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Comment lui dire que c’est fini ? Le choix des mots

Publié le 18 juillet 2013 par Thescientist @singlexperiment

lui dire que c'est fini2Ami lecteur, il y a quelques mois (oui je sais, ça fait longtemps), je m’immergeais gaiement dans ma marmite sociale en remplissant mes veines trop fines et trop pâles d’une longue fin d’hiver, de quelques élixirs belges à l’arôme houblon. Lorsque, tout à coup, l’une de mes bonnes amies me fit remarquer que mon précédent article, aussi génial fût-il, parlait plus du « où » que du « comment ». Sapristi ! Quelle vérité, dont je m’étais d’ailleurs fait la réflexion, abandonnant l’idée à mon dépotoir cérébral, faute d’inspiration.

C’était sans compter sur mes joyeux convives qui m’ont brillamment inspiré le présent article qui se déroule, sous tes yeux avides de distraction. Régale-toi.

Ami lecteur, tu es en couple et tu es las. Générer la rupture est un acte sur lequel tu pourras très difficilement revenir, par conséquent, le choix des mots dont tu useras pour rompre est très important et requière finesse et calcul. Tes derniers instants de vie à deux méritent que tu y mettes le panache dont ton couple a manqué jusqu’alors.

Les exemples qui suivent sont issus des ruptures les plus courantes, car oui, après tout, ne faisons pas dans le complexe. Pourquoi diable se donner du mal pour quelque chose dont on souhaite se débarrasser, n’est pas ? C’est comme tirer la chasse ou jeter un truc collant et trop gras à la poubelle. Autant s’en tenir à des choses simples et économes en temps comme en énergie!

Comment faire quand tout va bien ?

Oui, c’est un souci classique, effectivement. Quand bien même ta vie de couple t’est insupportable, rien ne semble en faire un enfer. Tu devras mobiliser tes ressources cognitives afin d’élaborer un plan subtile pour trouver les bonnes raisons à avancer pour quitter ta moitié … ou alors tu pourras appliquer la solution facile que je te propose !

Lorsque tout va bien, il faut parfois savoir générer la goutte d’eau qui fera déborder le vase et inondera le parquet le rendant, idéalement, irrécupérable et faisant glisser infirmes, vieux et enfants. Pour pouvoir la jouer finement, l’habile calculateur que tu es, ami lecteur, saura déclencher l’engueulade ultime, point de départ des dernières hostilités. Le prétexte peut être réel et profond … mais tu t’amuseras bien plus d’un prétexte futile. Tu devras faire monter la tension, faire bouillir la rage, attiser la colère. Au rang des meilleurs prétextes figurent :

-les tâches ménagères (non partagées/mal faites/…),

-la jalousie paranoïaque («et c’est qui cette Cindy qui bosse tard avec toi là ?!?» ou «je t’ai vue avec John au supermarché, et ne me dis pas que vous vous êtes croisés par hasard!»),

-des traits de caractères de l’autre (dont tu t’étais pourtant bien accommodé) que tu choisis de considérer comme intolérables.

La mauvaise foi est une bonne cartouche, efficace et abondante, use-en sans modération. N’hésite pas à prendre des raccourcis faciles, à user d’allusions insultantes, tu ne tireras aucune gloire à la jouer fairplay.

La réaction de ta moitié devrait être tintée d’incompréhension, de désaccords et de «putain mais qu’est-ce qui te prend ?!?» mais n’y prête pas attention : ces éclats de voix sonneront l’hallali. Victoire!

Et ensuite ?

Il conviendra de placer l’expression-clé au bon moment. En général, ce seront les derniers mots que tu auras à dire à l’autre pour guillotiner votre relation. Un «je ne t’aime plus» reste LE grand classique indémodable. Il est modulable du «je crois que je ne t’aime plus» au «je ne t’ai jamais aimé» en passant par «je me rends compte que je ne t’aime plus». Mais si tu te sens l’âme gaie et ouverte à d’autres idées pour mettre fin à ta relation, j’ai gradué pour toi quelques grands classiques de la rupture en 5 niveaux de violence :

Niveau 1 :

«Je ne sais plus où j’en suis» ou excuse dite de la personne âgée qui se réveille à poil en pleine zone urbaine. La soi-disant confusion porte évidemment sur ta relation : tes projets, tes sentiments. L’autre comprendra vite qu’il faut te laisser le temps de la réflexion et, par conséquent, devrait te fiche la paix quelques minutes. Au-delà, il faudra donner à ta moitié une bonne raison à ton silence, mais, au final, tu auras préparé le terrain pour rompre gentiment.

Niveau 2 :

«J’ai besoin d’air» a les mêmes effets que l’expression précédente, mais le laps de temps où l’autre te fichera la paix devrait varier de quelques heures à quelques jours … voire même quelques semaine si tu hurles cette phrase avec colère.

«C’est pas toi c’est moi» est LA phrase du chic type (ou de la chic gonzesse) par excellence. Tu penseras ainsi libérer l’autre du poids cruel de la responsabilité de votre séparation. Il faut juste ne pas rappeler à ta moitié que cette expression est, en vérité, une phrase incomplète dont l’Histoire a oublié la fin. La phrase complète étant au choix :

-c’est pas toi, c’est moi qui voudrait qu’on ne soit plus ensemble

-c’est pas toi, c’est moi qui ne supporte plus tes jérémiades

-c’est pas toi, c’est moi qui en ai marre de voir ta tronche

-c’est pas toi, c’est moi qui t’ai trompé(e)

-c’est pas toi, c’est moi qui préfèrerait lécher le cul d’un ours plutôt que d’avoir encore à t’embrasser

Et j’en passe ! Aaah, diplomatie, mère de bien des omissions …

Niveau 3 :

«Je(/on/ça) ne peux(/t) plus continuer comme ça» qui avoue, implicitement, un inconfort intolérable dans votre relation. Là, tu avais décidé de partir tranquillement sur le Love Boat, serein sur ton univers lisse. Quand soudain, pour une raison indépendante de ta volonté de t’empâter dans ton quotidien d’habitudes, l’autre est devenu casse-couilles. Tu n’avais pas signé pour ce genre de relation, ni pour les crises qui en découlent ! Le Love Boat est en perdition dans une tempête violente de hurlements et de reproches. A quoi bon lancer des SOS, autant s’échapper en canot de sauvetage et ramer vers le rivage, après toi l’orage.

«Je ne suis pas quelqu’un pour toi», qui est, là encore, une façon bien aimable de dire les choses. La vérité ? Cette phrase peut s’inverser et devenir «Tu n’es pas quelqu’un pour moi». Ce qui peut être également formulé de la façon suivante «tu n’es pas quelqu’un à mes yeux». Autrement dit «tu n’es personne». Et donc «meurt seul, tu ne seras pas regretté(e)». CQFD.

Niveau 4 :

«J’ai merdé» Ce sont des choses qui arrivent ! Un accident, ou une brillante excuse, qu’importe. Tu as trahi l’autre. Bravo. Finalement, que ta moitié te déteste va pas mal faciliter les choses. Avec cette expression, tu fais amende honorable, tu assumes ton erreur et tu ouvres grand la porte pour fiche le camp. Il faut simplement espérer que l’autre ne se mette pas en tête qu’il/elle peut essayer de te pardonner ce que tu as fait.

«Nous deux, ça suffit» car toi, tu peux être toi, l’autre peut être l’autre, mais vous deux ensemble, c’est veni, vidi, ça suffit ! Il n’y a pas de place pour la négociation. Cette sentence prend effet immédiatement. Alors tu prends tes clics tes clacs et tu te tailles, ta mère avait raison …

Niveau 5 :

«J’ai rencontré quelqu’un d’autre» est honnête et reste la meilleure excuse pour une rupture à effet immédiat et sans négociation possible. Eh oué, c’est la vie, la roue tourne, hier tu l’aimais, aujourd’hui tu en préfères un(e) autre. Facile.

«Je n’ai aucune envie de te revoir» qui s’impose comme une brique sur un chaton. Que l’autre ne repointe surtout jamais sa face de rat dans ton champ de vision ni ne se manifeste inopinément d’une façon quelconque. Tu es arrivé à saturation, autant dire les choses comme elles sont ! Le tact n’est plus de mise !

Et le grand final

Une bonne amie m’a suggéré une phrase pour conclure. Un peu comme dans les films où le héros laisse exploser une bombe dernière lui sans se retourner. Un «On s’est beaucoup aimé c’est chouette» revient à faire un bilan doux et nostalgique … un poil foutage de gueule diront peut-être certains. Pour ma part j’appelle ça la grande classe.

Bien sûr, ami lecteur cette liste n’est pas exhaustive ! J’attends avec impatience tes suggestions de phrases de rupture. Qu’il s’agisse de grands classiques ou d’exclusivités que tu aurais eu l’occasion de dire ou d’entendre ! Fais comme chez toi ici, dans les commentaires, les e-mails (via le formulaire de contact du blog, je réponds toujours sauf quand c’est de la pub) et sur la page Facebook où vous êtes plus de 100 à m’aduler. Merci à toi, ami lecteur, pour ta fidélité, c’est chouette !


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