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Permis de conduire

Publié le 26 octobre 2013 par Micheltabanou

Des femmes saoudiennes bravent aujourd’hui à Ryad l’interdiction qui leur est faite de conduire…Cf un post très récent sur ce même blog pour appeler à les soutenir. Déjà en 2005 sur le réseau Facebook, des Saoudiennes avaient lancé la campagne Women2Drive pour réclamer le droit de conduire, appelant même leurs concitoyennes à passer à l’acte. Certaines d’entre elles, prises sur le fait, ont écopé de quelques jours de prison. Le 26 septembre, au lendemain de l’annonce historique du monarque, l’une d’elles a été condamnée à recevoir dix coups de fouet. Une condamnation opportunément annulée par le roi Abdallah. Ce dernier s’était d’ailleurs déclaré favorable à la levée de l’interdiction faite aux femmes de conduire… En 1990, à Riyad, une initiative, appelée aujourd'hui " la conduite des voitures ", a rassemblé 47 femmes qui voulaient mettre fin au fait que les femmes ne conduisent pas dans les villes. Elles ont été arrêtées. En réaction à cette courageuse intitiative le mufti d'Arabie Saoudite avait alors émis une fatwa pour interdire aux femmes de prendre le volant. Conduire pouvant avoir selon lui des « conséquences blâmables » pour les femmes ! Stupidité rare de la part de celui qui dernièrement a déclaré vouloir détruire les églises construites dans la péninsule arabique et le monde musulman ! Aucun fondement religieux ne pouvant donner corps à cette fatwa il a été évoqué qu'étant donné l'insécurité à Riyad, il fallait mieux pour les femmes qu’elles ne conduisent pas. Toujours restreindre la liberté de mouvement des femmes au nom d’une pseudo protection ! Cette société est-elle si dangereuse ? Les femmes y-ont-elles tant à craindre ? La perversité masculine y est-elle le lot commun ? La situation des femmes en Arabie Saoudite, pays où le rigorisme wahhabite régente depuis le XVIIIe siècle tous les aspects de la vie religieuse, politique et sociale, est assujettie aux lois très strictes basées sur la charia et le wahhabisme. Ce pays est l’une des sociétés les plus mysogines du monde. Considérées comme des éternelles mineures, traitées en citoyens de seconde catégorie, les Saoudiennes doivent demander une permission à leurs tuteurs masculins pour se déplacer, étudier, travailler, voyager, se marier, se faire soigner, si bien que l’amélioration de leur condition est devenue l’un des grands enjeux des réformes sociales entreprises à partir du début des années 2000 et renforcées par le roi Abdallah après son accession au pouvoir en 2005. En 2001, l’Arabie saoudite avait en effet ratifié la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes. En 2008, une loi ouvre le monde du travail aux Saoudiennes. L’année suivante, une femme, Noura al-Fayez, est nommée vice-ministre de l’Éducation, tandis que le monarque inaugure l’Université des sciences et technologies du roi Abdallah, seule institution éducative mixte du royaume, provoquant l’ire des conservateurs. Pour les observateurs, ces maigres concessions sociales étaient surtout un gage donné à la communauté internationale et une diversion pour faire oublier ceux qui, à l’intérieur, réclament de véritables réformes politiques. Avec les distributions de primes et de rentes prélevées sur les revenus pétroliers, elles sont un autre moyen de calmer la contestation qui avait commencé à poindre au début de l’année dans l’est du royaume à la faveur du Printemps Arabe. Mais aujourd’hui le 26 octobre sur l’essentiel nous sommes en plein Hiver Arabe. Je vous invite à lire ou à consulter l’ouvrage  "Femmes et espaces publics en Arabie saoudite" d’Amélie Le Renard, sociologue chargée de recherche au CNRS aux EditionsDalloz

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