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Cameroun - BIP 2013: Ce qu?il faut rattraper :: Cameroon

Publié le 12 novembre 2013 par 237online @237online

A côté du budget de fonctionnement des administrations publiques, le budget d’investissement public est cet instrument par lequel le gouvernement améliore les conditions de vie des populations, en finançant chaque année la construction des écoles, des hôpitaux et centres de santé, des adductions d’eau potable, des routes et leur entretien, en électrifiant les campagnes, en organisant des campagnes de vaccination élargie et de fourniture des moustiquaires imprégnées, etc.

Ces dernières années, le montant des enveloppes budgétaires consacrées au Bip est un indicateur fort de l’importance que les politiques publiques leur accordent. A cet égard, l’évolution des statistiques est assez éloquente. En effet, on observe qu’en 2012, le Bip a été porté à 792,2 milliards de F, contre 677 milliards en 2011, soit une augmentation de plus de 115 milliards. En 2013, ce sont 957 milliards de F qui sont consacrés aux dépenses en capital, sur un budget établi en recettes et en dépenses à 3 236 milliards de F. Cette année donc, les dépenses d’investissements enregistrent une augmentation de 165 milliards de F, représentant 29,57% de l’enveloppe totale, contre 28,28% en 2012. Bien plus, à en croire le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Emmanuel Nganou Djoumessi, lors du Conseil de cabinet tenu le 31 octobre dernier, le Bip franchira en 2014 le cap de 30% de l’enveloppe globale du budget de l’Etat. L’allocation qui est envisagée, lit-on dans le communiqué final, mettra la priorité sur les infrastructures énergétiques, les infrastructures routières, l’hydraulique et l’assainissement ainsi que la constitution de réserves foncières à usage agropastoral et d’habitation. Un volant de ressources non négligeables sera également affecté au développement des filières à fort potentiel et à la modernisation de l’appareil de production. Il y aura un soutien accru à la décentralisation ainsi qu’au financement des grands projets. Cela passera par le doublement de la dotation générale de la décentralisation consacrée aux investissements, qui viendra appuyer l’exécution des plans communaux de développement en voie de généralisation et des contrats-plans avec les municipalités. Cependant, sur le terrain, le taux de réalisation des projets inscrits au Bip à travers les dix régions ne reflète pas l’augmentation significative des crédits mis à disposition par l’Etat. Au contraire, la sous-consommation du Bip, longtemps décriée, semble plutôt s’aggraver au lieu de s’améliorer, en dépit du passage, depuis le 1er janvier 2013, du budget de moyens au budget-programme, et malgré la réforme du système des marchés publics pour plus d’efficacité. En juillet dernier à Yaoundé, au terme des travaux de la deuxième session du Comité interministériel d’examen des programmes, le constat de la sous-consommation du Bip à l’issue du premier semestre 2013 était d’autant plus préoccupant qu’en comparaison avec les chiffres de l’année précédente à la même période, il se dégageait un net sentiment de recul, du fait de l’insuffisante maturation des projets, la faible appropriation de la réforme budgétaire et celle des marchés publics. Les taux de réalisation physique des projets avoisinaient à peine les 10%. Rendu aujourd’hui au 11e mois de l’année, aucune région du pays n’affiche encore un taux d’exécution du Bip avoisinant seulement les 50%. Dans la région de l’Ouest, les derniers chiffres parlent de 38%, alors que le Nord-Ouest peine à 36%. Ce serait donc une lapalissade de dire que très peu de projets dont les financements sont pourtant disponibles ont été réalisés à cette date pour le bien-être des populations. C’est dans ce contexte que le chef de l’Etat a signé le 5 novembre 2013 une ordonnance prorogeant les délais d’engagement et ’ordonnancement des dépenses d’investissement public, ainsi que la période complémentaire au titre de l’exercice 2013. Concrètement, Paul Biya a ajouté un mois sur les dates fixées par la loi de décembre 2007 portant régime financier de l’Etat.
Ainsi, la date des arrêts des engagements passe du 30 novembre 2013 au 31 décembre 2013; celle des ordonnancements est renvoyée du 31 décembre 2013 au 31 janvier 2014, alors que la période complémentaire passe du 28 février au 31 mars 2014. Selon Serge Dieudonné Ntsek, chef de la division des contrôles des opérations budgétaires au ministère des Finances, cette ordonnance du chef de l’Etat vise un seul objectif : améliorer la consommation du Bip qui est au plus faible cette année. Les différents acteurs de la chaîne d’exécution pourront-ils se rattraper ? Que devront-ils faire pour se rattraper pendant cette période ?


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