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D'ici à 2050, Dori risque de ne plus avoir de période humide

Publié le 09 janvier 2014 par Kafando @KAFANDORAPHAEL

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Depuis un peu plus d’une décennie, les questions climatiques sont au-devant des réflexions relatives au développement comme principale contrainte ou source d’incertitude majeure. A partir des savoirs locaux et traditionnels, des activités d’adaptation se sont progressivement, développées dans les milieux paysans, avec plus ou moins de succès, d’importance ou de visibilité. Ces techniques et pratiques traditionnelles ont été optimisées, grâce à l’implication des chercheurs. Cependant, la prise en compte des questions climatiques dans les visions, orientations et instruments politiques à l’échelle nationale, demeurent en-deçà des besoins. En outre, elle reste dispersée, hormis quelques interventions- pilotes disséminées, çà et là, par divers projets locaux de développement. Pour une intégration systématique, puis systémique des données climatiques dans les visions, orientations et instruments politiques nationaux, une évaluation nationale du facteur climatique, au sens large, est indispensable. Un document intitulé « Etudes de modélisation climatique, d’évaluation des risques et d’analyse de la vulnérabilité aux changements climatiques », réalisé par le Laboratoire d’analyses mathématiques des équations (LAME) de l’Université de Ouagadougou et commandité par le Programme d’action national d’adaptation (PANA) à la variabilité et aux changements climatiques du Burkina Faso tente d’apporter des éléments objectifs et reproductibles, pouvant être pris en compte ou documenter les dimensions climatiques dans la planification stratégique du développement. L’étude prend en compte trois scenarii possibles sur l’évolution climatique du Burkina qui prévoient qu’il devrait y avoir une extension de la saison des pluies avec des débuts plus tôt et une fin de pluie plus tardive. Les grosses pluies seront de plus en plus fréquentes. Pire, dans les zones comme Dori, il n’y aura presque plus de période humide. Conséquences, la forte variabilité de la pluie d’une année à l’autre et la hausse de l’Evapotranspiration (ETP) feront peser des risques certains sur le bon déroulement du cycle de croissance des cultures pluviales. Des inondations plus fréquentes et plus graves sont à craindre, avec leurs effets destructeurs sur les infrastructures et l’habitat précaire, les pertes de récoltes et destruction de la biodiversité dans les bas-fonds, ainsi que la recrudescence de maladies hydriques, telles que le choléra et autres maladies parasitaires. La croissance de l’ETP, conjuguées aux activités anthropiques, devrait accélérer la dégradation du couvert végétal, ce qui va diminuer la recharge de la nappe par infiltration et entraîner le lessivage des sols. La raréfaction des pâturages et des étendues d’eau d’abreuvement devraient contraindre les activités pastorales à migrer de plus en plus loin vers le Sud. L’allongement de la saison des pluies va augmenter les cas de paludisme, et réduire la période quand sévit la méningite, par contre celle-ci sera favorisée par la hausse générale des températures. La consommation d’énergie électrique en climatisation devrait avoir une augmentation supplémentaire de 25% à 50%, du seul fait de l’augmentation de la température (en 2009, le coût énergétique de la climatisation des bâtiments publics a représenté 65% à 75% de la dépense d’énergie de l’administration, qui s’est élevée à environ 15 milliards CFA). Les eaux de surface seront soumises à une plus forte évaporation, et les cours d’eau pérennes auront tendance à disparaître avec les forêts-galeries. Actuellement, l’évaporation fait perdre plus de 60% de l’eau retenue dans les barrages. La capacité de régénération des formations forestières ne devrait plus arriver à compenser les prélèvements de bois pour les besoins d’énergie. Comme solution, l’étude propose entre autres, l’utilisation économique de la ressource eau, l’extension des pratiques de conservation des eaux et des sols, la recherche de spéculations à cycle court, le développement des énergies renouvelables.

 Raphaël KAFANDO


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