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Actionnaires Areva, l'atome n'a plus d'intérêt

Publié le 10 octobre 2013 par Alainlasverne @AlainLasverne

 

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hers actionnaires, votre société préférée, Areva, envoie au tribunal Stéphane Lhomme, un citoyen engagé qui a dénoncé à chaque fois les manigances et turpitudes du promoteur et fournisseur de cette énergie formidable dont les effets mettent encore en quarantaine des millions d'hectares en Ukraine et au Japon.

Sans compter les centaines de milliers de personnes dont la vie est brisée par les conséquences des catastrophes nucléaires de Tchernobyl puis Fukushima.

Sans parler, non plus, de l'avenir monstrueux qui attend la descendance de ces sacrifiés, voire nous tous.

D'ailleurs la population tirait déjà les conséquences, en 2011, de cette mortifère techno-science.

Un sondage Ipsos soulignait que 69 % des personnes interrogées sur l'ensemble de la planète ne voulaient plus de nouvelle construction de centrale nucléaire. Le nucléaire était aussi la moins demandée de toutes les énergies réelles et potentielles – soleil, vent, thermique, charbon...

Gageons qu'après les derniers épisodes de l'interminable feuilleton du complexe de Fukushima daïchi - « piscines » branlantes », dégagement de millions de litres d'eau irradiée dans l’océan, centrales toujours quasi impossibles à réparer, cœurs nucléaires toujours en balade dans le sous-sol – la population franchement hostile aux centrales a largement augmenté.

J'ai bien peur que votre niveau boursier et par là-même vos dividendes ne chutent, quelle que soit l'issue du mauvais procès que la société Areva intente à Stéphane Lhomme, amis fortunés.

Ce lanceur d'alerte courageux, ce citoyen représente le "mood" de l'époque - fortement et justement anti-nucléaire. Même si vous gagnez, vous perdrez la bataille de l'influence, de la légitimité et, à partir,d'un certain désaveu, même les politiques sont à l'écoute. Tous jugeront selon ce qu'ils voient – une société opaque et vouée au profit, un potentiel Tepco occidental, une société toute-puissante qui veut briser les David osant la défier. Lhomme sera un héros ou un martyr, ce qui revient finalement au même.

Comme des dizaines de milliers d'autres anonymes, je relaie aujourd'hui sur mon blog, l'appel, le combat de Stéphane, et dénonce l'attitude irresponsable et autoritaire d'Areva. Je suis un auteur qui n'oublie pas d'être citoyen et je n'ai pas de rendez-vous médiatique ni de contrat avec gros éditeur qui pourrait m'inciter à me planquer derrière mes bénéfices et mes invitations dans les émissions qui ronronnent.

Si vous tenez à votre argent, chers actionnaires, si vous tenez à ce que vos petites économies

enflent encore, alors pressez les dirigeants de la firme Areva. Prêchez-leur la

voix de la raison.

Conjurez les mercenaires du droit qui soutiennent cette société d'abandonner tant qu'il est temps. L'avenir immédiat est mauvais pour « les violons *», et si l'on dit qu'il faut acheter « au son du canon », il faudrait que celui-ci ne soit que momentané.

Malheureusement, dans le monde entier l'humanité est terrifiée, à juste titre et de plus en plus, par le nucléaire. Et nous avons tout ce qu'il faut en France pour que se déclenche une catastrophe majeure. Notre pays n'a pas la puissance ni l'étendue pour absorber un tel désastre. Nous ne pouvons abandonner des millions d'hectares, comme l'a fait le peuple russe. On le voit au Japon – pourtant plus puissant que nous -, qui n'en finit pas de payer économiquement, politiquement et surtout humainement les conséquence de la catastrophe qui a mis une région entière hors du monde des vivants.

Vous croyez, enfin, que le cours de votre précieux dividende va jouer à la hausse quand on dévoilera bientôt en masse les produits de la mer contaminés ou que débarqueront les réfugiés nucléaires ? Croyez-vous qu'on les stigmatisera, les expulsera comme de vulgaires Roms ?

Votre arme fatale, la campagne de communication n'y changera rien, au contraire. L'outrance et la

dissimulation publicitaires joueront contre vous, cette fois, tant les faits et les craintes légitimes seront patentes et contraires aux professionnels de la persuasion.

Si vous aviez un brin de lucidité et quelques aigreurs soudaines, quelques doutes, au pire quelques scrupules, allez : les indulgences c'est par ici.

* Il faut acheter au son du canon et vendre au son du violon. Proverbe boursicoteur


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