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Rage au cœur, le XV de France n’a pu empêcher les All Blacks de faire le grand 8 !

Publié le 12 novembre 2013 par Tom_lexvnz @LEXVNZ

France_NouvelleZélande_Novembre2013

Ce match France-Nouvelle Zélande, le 4ème de l’année 2013, est dédié aux célébrations du centenaire de « 14-18 ». L’occasion pour les deux Nations de commémorer la mémoire des soldats morts au combat.

La France qui reste sur 7 défaites consécutives face à la Nouvelle-Zélande, reçoit donc à Paris des All Blacks invaincus, dans sa position favorite : position d’outsider bien sûr, mais également d’équipe critiquée, annoncée perdante d’avance et qui a envie de se racheter (6 défaites, 1 nul, 2 victoires seulement en 2013, contre l’Ecosse et la Franchise des Blues).

« Je pense que c’est là qu’ils sont les plus dangereux. » Steve Hansen.

Tous très concernés et attachés à l’évènement, les hymnes sont vécus intensément. Les All Blacks optent pour le Kapa O’Pango !

La 1ère période est un mixte entre phases de combats et d’observation. A ce jeu-là, personne n’arrive à tirer réellement son épingle du jeu. Les deux équipes se rendent coup pour coup : Cory Jane manque de peu d’aplatir le 1er essai du match et Morgan Parra manque 2 pénalités. Si bien qu’à la pause les deux équipes repartent aux vestiaires sur le score de 9 à 9 grâce au sans faute de Dan Carter.

Alors certes, certains joueurs n’étaient pas encore totalement remis, la moitié de l’équipe avait fait le vol Tokyo-Paris quelques jours avant et l’autre moitié n’avait pas joué depuis 3 semaines, étant un peu « rouillés ». Ce mélange est éventuellement une explication à la sensation de manque de rythme éprouvée par les néo-zélandais semblant un peu plus lents qu’à l’accoutumée.

«Nous ne disposions que de trois joueurs (en fait 4 : Richie McCaw, Dan Carter, Ben Smith et Charles Piutau) qui ont commencé un test match au cours de ces trois dernières semaines. »Steve Hansen

Mais les français sont comme les néo-zélandais les redoutaient : accrocheurs, combattifs, agressifs et énergiques, à l’image de Wenceslas Lauret et Wesley Fofana, tous les deux très convaincants.

« Nous nous attendions à ce que les français nous conteste, c’est une bonne équipe, nous avons déjà vu en Juin comme ils se battent sur le terrain ». Steve Hansen

Au retour, les deux buteurs continuent leur partition et rajoutent 3 points chacun. Le match est plus serré que jamais. Excellent test pour solidifier une équipe, pour évaluer la détermination et la force mentale des joueurs. Autant de compétences qui seront primordiales pour les matches couperets auxquels les Néo-zélandais sont peut-être moins rôdés que les joueurs européens.

Il faut attendre la 45ème minute pour que sur un ballon rendu par les Français, la backline néo-zélandaise arrive à mettre un peu de vitesse et écarter proprement la balle. Ben Smith a un peu d’espace devant lui. Il décide de pousser au pied pour Charles Piutau qui se joue avec chance et vélocité de Yoan Huget et Morgan Parra pour aller dans l’en-but.

Quelques minutes plus tard, le facteur X de Charles Piutau refait parlé de lui. « Il apprend de semaine en semaine, il a vraiment de très bons instincts» Ian Foster.

Venu plein champ, il s’engouffre dans un intervalle, attire deux défenseurs et offre d’une superbe chistera sous les yeux de Yoan Huget l’essai du break à Kieran Read.

En scorant deux essais consécutivement, les All Blacks semblent avoir réussi à faire tourner le match définitivement en leur faveur. Charles Piutau manque même de peu le doublé. Mais piqués au vif et poussés par une foule, forte de plus de 80.000 personnes, les Français se relancent. Après de nombreux efforts au près, c’est finalement extérieur que les Bleus trouvent la faille. Brice Dulin profite d’un bel offload de Gaël Fickou et d’un bon relai de Rémi Talès pour plonger en terre promise.

«Les Français n’ont pas abandonné, ils ont marqué juste derrière et nous avons reculé un petit peu trop, ils nous ont mis sous pression. Dès qu’ils sont revenus à 7 points, c’était un autre match ! » Richie McCaw

S’ensuit une longue période d’occupation à quelques mètres seulement de la ligne néo-zélandaise. Le match nul est à portée de bras. Mais par un manque d’efficacité française et une défense acharnée, les All Blacks résistent et conservent leur précieux avantage jusqu’au coup de sifflet libérateur.

Du courage donc, un peu de chance et de « magie noire » ont permis aux hommes de Steve Hansen de commencer la tournée européenne par une victoire.

Pourtant, bien des choses n’étaient pas parfaites samedi soir pour les All Blacks :

La mêlée n’était pas « sûre ». Parfois dominée, parfois stable, la mêlée n’était en tout cas pas assez rassurante. « Les Français ont une mêlée impressionnante, nous avons beaucoup de respect pour eux. C’était un de ces jours, où vous pouviez voir le sol se déterrer … C’était un peu difficile pour les appuis, mais je pense quand même que l’opposition était un cran au-dessus de ce que nous avons eu ces deux dernières semaines (Australie, puis Japon)». Keven Mealamu

Le jeu au pied manquait de précision. Il n’a mis que trop peu de fois les Français sous pression.

Les Néo-zélandais ont été contraints de jouer au rythme qu’imposait les Français. Ils ont été mis à mal et obligés de subir de longues séquences dans des positions délicates. Ils n’ont réussi que trop rarement à impulser la vitesse nécessaire pour déborder la défense tricolore.

Une pluie de plaquages s’est abattue dans la grande enceinte du Stade de France durant près de 2 heures, mais de façon inhabituelle, beaucoup trop ont été manqués par les hommes en noir.

C’était un match frustrant pour les All Blacks qui n’ont sûrement pas pu s’exprimer comme ils le désiraient. « Une partie est due aux Français, et l’autre à nous-mêmes. Ils nous ont remis sur le petit côté de nombreuses fois. Ils ont eu quelques vraies bonnes tactiques » Steve Hansen

Mais tellement important. Le fait de gagner une nouvelle fois à Paris, pour ce match de commémoration, dans un style de jeu « guerre de tranchée » qui n’est pas le point fort des All Blacks même s’ils s’en sortent bien mieux qu’il y a quelques années a quelque chose d’assez libérateur.

La ténacité, la résistance et la défense sur sa ligne de l’équipe dans les derniers instants sont en ce sens assez mémorables. «Ils ont dû montrer une vraie résistance, du calme, de la patience et ont parfois dû faire face à leurs frustrations. Je pense qu’ils ont fait tout ça très bien ». Steve Hansen

Ce n’était pas brillant. Mais suffisant, efficace et plutôt satisfaisant.

«Ils sont très intelligents. Nous étions six, peut-être 10 fois très près de la ligne, peut-être à quatre ou cinq mètres, puis ils ont deux occasions et ils marquent deux essais. Nous devons les féliciter et travailler dur pour être mieux et être un peu plus intelligent ». Philippe Saint-André

C’est une victoire importante. Le XV de France était dans son rôle favori d’outsider rempli d’orgueil et de bravoure. Les Bleus étaient dans un bon jour. Ce genre de jour où leur défense est étouffante et où ils jouent avec le cœur et arrivent à mêler passion et concentration. Ce genre de match où la France arrive à battre les All Blacks …

Trop peu souvent confrontés à ce genre d’oppositions, les joueurs néo-zélandais ont peut-être su gagner là où auparavant une défaite aurait été concédée.

Il faut maintenant enchaîner et aller retrouver le XV de la Rose, le 16 novembre. Dernière équipe à les avoir battu et qui les avaient empêché en 2012 de faire un sans-faute international.

Quelques statistiques :

  • En 1ère période, les All Blacks ont manqué 12 plaquages, les Bleus un seul.
  • Les All Blacks n’ont plus perdu à Paris depuis 1973.
  • Richie McCaw arrive en tête des arrivées aux breakdowns (24 arrivées dans les 3 premiers). La deuxième ligne était également très en jambes. S.Whitelock et B.Retallick comptabilisent 15 arrivées chacun.
  • L’alignement était très performant. Les All Blacks signent un 7/8 sur leurs lancés et ont réussis à contrer par 2 fois ceux des français.
  • Encore une fois, la Nouvelle-Zélande est davantage pénalisée (12) que les français (7). Dont 5 fois en mêlée fermée.
  • Les français ont réalisé 18 offloads contre 2 seulement pour les Néo-Zélandais.
  • 39% de possession et 37% d’occupation seulement pour les Néo-Zélandais.
  • Les All Blacks ont ratés 20 plaquages, dont 12 dans leurs 22 mètres.
  • Richie McCaw termine le match avec 17 plaquages + 5 en tant qu’assistant pour aucun manqué. Kieran Read (16+2 (0)) et Brodie Retallick (15+5 (1)) complètent le podium.

FRANCE 19 : Essai de Brice Dulin/ 4 pénalités et 1 transformation de Morgan Parra

NOUVELLE-ZELANDE 26 : Essais de Charles Piutau et Kieran Read/ 4 pénalités et 1 transformation de Dan Carter, 1 transformation d’Aaron Cruden.

L’arbitrage de Mr.Peyper : Intransigeant ! Peut-être dur, mais cohérent.

Les notes Lexvnz :

  • Tony Woodcock : S’adapte réellement à toute situation en mêlée. Très actif aux breakdwons. Quelques ratés en défense. 7/10
  • Keven Mealamu : Un match sans éclat, mais très sérieux et très appliqué. 7/10
  • Owen Franks : Impeccable en défense. Il semble avoir perdu un peu de son aisance en mêlée. 6/10
  • Brodie Retallick : Omniprésent, un match plein et intense. 8/10

Brodie_Retallick_FRA_NZ_2013

  • Sam Whitelock : Très belle performance. Présent également sur de nombreux secteurs. Il est d’une régularité exemplaire. 7/10
  • Liam Messam : Un match sobre, mais propre. 6/10
  • Richie McCaw : Naturellement bon. Grande défense et grande présence aux breakdwons. Exemplaire. 8/10
  • Kieran Read : Encore très bon. C’est le joueur qui fait "tout bien" de l’équipe. 7/10
  • Aaron Smith : Moins précis, moins juste que d’habitude. 6/10
  • Dan Carter : Un sans faute au pied important et une bonne défense. Manquait peut-être un peu de rythme en attaque. 6/10
  • Charles Piutau : A su être décisif dans un match important. 8/10
  • Ma’a Nonu : A tenté de varier son jeu avec plus ou moins de réussite. Sa présence physique et défensive était néanmoins nécessaire même s’il a eu un peu de déchet (5 plaquages ratés). 6/10
  • Ben Smith : Des progrès déjà visibles. Egalement performant en défense (9 plaquages). 7/10
  • Cory Jane : Plutôt un bon retour dans un match compliqué. 6/10
  • Israël Dagg : Il semblait avoir de bonne sensations, mais il a été bien contré par la défense française. Un bon match, mais il peine à retrouver son niveau. 6/10

Le banc de touche :

  • Dane Coles : Bonne rentrée, il confirme son bon match face aux Japonais. A su se mettre au niveau du match. 4/5
  • Wyatt Crockett : Pourtant rentré à la 70ème, il a été 3 fois pénalisé. Il a su se ressaisir pour les deux dernières mêlées cruciales sur la ligne. 2/5
  • Charlie Faumuina : Tout de suite actif, il semble en bonne forme. 3/5
  • Steven Luatua : non entré
  • Sam Cane : non entré
  • Tawera Kerr-Barlow : Rentré dans une période délicate, il a été précieux en défense sur sa ligne. 3/5
  • Aaron Cruden : Rentrée correcte. Manque la pénalité qui aurait permis à l’équipe d’être « à l’aise ». 3/5
  • Ryan Crotty : A essayé d’apporter toute son énergie. 3/5

Crédits : Vidéo NZAUTV/ Photos Rugby-rp.com, Eurosport


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