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Corée du Nord : Kim Jong-un, serial killer (tueur de série B)

Publié le 13 décembre 2013 par Sylvainrakotoarison

C’est Mozart qu’IL assassine !
Cruauté, caprice, jalousie, terreur, assassinats pour convenance personnelle…
En Corée du Nord, l’absurde et le ridicule tuent.

yartiCoreeNord01Petit à petit, depuis la succession de son père mort le 17 décembre 2011, le nouveau souverain de Corée du Nord, Kim Jong-un (30 ans), poursuit l’édification minutieuse de son nouveau musée des horreurs. En bonne place, son ancienne petite amie qui avait un épouvantable défaut, celui de chanter excellemment bien, en tout cas, nettement mieux que la nouvelle compagne, qu’il aurait épousée secrètement il y a plusieurs années.

L'exécution de Jang Song-taek

Le beau-frère de Kim Jong-il, père disparu de l’actuel dictateur de Corée du Nord, le général Jang Song-taek (67 ans) vient d’être exécuté ce jeudi 12 décembre 2013.

Il avait été exilé en 2003 pour avoir soutenu trop ouvertement le fils aîné Kim Jong-nam au détriment du troisième fils Kim Jong-un pour la succession de son beau-frère. Mais il était réapparu en 2009, considéré même comme le numéro 2 officieux du régime et faisait même figure de successeur favori (le numéro 2 officiel, Kim Jong-nam, avait été discrédité en allant au parc Disney de Tokyo en 2009).

Après l’accession au pouvoir de Kim Jong-un, Jang Song-taek faisait figure de parrain, président de la Commission de la Défense nationale en décembre 2011 et même président du bureau politique du parti unique en juillet 2012. Cependant, deux de ses proches, Ri Yong-ha et Jang Soo-kil avaient été exécutés en public il y a un mois et l’exécution de Jang Song-taek a été confirmée ce vendredi 13 décembre 2013 par la KCNA, l’agence de presse officielle nord-coréenne.

Du ski pour Kim

Pourtant, pour la Corée du Nord, les médias français préfèrent parler plutôt de certaines décisions stupides.

Il y a deux mois (le 18 octobre 2013), la télévision française avait en effet diffusé un reportage sur un projet pharaonique en Corée du Nord, encouragé par les autorités locales. Il évoquait la construction d’une station de ski. Trois milliers de jeunes militaires peinaient à transformer une montagne en un ensemble de pistes de ski. Ils devaient déboiser tout un flanc de montagne, remodeler le terrain, bâtir des hôtels, etc. Devant la caméra, certains jeunes gens expliquaient qu’ils étaient fiers de contribuer à l’effort national, etc. et qu’ils seraient les premiers à aller skier avec leur famille (bien qu’ils n’aient jamais skié de leur vie).

Il y aura juste un petit problème cet hiver : si les pistes seront bien prêtes, il manquera cependant juste un petit détail. Il n’y aura pas de téléski ni de télésiège, les pays importateurs ayant refusé de fournir la Corée du Nord, même la Suisse.

Mon article n’a toutefois pas pour but d’être une brochure publicitaire pour une semaine de ski aux Arcs-sur-Pyongyang… Je veux surtout revenir sur une information terrible de la fin de cet été, passée plutôt inaperçue et qu’il me paraît pertinent de rappeler à l’occasion de la nouvelle "purge" qui semble se décider.

Si l’absurde ne côtoyait que le ridicule, le dictateur de poche ne végéterait que dans une comédie de boulevard. Hélas, les caprices du roitelet vont au-delà du ridicule. Ils vont jusqu’à l’assassinat pour convenance personnelle.

La pire tyrannie du nouveau siècle

Kim Jong-un, de la troisième génération de la dynastie communiste en place en Corée du Nord depuis plus de soixante-cinq ans, a pris la succession de son père Kim Jong-il le 17 décembre 2011. C’est donc très récent et pour afficher un semblant d’autorité, il a multiplié les signes de ressemblance avec son grand-père, Kim Il-sung, le fondateur du régime communiste nord-coréen et tyran suprême du 9 septembre 1948 au 8 juillet 1994 (Kim Il-sung a même reçu une fonction officielle après sa mort : "Président éternel" !). Il porte les mêmes vêtements et il est même allé jusqu’à se faire plusieurs fois opérer en chirurgie esthétique (six ou sept fois) pour rendre son visage encore plus ressemblant.

Le culte de la personnalité a été ainsi renforcé parallèlement à des annonces pour le moins aventureuses telles qu’une imminente déclaration de guerre nucléaire contre les États-Unis et le Japon dans un discours télévisé qui fut prononcé le 1er janvier 2013.

Pourtant, on aurait pu penser que Kim Jong-un eût quelque sensibilité pour l’art et l’intelligence. Sa mère, Ko Young-hee, était en effet danseuse dans une troupe il y a quarante ans et diplômée de l’Université de musique et de danse de Pyongyang. Elle est morte d’un cancer à l’hôpital de Villejuif en mai 2004.

Grand buveur d’alcool et gros fumeur, Kim Jong-un est décrit par les services américains comme instable et à tendances sadiques, torturant des animaux lorsqu’il était enfant.

Le concert historique du 14 mars 2012 à Paris

Les spectateurs du concert historique du mercredi 14 mars 2012 à la Salle Pleyel à Paris ont de quoi être choqués. Ce jour-là, en effet, pour la première fois et, sans doute, pour l’unique fois, l’Orchestre Philharmonique de Radio France et l’Orchestre Unhasu de Corée du Nord s’étaient réunis pour une soirée exceptionnelle. C’était le début prometteur d’une collaboration qui devait mener ensuite les deux orchestres à se produire ensemble en Corée du Nord.

Ce fut le résultat de sept mois d’un patient travail d’approche du chef d’orchestre sud-coréen Chung Myung-whun, directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Radio France depuis 2000 (succédant à Emmanuel Krivine et Marek Janowski), qui avait évoqué sur la scène sa mère (déjà décédée au moment du concert) qui était née à Pyongyang : « C’était très positif. (…) C’était comme voir une partie de la famille perdue depuis plus de soixante-dix ans. (…) Mon idée était de faire jouer ensemble des musiciens des deux Corées, mais politiquement, ce n’était pas possible, il y a trop de blocages. » (Chung Myung-whun dirige aussi l’Orchestre Philharmonique de Séoul).

La première partie du concert était consacrée à des pièces du répertoire traditionnel coréen (dont le chant très populaire "Arirang") sous la direction successive de Ri Myong-il et de Yun Pom-ju. La seconde partie était plus connue des Français avec la Symphonie n°1 de Brahms jouée par les 130 musiciens des deux orchestres dirigés par Chung Myung-whun. Ce concert avait été diffusé en direct sur France Musique et aussi sur France Inter.


Le grand défi de l’initiative, ce fut de convaincre les autorités nord-coréennes de laisser au vestiaire les attributs politiques : aucun discours politique, aucun drapeau, aucun hymne patriotique pour ce concert.

Hyok Bong-kwon, le chef de la délégation nord-coréenne portant un pin’s de Kim Jong-il à la boutonnière, n’avait pas hésité, alors, à souligner le caractère historique de ce concert : « C'est un événement historique, pour la première fois, les musiciens nord-coréens et français se réunissent pour un concert conjoint. Cela va contribuer au développement des relations entre nos deux pays et nos deux peuples. ». La délégation (qui comportait 90 personnes) avait visité avant le concert le château de Versailles et le Louvre.

Pour le patron de Radio France, Jean-Luc Hees, l’aventure était exaltante : « Il faut se mettre à la place des jeunes musiciens, il s’est créé quelque chose, on espère qu’il y aura une suite ! ».

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Car les musiciens nord-coréens étaient en effet très jeunes (20 ans en moyenne d’âge), intégrés à un ensemble lui aussi très récent (créé en 2009), et ils avaient montré des qualités musicales exceptionnelles. Notamment sa soliste, Hyon Song-wol.

Le premier violon Mun Kyong-jin expliquait peu avant la représentation, qu’il avait réussi à discuter avec le premier violon français d’origine bulgare, Svetlin Roussev : « Au début, j’ai eu des difficultés de communication, mais j’ai découvert qu’il parlait russe, moi aussi, donc on a réussi à échanger. » ; ce que confirmait son interlocuteur : « On a commencé par comparer nos instruments, savoir qui jouait quoi, pourquoi, comment, on a parlé de la ville, de leur visite, de leur fatigue, de leur décalage horaire, de leur expérience, de leur répertoire… » (cités par "Le Monde" du 14 mars 2012).

Ce sont des Mozart qu’il assassine

Malheureusement, ce temps d’ouverture musicale est bien ancien. Le fiston a repris les affaires du pays d’une main sanguinaire et s’est donné quelques gages de cruauté et de terreur pour asseoir sa nouvelle autorité.
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Selon le journal sud-coréen "The Chosun Ilbo" du 29 août 2013 (qui tire à plus de deux millions d’exemplaires par jour), qui a cité lui-même le journal chinois "South China Morning Post", une douzaine de ces musiciens, dont Hyon Song-wol et Mun Kyong-jin, ont été arrêtés le 17 août 2012 et sauvagement assassinés le 20 août 2013. Exécutés.

Chantant encore devant l’infâme monarque le 8 août 2013 à Pyongyang, Hyon Song-wol avait un très grand talent qu’on peut réécouter avec "Excellent Horse-Like Kady" ("A Girl in the Saddle of a Steed") de 1999.


Pourquoi ce massacre à la mitrailleuse ?

Pour quelle raison, cette peine incompréhensible ? L’officielle, qui a valu leur mort arbitraire, c’est leur supposée implication dans un scandale sexuel et pornographique : Hyon Song-wol aurait enregistré une vidéo de ses ébats avec d’autres musiciens et l’aurait diffusée jusqu’en Chine. Mais cette raison officielle est parfois transformée en une autre tout aussi mortelle : dissidence pour avoir possédé la Bible.

Le professeur Toshimitsu Shigemura, de l’Université de Tokyo, spécialiste de la Corée du Nord, ne croit pas du tout à cette raison officielle : « If these people had only made pornographic videos, then it is simply not believable that their punishment was execution. ».

La raison la plus probable, c’est que Hyon Song-wol avait été la petite copine du nouveau dictateur bien avant sa prise de pouvoir, lorsqu’ils étaient adolescents, au début des années 2000, une relation que Kim Jong-un a dû rompre à cause de la désapprobation paternelle mais qu’il aurait reprise à la mort de son père, selon certaines rumeurs. Les services de renseignements sud-coréens auraient formellement l’identifiée aux côtés de Kim Jong-un lors de la journée des femmes, le 8 mars 2012.

Mais la nouvelle femme, Ri Sol-ju (25 ans), elle-même ancienne chanteuse de l’Orchestre Unhasu, ne voulait pas d’ombre à sa relation avec l’héritier (la liaison est devenue officielle le 25 juillet 2012, peu de temps après le fameux concert). Journaliste au journal "Le Monde", Philippe Pons commentait l’influence de l’épouse : « Ri Sol-ju a un rôle plus important que celui de simple poupée. ».

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Ce serait elle qui aurait encouragé son compagnon à éliminer sa rivale. En clair, pour un caprice d’épouse, Kim Jong-un a commis l’irréparable.

Cela a abouti à l’exécution à la mitrailleuse d’une douzaine de musiciens qui avait joué à la Salle Pleyel l’an dernier. Afin de renforcer l’humiliation, leurs familles et leurs collègues ont même été obligés d’assister à leur exécution avant d’être déportés eux-mêmes dans des camps de rééducation. Une méthode utilisée aussi à l’époque de Hitler qui punissait non seulement les traîtres mais toute leur famille, considérant que leur sang était à jamais souillé de l’infamie ("die Sippenhaftung" ; l’ancien maire CDU de Stuttgart, Manfred Rommel, qui vient de mourir à 84 ans le 7 novembre 2013, avait échappé de justesse à la mort peu après le suicide forcé de son père, le célèbre maréchal Erwin Rommel, dont les liens avec un complot avaient communiqués au dictateur nazi).

Une information hélas confirmée…

L’information est-elle confirmée ou n’est-elle qu’une intoxication sud-coréenne dans le but de dénigrer la Corée du Nord ? Hélas, tout laisse penser que cette information est véridique.

Cette confirmation provient notamment des musiciens français qui avaient collaboré directement avec ces musiciens nord-coréens (même si ceux-ci étaient étroitement "encadrés" par les agents de la sécurité nord-coréenne durant leur séjour à Paris).

Le 8 octobre 2012, Nam Jae-joon, chef des services de renseignement de Corée du Sud, avait confirmé l’exécution d’environ dix membres de l’Orchestre Unhasu qui auraient été impliqués dans un scandale.

Par ailleurs, l’Orchestre Unhasu, qui se produisait habituellement chaque année le jour de la fête nationale, le 9 septembre, n’était pas présent le 9 septembre 2013 sans qu’il n’y ait eu d’explication officielle et c’est un groupe militaire qui l’a remplacé. Ce qui paraît logique si l’orchestre a été décimé.

Triple horreur

De cette information, il y a en effet plusieurs chocs qui s’entremêlent et se cumulent.

D’abord, le dictateur a massacré une équipe de musiciens particulièrement doués et performants, ce qui a entraîné une énorme perte pour l’art en général et a levé une très grande émotion dans le monde musical. L’orchestre avait un réel talent humain et musical, une grande sensibilité. Il est maintenant anéanti, des vies perdues, gâchées pour rien, pour la désir fou d’un roitillon.

Ensuite, il y a cette pratique injuste de la Sippenhaftung qui veut qu’on tue non seulement un pseudo-traître mais également tout son entourage, et pour les moins proches, qu’on les déporte dans des camps. Tout cela dans l’arbitraire le plus scandaleux. L’injustice au cube.
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Enfin, et c’est sûrement le plus choquant, ce pouvoir d’opérette est prêt à éliminer physiquement une ancienne concubine uniquement en raison de la jalousie de la suivante. On frémit quand l’esprit se tourne vers l’Élysée et imagine la traduction en France de tels préceptes : Ségolène, Cécilia… devant le peloton d’exécution. Inimaginable.

Ne pas faiblir face à l’innommable

Lors du concert du 14 mars 2012, on aurait pu penser à un certain dégel de la Corée du Nord, une tentative par la musique de relier les deux Corées et de s’ouvrir vers le monde extérieur. Tous les spectateurs, impressionnés de cette première rencontre, l’espéraient un peu secrètement. Le retour à la réalité est donc dure. Annonces nucléaires et exécutions sommaires ont été au rendez-vous du nouveau dictateur.

Je souhaite donc insister pour que soit diffusée le plus possible la réalité terrible de cette Corée du Nord, dont le peuple, soumis et piégé par le lavage de cerveau, subit les désirs les plus abrutissants et les plus ahurissants d’un bouffon armé et dangereux, qui est non seulement une véritable menace pour la paix mondiale mais également un insulte à l’intelligence de l’âme humaine et de sa sensibilité.
J'aimerais que la communauté internationale réagisse un peu moins mollement aux crimes contre l'humanité de Baby Kim.

Que Kim Jong-un sache que dans le nouveau monde, aucun dictateur ne sera à l’abri, aucun ne sera épargné de ses turpitudes meurtrières. Un jour ou l’autre, il devra répondre de ses actes inhumains devant ses contemporains, il devra rendre des comptes, d’une manière ou d’une autre, à son peuple. Si Augusto Pinochet a échappé de peu aux tribunaux, ni Slobodan Milosevic, ni Saddam Hussein, ni Mouammar Kadhafi ne sont restés impunis de leurs atroces forfaits…

Aussi sur le blog.
Sylvain Rakotoarison (13 décembre 2013)
http://www.rakotoarison.eu

Pour aller plus loin :
Hitler.
Staline.
Pol Pot.
Che Guevara.


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http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/coree-du-nord-kim-jong-un-serial-145022




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