair sur le fait que notre renoncement renforcerait les extrémismes. L'attente les a déjà renforcés. L'intérêt de Bachar el-Assad est de se trouver face à face avec les djihadistes."

Le Front de gauche, hostile évidemment.

A l'inverse des écologistes, le Front de Gauche s'abrite derrière l'ONU. "La France ne doit pas s'inscrire dans une position illégale. On reste très attaché au rôle de l'ONU" a clamé le communiste André Chassaigne. Il ajoute qu'il préfère, comme tout le monde, une solution politique. Et de s'inquiéter d'une escalade: "L'option militaire n'offre nulle perspective de paix pour le peuple syrien".
La critique la plus générale semblait l'absence de légalité internationale - blocage de la Russie et de la Chine oblige; les risques d'une opération, et, last but not least, l'urgent besoin de "preuves". Aucun des ténors critiques ne commenta les documents apportés par le gouvernement français.


Jeudi matin, le Spiegel affirmait que les services secrets allemands avaient intercepté une conversatio interceptée entre un dirigeant haut placé du mouvement chiite libanais Hezbollah, proche du régime syrien", et un diplomate iranien., quelques heures après le massacre du 21 août. Aux dires des Syriens, le drame avait été causé par un surdosage en gaz d'un bombardement dans les faubourgs de Damas par l'armée régulière. 


[NDR: Votre serviteur a exprimé ici qu'il fallait cesser de débattre sans fin d'un vote car on occultait le fond du sujet. Il faut désormais attendre. Encore. Et après, enfin voter. ]

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