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Famous Last Words

Publié le 29 octobre 2013 par Lommedesweppes
Ces fameux derniers mots. Qui a pu les oublier, qu'il fût ou non devant son poste de télévision ce soir-là : "Moi, président...".
Il y a peu, dans le Nouvel Observateur, "Moi, président" donnait une interview, publiée le 10 octobre. Il y affirmait notamment : "C'est en étant européen, que l'on donnera confiance dans l'Europe, c'est-à-dire en donnant une perspective, un sens, et donc, un contenu. L'heure est... aux choix politiques." Par exemple "en accélérant encore la transition énergétique et en hâtant la mutation vers une économie sobre en carbone". Et donc en faisant le choix de mettre en application l'écotaxe, destinée à inciter à développer des alternatives au tout routier, notamment en matière de transport de fret. Jusque là, du moins dans ce domaine, tout allait bien. C'était décidé, le gouvernement n'allait pas céder à la pression des lobbies et mettrait sa décision en application. Sauf que ce matin, le Premier ministre devait recevoir ces mêmes groupes de pression pour discuter avec eux, et sauf que cet après-midi, le principe de l'écotaxe était reporté aux calendes grecques. En clair, un contenu vidé de son contenu. On allait "avoir le courage de discuter avec les gens" !
Que n'y avaient-ils point pensé avant ? J'ai passé quelques années au PS, après 20 ans d'hésitations. Et j'en suis parti, sans hésitation, en février 2009. Avec l'élection de Martine Aubry à la tête du parti, on allait voir ce qu'on allait voir, on allait "travailler". Sauf que je n'ai jamais rien vu arriver. Le parti socialiste a vécu une période de dix ans d'opposition, pendant laquelle il aurait pu aller à la rencontre des Français, discuter avec eux, lui proposer ses idées, les affiner, dégager un consensus. Le résultat pratique eût été qu'une fois revenu au pouvoir, élu sur un programme politique qui aurait presque fait l'unanimité autour de lui, il aurait pu aller vite dans la mise en place de ses réformes. Au lieu de cela, il s'est lamentablement pris les pieds dans le tapis. Chaque petit pas en avant était suivi d'une grande reculade. Quant à la boussole sensée donner du sens à l'action, n'en parlons même pas, elle était complètement déboussolée. Il faut dire que lorsque j'ai osé tenir ces propos, par mail, à tous mes camarades socialistes, j'étais devenu le petit mouton noir qui se permettait de les importuner avec ses propositions et ses idées. Le message était clair : au parti socialiste français, la base n'a surtout pas le droit d'avoir des idées, de faire des propositions. Les caciques qui le dirigent avaient trop peur, ainsi, de se faire voler leurs sinécures.
On allait "travailler". Mais en fait, les socialistes français n'ont rien fait du tout. C'est juste un petit groupe autour de martine Aubry qui a décidé de tout et les petits moutons du parti ont suivi. Parce que sinon, la seule hypothèse alternative envisageable, c'est de se dire qu'au parti socialiste, on ignore tout du mot travailler, on ne sait plus du tout le sens qu'il a. D'ailleurs, on voit le résultat aujourd'hui. Nos gouvernants pataugent msérablement dans la gadoue et ils enfoncent la France avec eux.  Ce n'est pas la première recvulade, ni la première hésitation, et ne vous faites pas d'illusions, d'ici 2017, il y en aura beaucoup d'autres.
Il n'y a pas le feu au château, mais presque. Et à part cela, "tout va très bien, madame la marquise..." Attention, car il n'y aura pas toujours des otages libérés à chaque couac gouvernemental. Et 26 % d'opinions favorables, c'est un fil très mince. 73 % de mécontents, c'est un gros cable.
A bon entendeur, salut.
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