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La révolution chinoise sur la Lune

Publié le 25 octobre 2013 par Cieletespace

À mi-chemin entre le Premier Quartier et la Pleine Lune, au dixième jour de la lunaison, il est facile de repérer et d’admirer la mer des Pluies. Ce grand bassin d’impact dans l’hémisphère Nord, inondé autrefois par d’immenses coulées de lave, est un régal pour l’observation subtile des jeux d’ombre et de lumière solaire. Au nord-ouest du bassin s’ouvre Sinus Iridium, le golfe des Iris. Quand le Soleil se lève et que cette formation se fond dans l’obscurité, les montagnes alentour s’illuminent et leurs sommets dessinent une rivière de diamants. Une pure merveille… Au bord occidental de ce demi-cratère, les cartes désignent une structure baptisée “promontoire d’Héraclide” qui, certains soirs et si la libration le permet, se montre sous la forme d’un visage de femme, vue de profil et avec de longs cheveux ondoyants, qui contemple la grisaille de la morne mer des Pluies.

C’est là, en principe avant la fin de l’année, qu’un rover va sonner les premières notes du débarquement des ambitieux projets de la République populaire de Chine sur la Lune. Il devrait parcourir quelques kilomètres dans le régolite et transmettre les images du site. Plus loin, à 50 km au sud-ouest, gît la carcasse du premier Lunokhod soviétique. Un robot télécommandé depuis la Terre, qui a parcouru en 1970 plus de 10 km à la surface de notre satellite naturel, et fourni des milliers d’images et de panoramas. Depuis Luna 24 et son retour d’échantillons six ans plus tard, aucun engin ne s’est plus jamais posé au sol…

Quelques décennies de silence et une révolution de l’information numérique plus tard, l’initiative chinoise peut paraître d’arrière-garde. C’est tout le contraire qui doit d’arriver. En trente-sept ans, la qualité des images est sans commune mesure avec l’iconographie pixélisée en noir et blanc de la guerre froide. En quelques secondes et quelques clics, des paysages couleur en haute définition peuvent s’imposer sur tous les réseaux de la planète. L’Empire du Milieu le sait et compte bien frapper les esprits en diffusant sur nos écrans interconnectés des vues “modernes” de ces paysages extraterrestres.

La Lune avec les yeux du XXIe siècle : voilà une révolution ! Sans réelle concurrence (la Russie est velléitaire et les États-Unis sont en panne de vision), la balade sélène de la Chine dans le golfe des Iris s’inscrira alors dans un récit légendaire. Une femme mystérieuse à la longue chevelure, la Lune réfléchissante comme un miroir, et cette question lancinante : “Y a-t-il quelqu’un de plus puissant que moi” ?

Alain Cirou

Directeur de la rédaction

La Lune voit rouge, numéro de novembre

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