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Le Podcast Edito - Les faux compromis du Hezbollah dans le nouveau gouvernement libanais

Publié le 23 février 2014 par Podcastjournal @Podcast_Journal
Après plus de dix mois d’intenses négociations, un gouvernement a vu le jour au Liban. Nouvelle "grande coalition" à la libanaise – nonobstant l’absence des FL – qui réunit autour du Président Michel Sleiman, les mêmes leaders, adversaires politiques d’hier, alliés économiques de l’instant. Ennemis de toujours si l’on veut bien considérer les divergences fondamentales clivant les projets politiques des deux principales formations: quoi de commun en effet entre le groupe du 14 mars de Saad Hariri et celui du 8 mars réputé proche des assassins de son père? Au nom de quel pseudo "consensus confessionnel" cette triste mascarade peut-elle encore se justifier? La paix civile? Une sanglante imposture au regard des attentats des derniers mois: par peur, les Libanais ne stoppent même plus leurs véhicules au feu rouge des quartiers sensibles.

Cette équipe gouvernementale minutieusement dosée repose sur d’énigmatiques compromis du Hezbollah: malgré son refus de laisser le portefeuille de l’Intérieur au général Rifi, ancien directeur des FSI – une des rares institutions à ne pas être totalement inféodée à la milice pro-iranienne – le Parti de Dieu a accepté sa nomination au poste de Ministre de la Justice. Et n’a, en outre, formulé aucune objection à la désignation à l’Intérieur de Nouhad Al-Machnouk, un député du Courant du futur. Mieux: la visite récente du responsable de la sécurité du Hezbollah, Wafik Safa au général Rifi à peine installé, alimente les spéculations. Tout comme les accommodements possibles du mouvement de Haret Hreik sur la mention du principe "Armée-Peuple-Résistance" dans la future déclaration ministérielle.

La raison, esquissée dans un éditorial antérieur, en est simple: le Hezbollah a besoin de stabilité politique au Liban afin de mieux se concentrer sur les lourds combats militaires qu’il mène en Syrie aux côtés de Bachar El-Assad. De même que son apparent "retrait" des ministères régaliens rend plus aisées les négociations franco-libanaises destinées à vendre des équipements militaires français à l’armée régulière et ce, à hauteur de 3 milliards de dollars fournis par l’Arabie saoudite. Un deal qui avait suscité des inquiétudes sur la "nature" de l’engagement français alors que Riyad soutient fermement la rébellion syrienne. Des menaces contre la France diffusées par des organes de presses pro-syriens avaient rendu impératives des "explications" données en janvier dernier par un conseiller du président français au responsable des relations extérieures du Hezbollah, Ammar Moussaoui. Finalement, le Parti de Dieu suit scrupuleusement la condamnation hypocrite de l’Union européenne et les conséquences implicites d’un accord "5+1" avec l’Iran: faire du Liban son acceptable vitrine politique.
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