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"Dallas buyers club" : la fureur de survivre

Par Vierasouto


27 - 01
2014
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PITCH.
1986. Un électricien, féru de sexe, drogue et rodéo, apprend qu'il est atteint du SIDA. Les médecins ne lui donnent que 30 jours à vivre, il survivra sept ans en recherchant sans relâche des thérapies alternatives.

NOTES.

En 1986 au Texas, Ron Woodroof (Matthew McConaughey), électricien, menant une vie dissolue, macho, passionné de rodéo, est diagnostiqué séropositif. Les médecins du centre hospitalier ne lui donnent que 30 jours à vivre. Furieux, il se révolte, pensant qu'on a dû faire une erreur dans ses analyses car la maladie, selon les préjugés de l'époque, ne toucherait que la communauté gay. Mais, très vite, la rage de vivre de Ron va prendre le dessus, il commence à se documenter sur la maladie et les traitements. Hors, à l'époque, on utilise, et seulement en protocole expérimental et à trop fortes doses, l'AZT. Rencontrant,
hospitalisé avec lui, Rayon (Jared Leto), travesti triste et toxicomane (dont on comprendra très tard les origines sociales et le rejet familial dont il est l'objet), Ron commence par le repousser, ils finiront inséparables. La FDA interdisant les thérapies alternatives, Ron traverse les frontières en quête d'une solution thérapeutique : d'abord, le Mexique où il est initié par un médecin, rayé du conseil de l'ordre, qui le sauve avec des traitements complémentaires de l'AZT, puis, d'autres pays.
Mais Ron en profite pour faire des affaires, comme il ne peut pas vendre directement ces produits qu'il importe du Mexique ou du Japon, talonné par les représentants de la FDA (Food and Drug Administration) et les autorités fédérales, il imagine un club (Dallas buyers club) où pour une cotisation mensuelle fixe les adhérents peuvent emporter tous les produits disponibles pour se soigner. Ron engage alors Rayon comme associé, au début pour ses contacts avec la communauté gay, puis, il s'en rapproche, les différences se gomment pour laisser la place au partage de l'exclusion et à l'amitié inconditionnelle.
TWITTER.
@Cine_maniac
(le 23 janvier 2013)

"Dallas buyers club" vaut surtout pas son interprétation et le rappel des préjugés + l'impuissance de la médecine il y a 30 ans face au SIDA"


photos UGC
ET AUSSI...
Très intéressant, pour ceux qui n'ont pas connu cette époque de grande panique sociale et médicale, ce retour dans les années 80 quatre ans après l'apparition du premier cas de SIDA, il y a presque 30 ans. En 1986, la médecine est impuissante (ici, Jennifer Garner, dans le rôle d'un médecin immunologiste), les préjugés tenaces, la communauté gay ostracisée, la population, apeurée, craignant de se contaminer en approchant un patient séropositif. A l'époque, on ne connaît même pas les modes de transmission du virus, on n'ose à peine serrer une main, encore moins embrasser un malade... Dans le cas de Ron Woodroof, ce trentenaire vigoureux, hétérosexuel, homophobe, macho, intolérant, va connaître, par hasard, le même banissement que ceux qu'il condamnait : il devient un paria aux yeux de son entourage, un exclu de la société. Mais son esprit scientifique et sa bonne condition physique sont ses deux atouts, il vivra encore sept ans et mourra des complications du SIDA en 1992. Au début des années 90, la FDA autorisera le "AIDS cocktail" combinant plusieurs thérapies (tri-thérapie) dont l'AZT (à doses plus faibles qu'au départ), une issue thérapeutique toujours en vigueur dont il a été l'instigateur.
Second point fort du film : les acteurs livrent une prestation magistrale, qu'il s'agisse de Matthew McConaughey (dans "True detective" en ce moment sur OCS, la série -vu 2 épisodes fameux- du moment) ou de Jared Leto (il venait d'abandonner le métier d'acteur pour la réalisation...), tellement justes et poignants, les deux pourraient prétendre à l'Oscar du meilleur acteur dans ce "Dallas buyers club" qui vient d'être nommé sur la liste des Oscars du meilleur film. Mais la mise en scène ne révolutionnera pas le cinéma, très classique, focalisée sur les acteurs et l'histoire très forte, une histoire vraie.


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Mots-clés : avant-Premières, cinéactuel, cinéma américain, , JM Vallée

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