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The Walking Dead

Publié le 02 avril 2014 par Biancat @biancatsroom

the walking dead cast

La série-phénomène The Walking Dead vient de terminer sa quatrième saison ce week-end sur un final paroxystique, nous laissant sur un suspense insoutenable jusqu’au mois d’octobre. Retour donc sur une série que j’avais entamée une première fois il y a un an environ. A cette époque, pourtant friande d’histoires post-apocalyptiques (zombiesques ou pas), j’avais rapidement laissé tomber parce que j’avais trouvé le début un peu mou et sans véritable rythme.

Il faut croire qu’un épisode et demi ne suffisait pas pour que la sauce prenne. Sur les conseils de Walkers convaincus, j’ai donc repris la série du début, bien concentrée. Résultat des courses : j’ai enchaîné quatre saisons (voire même six, si on considère qu’ayant recruté Chéri en route, j’ai vu deux fois les deux premières) et je suis désormais complètement mordue (ah ah !). Il ne faut pas le dire mais ces dernières semaines, j’étais bien plus impatiente de retrouver Rick Grimes et sa bande que les frères Winchesters de Supernatural. Shame on me !

The Walking Dead, adaptation d’un comic

walking dead bd
Pour ceux qui ne la connaissent pas, The Walking Dead est inspirée de la BD éponyme et se déroule dans un monde envahi d’humains transformés en zombies suite à une épidémie d’origine inconnue. Après plusieurs mois de coma, le shérif adjoint Rick Grimes se réveille et découvre avec stupéfaction (et horreur) ce nouveau monde de cauchemar. En tentant de retrouver sa femme et son fils, il croise la route d’autres survivants et ce sont leurs efforts pour survivre que l’on suit au fil des saisons.

Passer du format film au format série sur ce sujet était audacieux, parce qu’on pouvait croire que les zombies avaient déjà tout dit au cinéma. Même si la série n’invente rien (j’ai vu récemment ‘La nuit des morts vivants‘ de George Romero et je me suis rendu compte que tout était déjà là), le pari est malgré tout plus que réussi. Visuellement déjà, en particulier dans la première saison, la série n’a rien à envier à ses collègues des salles obscures : les visions de routes abandonnées, ou encore celles de la ville d’Atlanta envahie de zombies, sont saisissantes. De plus, l’ambiance est angoissante à souhait, et les zombies font vraiment bonne figure (pour des zombies, j’entends). Enfin, le format série trouve tout son sens dans le développement d’intrigues plus poussées et l’approfondissement du caractère des personnages.

Des personnages terriblement malmenés, complexes pour certains, et régulièrement mis face à des choix cornéliens. Au-delà du phénomène zombie en lui-même, qui n’est au fond que la trame de base, les questions soulevées par la série sont passionnantes : dans un monde post-apocalyptique où la menace est permanente et où la survie prime, où se place la frontière entre le bien et le mal ? Comment garder son humanité ? Ne finit-on pas par oublier qui on est (comme le demande Carl Grimes à son père : ‘Who are we ?’) ? Et nous, que ferions-nous ? Et qui serions-nous ?

Des personnages complexes tout en contradiction

Rick Daryl The Walking Dead

Rick et Daryl

Le shérif Rick Grimes, personnage autour duquel est centré la série, est à lui seul l’incarnation de toutes ces interrogations. Représentant de l’ordre et des règles dans l’ancien monde, il se retrouve meneur d’un groupe de survivants dans un nouveau monde qui n’en a plus. Il navigue ainsi entre sa propre morale et des choix inacceptables mais pourtant ‘à faire’.

Ainsi, Rick n’est pas le leader auquel on s’attend, ce n’est pas un héros. Il a des faiblesses, il fait des choix en apparence bons, mais aux conséquences parfois désastreuses. Il sombre quand la douleur est trop forte, il est même transparent, voire absent, à certains moments de la série. Mais à force de choix impossibles, de pertes de proches, d’alternance de calme apparent et de chaos, un Rick sauvage, déterminé et véritablement surprenant surgit en cette fin de saison 4. Un Rick qui n’a plus rien à voir avec le boy scout de la saison 1. Et c’est tant mieux, car cela augure le meilleur pour la prochaine saison. Le Terminus n’a qu’à bien se tenir.

Hormis Rick, qui est – vous l’aurez deviné – mon personnage préféré, la série regorge de personnages tout aussi intéressants : Daryl, l’archer mutique avec son arbalète et sa Harley, qui se révèle de plus en plus attachant et profond au fil des saisons, alors même que le personnage n’existe pas dans la BD. Carol, la femme brimée par son mari qui s’avère être beaucoup plus complexe, ambiguë et forte qu’elle-même ne l’aurait cru. Michonne, la guerrière au sabre, sombre et pourtant si humaine. Glenn et Maggie, le petit couple glamour, mais néanmoins musclé et efficace, de la série. Pour les principaux.

Des intrigues au cordeau malgré un rythme parfois très lent et une écriture approximative

Walking-Dead-Daryl-and-Beth

Beth et Daryl

The Walking Dead n’est pas une série palpitante à proprement parler. Le rythme est plutôt lent, les intrigues très centrées sur les personnages (auquel il est peu conseillé de s’attacher trop car les morts sont légion) et assez peu sur l’action. Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce rythme lent et faussement nonchalant est surtout prétexte à la mise en exergue de scènes puissantes et émotionnelles, comme la scène de la grange à la moitié de la deuxième saison, ou de scènes fulgurantes (et stressantes) d’attaques de zombies, où l’on tremble en se demandant qui sera le prochain.

En termes d’écriture, même si la série est très addictive et diablement efficace, on est loin de la précision d’un Breaking Bad par exemple, où quasiment aucun détail n’était laissé au hasard. Régulièrement, certaines scènes ‘WTF’ m’ont à plusieurs reprises fait lever les yeux au ciel. La succession de showrunners différents sur les quatre saisons n’y est certainement pas pour rien. Pourtant ça fonctionne, parce que la série, qui est probablement la meilleure du genre en ce moment, sait toujours se montrer audacieuse au moment où il le faut pour faire replonger le spectateur.

Après une première moitié de saison 4 aux allures de pétard mouillé, faisant suite à une saison 3 très musclée, plus violente que les précédentes mais moins profonde, les scénaristes ont su retrouver dans la seconde moitié ce qui faisait l’attrait initial de la série : la peur viscérale, les impératifs de la survie, les questions existentielles, ainsi que des scènes intimistes réussies et émouvantes (entre Beth et Daryl ou Carol et Tyreese), pour enfin terminer sur trois épisodes (surtout les 14 et 16) très culottés, presque choquants, qui m’ont rappelé pourquoi j’aime cette série (et les histoires de zombies).


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