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Mondial 2014, tirage au sort : Rio de généreux

Publié le 06 décembre 2013 par Levestiaire @levestiaire_net

Fernandez et surtout Denisot avaient confié la Coupe des Coupes à Noah, Deschamps a confié sa tête, celle de son président et l’avenir du football français à Jamel Debbouze. Ça a donné le meilleur sketch de l’histoire et sans Omar Sy.

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En trois jours, TF1 avait tout imaginé : faire un appel d’offres pour la Ligue 2, rappeler Gilardi, revendre la moitié de ses droits télé à la Coupe du Monde. Mais faire la meilleure audience de l’année avec onze Ukrainiens qui ne jouent même pas des proxénètes arrogants dans une série américaine, jamais. C’était le mois dernier, la France était devenue cette 21e nation Fifa chère à Larqué qui ne gagne jamais contre une mieux classée. Elle était donc cuite. Le miracle s’est produit, et TF1 a fait le Bouleau.

L’équipe de France ira donc au Brésil, et il est impossible de savoir si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle, si la France va gagner du temps ou en perdre, si c’est la fin ou le début des vrais ennuis. On sait juste que tout le monde nous fait chier avec le tirage au sort depuis une semaine, alors que la vraie info n’est pas de savoir qui va éliminer la France, mais que la Fifa invente elle-même les règles en permanence. La France est la moins bien classée des nations européennes et elle va prendre un groupe relevé ? On invente le pré-tirage au sort qui lui donne une chance sur 9 d’être l’équipe qui prendra un groupe relevé. Tant pis pour qui : la Bosnie, la Croatie, la Grèce ou la Bosnie ? On le saura ce soir.

Commençons donc la belle épopée brésilienne par une précaution : l’euphorie passée, les câlins Sakho-Ribéry aussi, il est temps d’expliquer pourquoi la victoire de l’Ukraine avait une cote de 7 au retour. L’Ukraine et le football ont toujours les mêmes rapports : des clubs dopés au pétrole qui achètent des Brésiliens mais aussi des Bordelais pour aller perdre 3-1 en Belgique en Europa League avec Iarmolenko, des villes où il ne faut plus jouer à partir d’octobre, des vidéos de match où on voit les militaires dans les tribunes avec des chapeaux poilus, et une sélection restée à l’époque du communisme qui ne gagne jamais rien. A croire que les seules femmes dans l’hôtel des joueurs sont les leurs. Il faut pourtant vivre avec son temps. De nos jours, quand on gagne le match aller 2-0, on n’est pas fatigué quatre jours plus tard et on réussit le match retour. Comment l’Ukraine a-t-elle pu craquer comme à chaque barrage depuis dix ans ? Elle avait pourtant accroché l’Angleterre deux fois en qualifications et encaissé seulement quatre buts en 10 matchs.

Ce qui nous conduit à la question suivante, et donc à la réponse : les références de l’Ukraine valaient-elles quelque chose ou absolument rien ? La réponse est dans la patte gauche de Iarmolenko, qui s’écrit de tellement de manières différentes qu’on le lit mieux en cyrillique. Mais c’est vrai qu’il a un nom qui claque, comme Archavine en fait. République Tchèque, Angleterre, Moldavie, Montenegro, Bulgarie, Norvège, Pologne, Moldavie, Cameroun, Montenegro, Israel, Saint-Marin, Angleterre, Pologne et Saint-Marin : il y avait pire pour demeurer invaincu, et pourtant ils avaient perdu une fois contre le Montenegro. Pour mieux comprendre l’exploit de l’Angleterre de n’avoir marqué qu’un but en deux matchs à cette équipe qui mérite d’aller au Mondial du samedi au mardi après-midi mais pas après, voici la composition de l’Angleterre défaite par l’Allemagne le soir même où Zinedine Benzema a récité sa première marseillaise au Stade de France : Hart, Walker, Smalling, Jagielka, Cole, Lallana, Gerrard, Cleverley, Townsend, Rooney, Sturridge. Même la nouvelle génération de spécialistes du Vestiaire ne connaissait pas tout le monde.

La théorie de la transitivité est un nom barbare qui décrit une chose simple : l’effet domino. L’Angleterre alignant depuis 2011 la pire génération jamais vue, l’Ukraine est donc nulle à chier. Cela situe donc l’exploit de la France à sa juste place ; nous parlons là du match aller plus que du retour.

Il reste pourtant un Mondial à disputer et un seul match pour le préparer. Il serait regrettable que France-Ukraine n’ait servi qu’à apprendre que Sakho ne jouait plus au PSG. Que vaut l’équipe de France ? La seule réponse sortie de ce match, autre que « si ça avait été l’Italie, l’Allemagne, le Brésil ou l’Argentine en face ça faisait pas 3-0 », est que la France s’est trompée pendant deux ans ; Blanc fait avec le PSG ce qui l’a conduit dans le mur avec eux : jouer en redoublement de passes. Nasri la donne à Ribéry qui la donne à Benzema qui la rend à Ribéry qui ne la donne jamais à Giroud et Valbuena puisqu’ils sont sur le banc si Benzema et Nasri sont toujours là. La génération black-blanc-leurre a peut-être livré son verdict : il faut aligner ceux qui sont meilleurs sans ballon et qui courent pour empêcher les autres de marquer, et ensuite on voit si Ribéry est capable d’aller marquer ou de faire une passe. C’est plus simple et plus adapté. Cabaye mettra donc un string l’été prochain, Nasri vaut mieux pas : quand on en met un il faut savoir remuer son cul à toute heure de la journée. En plus il paraît que le Brésil est humide, peut-être qu’emmener Evra pour le laisser dans une chambre d’hôtel ne sera pas un cadeau à lui faire.

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