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Insécurité ou sentiment d’insécurité : où est la vérité?

Par Citoyenhmida

Depuis quelques temps, un sujet accapare l’attention de nos concitoyen(ne)s : il s’agit de l’insécurité qui semble régner en maître sur l’ensemble de vos villes.

On ne parle plus que de vols avec violences, de viols parfois collectifs, d’agressions à l’arme blanche, de bandes organisées armées, de hordes de jeunes qui saccagent les stades et leurs alentours,  de profanations de tombes à des fins de sorcellerie, de rapts d’enfants et même d’adultes, de hold-up plus ou moins sophistiqués, et que sais-je encore!

On n’hésite pas à parler de drogue et de drogués, à tout bout de champ et à toutes les occasions.

Il ne se passe pas de  jour sans que les quotidiens nationaux, notamment les publications arabophones,  ne fassent pas état de ce genre de faits divers, cherchant la surenchère par la publication de photographies plus insupportables les unes que les autres, au sujet de la source desquelles on devrait se poser de sérieuses questions!

Certains sites électroniques d’information contribuent largement à la diffusion de ces informations.

Le Maroc serait-il donc devenu le terreau de la délinquance la plus débridée?

Les marocains auraient-il basculé dans la folle spirale de la violence, telle que certains pays ont pu la connaitre!

Casablanca notamment aurait-elle intégré le top 50 des villes plus dangereuses du monde, celles où le nombre de meurtres par 100.000 habitants varie de 30 (Barranquilla en Colombie et à Durban en Afrique du Sud) à 170 (San Pedro Sula  au Honduras) en passant par   56 (New Orléans aux USA) et 119 (Caracas au Venezuela).

La plupart des classements relatifs au sujet ne citent  pas le Maroc parmi les contrées les plus dangereuses de la planète, ni parmi les plus criminogènes.

Non, il faut bien le reconnaitre!

Ceci dit, Casablanca ne figure pas non plus dans les divers classements des “50 villes les plus sûres du monde” !

Alors qu’en est-il exactement? Voilà la vraie question qu’il faut  poser, sans subjectivité et sans a-priori. En effet, il faudrait savoir de quoi on parle, ce que l’on craint et ce que l’on veut éviter!

Il faudrait pour cela disposer de statistiques fiables!

Des statistiques basées sur des faits réels, concrets, mesurables, dont on peut évaluer l’importance et comparer l’évolution dans le temps.

Il serait intéressant que le public soit  informé, mois après mois dans un délai relativement raisonnable, des chiffres concernant les différents crimes et délits recensés par les service de police  concernant par exemple  :

  • les atteintes aux biens, tels  les vols, les extorsions, les escroqueries.
  • les atteintes aux personnes , comme  les homicides, les agressions sexuelles, les violences volontaires ou involontaires, la mise en danger de la vie d’autrui.

Il serait encore plus intéressant de connaitre le taux d’élucidation de ce genre d’affaires par les services de police.

Une communication de ce genre contribuerait grandement à rétablir la confiance de la population dans les services de police et à atténuer le sentiment d’insécurité.

Il faudrait également et surtout des statistiques – sûres, fiables, mises à jour régulièrement – relatives aux suites données aux différentes plaintes recueillies par la police ou aux faits délictueux relevés par les services de la sureté nationale.

Le citoyen devrait savoir avec précision ce qu’il advient des auteurs présumés des actes touchant à la personne et aux biens.

La confiance reviendrait vite quand le citoyen saura que les condamnations ont été prononcées, que les peines ont été exécutées, que les amendes ont été récupérées, bref que la justice est passée.

Pour cela, il faudrait la combinaison de plusieurs éléments touchant chacun les différents acteurs de la vie sociale :

  • le citoyen doit avoir confiance dans sa police, sa justice et dans les institutions du pays en général : il doit déclarer toutes les violations du droit dont il est victime. Il doit le faire devant les services administratifs, policiers ou judiciaires compétents. Si sa plainte n’est pas entendue ou prise en compte, il peut recourir aux associations de défense des droits du citoyen!
  • la police doit être en mesure de répondre à cette confiance, en améliorant l’accueil du citoyen, en évitant les bavures, en prenant en considération toutes les plaintes, comme celles des femmes battues, les dérapages et les interventions inappropriées. Rien n’est plus désespérant pour la confiance en la police que de constater que le “19″ ne répond pas, que la police ne se déplace pas ou le fait avec des retards incompréhensibles, que de voir les agents de police harceler une catégorie de citoyens, notamment les jeunes couples, alors qu’elle reste passive face à certaines autres catégories. La police ne doit pas se cacher derrière le respect des droits de l’homme pour se refugier dans  un  laxisme injustifiable .
  • la justice doit conforter la confiance que le citoyen est appelé à manifester envers l’action de la police : les condamnations doivent être rapides, justes et dissuasives. L’application des peines ne doit souffrir aucune exception, sauf celles prévues par la loi.

Vous direz que cela relève de la Cité idéale! Mais ce n’est que si ces trois acteurs jouent chacun le rôle qui lui est dévolu dans la société que le pays pourra vivre de la paix et la sécurité.

L’insécurité n’est pas une fatalité et le sentiment d’insécurité peut être combattu!


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