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Prêt d’Union : le crédit sans les banques

Publié le 03 avril 2014 par Diateino

J’ai récemment évoqué l’intervention d’Olivier Aizac au Ouishare Talk du 11 mars. A cette occasion, le co-fondateur du Bon Coin présenta Geoffroy Egly et Charles Guigou, co-fondateurs du site Prêt d’Union, dans lequel Schibsted Growth a injecté 10 millions d’euros fin 2013.

Prêt d’Union : le crédit sans les banques

Gros investisseur resté proche de la culture start-up, Schibsted Growth cultive une « stratégie coopérationnelle ». En d’autres termes, sa logique est que les projets ont besoin de financement mais aussi de savoir-faire. Aussi, Le Bon Coin se retrouve à jouer auprès de startups plus jeunes une sorte de rôle de « grand frère » – c’est le cas pour Prêt d’Union, mais aussi vis-à-vis de Mister Drive (un comparateur de supermarchés), dernier investissement du groupe suédois.

Lancée fin 2011, Prêt d’Union est la première plateforme de crédit entre particuliers agréée par la Banque de France. Son activité correspond à un sous-secteur du crowdfunding : permettre à tout un chacun de solliciter d’autres internautes pour des prêts à l’équipement, typiquement pour l’achat d’une voiture ou le financement de travaux. Au total, ce sont 11 millions d’euros en 2012 et 44 millions en 2013 qui ont été financés.

Deux limites ont été posées : un même créancier ne peut pas prêter à 5 ou 10 personnes, mais les prêts ne se font pas non plus en « one on one » – en ce sens, le mode de fonctionnement rejoint celui de plateformes de microcrédit comme Babyloan, où chacun prête pour un projet particulier, mais où les fonds sont néanmoins mis en commun. D’ailleurs, beaucoup d’utilisateurs de Prêt d’Union sont aussi clients de Babyloan, autre création française.

Prêt d’Union : le crédit sans les banques

La culture française se prêterait-elle particulièrement bien à la consommation collaborative ? Tout invite à le croire. Pour les co-fondateurs de Prêt d’Union, la culture française permettrait un développement rapide de ce type d’activités, car elle allie un fort besoin de proximité et l’habitude de bousculer les modèles établis. Dans les services financiers, les grands mutualistes sont d’ailleurs une spécificité française (et américaine). Les français aiment les circuits courts.

Mais peut-on vraiment faire du collaboratif dans les services financiers ? Pour répondre à l’attente affective, au besoin de proximité qui a présidé au choix du nom de la plateforme, Prêt d’Union fait en sorte de donner aux emprunteurs une notion d’où vient l’argent ; même s’il n’y a pas de contact direct, chacun peut se faire une idée du profil des contreparties (localisation, …).

A la question de savoir si les acteurs de la consommation collaborative doivent être des alternatives au modèle dominant ou le remplacer, Prêt d’Union répond par une belle ambition : faire changer la façon de faire de l’ensemble des acteurs du marché. Pour demain ?


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