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Les espoirs de Coronthie

Publié le 13 novembre 2013 par Busuainn_ezilebay @BusuaInn_Ezile

Une belle découverte !


L’envol des Espoirs de Coronthie
Quatrième album, Fougou FougouLes Espoirs de Coronthie

© Chapter Two/WagramLes Espoirs de Coronthie

S’imposant au milieu des années 90 dans les maquis de Conakry (Guinée), les Espoirs de Coronthie sont très vite devenus un des groupes en vogue dans la sous-région. Aujourd’hui, plus présents en Europe qu’en Afrique, ils publient Fougou Fougou (Le Bruitdes Ailes), un quatrième album résolument ouvert, le premier signé par le label parisien Chapter Two.


A Conakry, leur nom rassemble les foules depuis une vingtaine d’années. Né en 1992 de la fusion des Ambassadeurs et des Éperons, deux formations originaires de ce quartier dont ils portent fièrement le nom, ce trio vocal épaulé par une section percussive composée de redoutables orfèvres du rythme a tourné quelques années avant qu’il ne prenne le nom d’Espoirs de Coronthie. "C’est un journaliste guinéen qui a parlé de nous ainsi en 1998" se souvient Mengue, l’un des trois chanteurs du groupe. "La charge était lourde, mais on l’a acceptée. Elle nous a soudés."Une grande claqueC’est à cette époque qu’ils rencontrent à Conakry, Antoine Amigues. Ce jeune Parisien à l’époque étudiant en histoire, puis en ethnologie "afin de repousser l’échéance du service militaire" ajoute-t-il comme pour se justifier, est venu chercher à Conakry, le sujet et la matière de sa maîtrise. "Sur place, j’étais déjà en contact avec les Ballets Africains, un ballet national composé donc de musiciens et danseurs fonctionnaires. Quand j’ai rencontré presque par hasard les Espoirs, ils m’ont ouvert les oreilles sur un son plus urbain. Ça a été une grande claque ! À Conakry, ça joue dans la rue tous les week-ends et le week-end, là-bas, démarre dès le jeudi soir. De plus, j’ai été séduit par la cohésion et l’organisation sociale du groupe. À leur niveau, ils avaient déjà mis en place un système autofinancé d’entraide en cas de maladie, une sécurité sociale interne au groupe" se souvient ce musicien jusqu’alors passionné de chansons françaises. "Très vite, une relation amicale s’est installée, renforcée par notre goût commun pour la musique" ajoute-t-il. "Eux, qui ne sont pas fils de griots, sont devenus mon sujet de maîtrise", une maîtrise qu’il rédigera de retour en France, mais ne soutiendra jamais faute de temps.Rythmes ternaires et harmonie

Fougou Fougou
Les Espoirs de CoronthieFougou Fougou(CHAPTER TWO / WAGRAM)

Les espoirs de Coronthie
Sékou Touré
Les Espoirs de CoronthieFougou Fougou(CHAPTER TWO / WAGRAM)
Les espoirs de Coronthie

Antoine Amigues est revenu à Conakry en 2003. "J’en avais envie. À l’époque, je composais pour une compagnie de cirque, Virevolte, et espérais bien provoquer une rencontre entre ces deux mondes. Quand je suis arrivé, les Espoirs préparaient leur deuxième album. Ils étaient presque surpris de me revoir. Notre collaboration a été assez instinctive. Comme tout bon toubab, je ne comprenais pas grand-chose aux rythmes ternaires. Mais par contre, j’ai pu mettre mes connaissances de l’harmonie au service du groupe qui ne jouait à l’époque, que des percussions. Cet axe de travail les amènera plus tard à intégrer des instruments plus mélodiques comme le balafon ou la guitare" commente Antoine Amigues avant de préciser : "Ce sont eux qui m’ont fait comprendre que moi, le foté (blanc en bambara), j’avais ma place dans le groupe."


On est ensembleDunuya, leur deuxième opus paraitra en 2005, suivi 3 ans plus tard par Thinkinyi en pleine crise politique. Entre temps, le groupe a ouvert Fougou Fougou Faga Faga, un centre culturel où ils défendent les valeurs de partage et de solidarité qui leur sont chères, tandis qu’à Lyon, son nouveau port d’attache, Antoine Amigues crée lui, l’association Wountanara ("On est ensemble" en langue soussou) qui gère les destinées européennes du groupe. Haut-parleur du ras-le-bol de la jeunesse guinéenne, les Espoirs de Coronthie gagnent en notoriété. Distribué en France, leur troisième opus les pousse vers l’Hexagone ou ils vivent tous depuis 2010 dix mois sur douze, une partie du groupe à Lyon, l’autre à Laval.Ouvrir sans écraserBaptisé lui aussi Fougou Fougou ("Le Bruit des Ailes"), leur quatrième album aux douze titres chantés en peul, malinké, kissi et aussi un peu en français et anglais, a été enregistré dans les studios du Peuple de l’Herbe à Lyon, en deux temps : décembre 2011 et juin 2012. Le son des Espoirs a pris du coffre.On y entend outre les percussions et le balafon, une guitare 12 cordes et une électrique, un banjo, une basse et même des cuivres sur deux titres. "Notre envie de départ était d’ouvrir, sans écraser ce qui fait la beauté des musiques guinéennes, des musiques mandingues" explique le guitariste qui s’essaie même ici au chant. Mission accomplie comme en témoignent ces douze titres, qu’ils défendent avec une belle assurance sur scène comme en témoignait au début de l’été leur concert marseillais dans le cadre d’Africa Fête.
Les espoirs de Coronthie

Lu sur R.F.I


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