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Européennes 2014 : les centristes en listes

Publié le 04 avril 2014 par Sylvainrakotoarison

Les centristes du MoDem et de l'UDI lancent leurs listes aux européennes le 7 avril 2014 à Paris 19e et le 10 avril 2014 à Bordeaux : « L’horizon européen est le seul choix de souveraineté. ».
Jean Arthuis : « L’Europe est la dernière chance pour la France ! ».

yartiLesEuropens2014A05Après les élections municipales, les partis préparent les élections européennes. Ces élections désigneront, en France, 74 députés européens le 25 mai 2014 (à l’enjeu nouveau, celui du choix du prochain Président de la Commission Européenne). La plupart des candidats ont déjà été choisis et investis.

Le mode de scrutin des élections européennes n’ayant pas été réformé (à part l’augmentation de deux sièges pour la région Île-de-France à la suite de la ratification du Traité de Lisbonne, qui passe de 13 à 15 sièges, parallèlement à l’augmentation du corps électoral de cette région des 1,6 millions de Français de l’étranger), chaque député sera issu d’une liste dans huit grandes régions : l’Île-de-France (15 sièges), le Sud-Est (13), le Sud-Ouest (10), le Nord-Ouest (10), l’Est (9), l’Ouest (9), le Massif central-Centre (5) et l’Outremer (3). Pour avoir des élus, il faudra avoir au moins 5%, et la répartition se fait ensuite à la proportionnelle à la plus forte moyenne.

J’ai porté une attention toute particulière aux listes de "L’Alternative" appelées "Les Européens". Sur la forme, je regrette les deux appellations ("L’Alternative" ne définit pas une option mais un choix entre deux options, et "Les Européens" est un terme trop générique qui détourne son sens originel vers un sens trop catégoriel) mais elles correspondent sans doute aux seules formations, en France, qui défendent pleinement, sans hésitation démagogique, la construction européenne.

Je rappelle que "L’Alternative" est un logo qui rassemble, de façon informelle mais réelle, les deux partis centristes qui s’étaient retrouvés le 5 novembre 2013 à Paris : l’Union des démocrates et indépendants (UDI) de Jean-Louis Borloo et le MoDem de François Bayrou. Le lancement de la campagne européenne des centristes aurait dû intervenir le 9 février 2014 à Aubervilliers mais l’hospitalisation d’urgence de Jean-Louis Borloo le 27 janvier 2014 en raison d'une pneumonie aiguë l’a reporté au lundi 7 avril 2014 à Paris 19e et au jeudi 10 avril 2014 à Bordeaux, la ville d'Alain Juppé.
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Le nouveau président du PPE (Parti populaire européen qui rassemble les partis de centre droit en Europe) Joseph Daul, député européen français sortant (UMP), s’était d’ailleurs félicité le 5 novembre 2013 de cette réunion du centre entre l’UDI et le MoDem : « Un rassemblement des partis centristes est une bonne nouvelle pour faire vivre le débat démocratique à l’heure de la montée des populismes et de l’euroscepticisme. » et il émettait ainsi le souhait que les députés centristes qui seraient élus en 2014 rejoignent le groupe du PPE (que Joseph Daul préside encore pour quelques semaines) afin de le renforcer face au groupe des socialistes européens.

À l’origine, les centristes français étaient membres du PPE au contraire du RPR, mais en 2002, François Bayrou a fait quitter l’UDF du PPE lors de la création de l’UMP, qui, de son côté, avait intégré le PPE, jugé devenu trop à droite, et avait rejoint les démocrates et libéraux européens (ADLE). Toutefois, contrairement aux espoirs de Joseph Daul, il y aurait plus de chance pour que les députés centristes élus en 2014 restent au groupe de l’ADLE pour soutenir la candidature de Guy Verhoftstadt à la Présidence de la Commission Européenne. Jusqu’à maintenant, les députés européens UDI élus en 2009 (sur des listes UMP) étaient inscrits au groupe PPE et ceux du MoDem à l’ADLE.

Voici donc un petit tour de France (métropolitaine) des premiers candidats de ces listes "Les Européens" qui ont été rendus publics le 6 mars 2014 ainsi que leurs principaux concurrents.

J’ai indiqué, pour simple information, le pourcentage de suffrages qu’il faudrait pour qu’une liste obtienne au moins un siège. Cela reprend essentiellement les résultats du 7 juin 2009 mais dépend surtout du nombre de suffrages portés sur les listes ayant obtenu plus de 5% des voix. En d’autres termes, plus il y a une déperdition des voix sur des listes qui auront moins de 5% moins haute sera la barre pour obtenir des élus des listes ayant obtenu plus de 5%. Concernant les listes concurrentes, celles du Front de gauche ne sont pas encore finalisées (à ma connaissance) et leur indication est donc sous réserve de confirmation.

Comme dans chaque parti, la composition des listes n’a pas été facile. Il fallait équilibrer entre UDI et MoDem, entre sortants et renouvellement, entre homme et femme (la loi oblige la parité), en sachant que chaque liste ne peut tabler que sur un ou deux candidats susceptibles d’être élus (voire trois dans certaines grandes circonscriptions).

Le point le plus délicat a été le choix de la tête de liste en Île-de-France entre Marielle de Sarnez, députée sortante qui a beaucoup travaillé les dossiers européens à Strasbourg et proche de François Bayrou, et Rama Yade, ancienne ministre et conseillère régionale. En raison de la parité, celle qui n’a pas été choisie aurait été reléguée en troisième place si elle était restée sur la liste.

L’Île-de-France (15 sièges)

Pour avoir au moins un élu, il faudrait environ 5,5%.

La liste centriste est composée de :

1. Marielle de Sarnez, députée européenne sortante MoDem. Membre de deux commissions au Parlement Européen (affaires étrangères et commerce international), elle est spécialiste des échanges entre l’Europe et la Chine, de la protection des mineurs sur Internet et d’Erasmus.
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2. Jean-Marie Cavada, député européen sortant issu des listes UMP-NC et président du Mouvement européen pour la France. Journaliste et ancien président de Radio France, il a présidé la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures au Parlement Européen.

3. Chantal Jouanno, sénatrice UDI de Paris et ancienne ministre. Championne de karaté, elle est spécialiste de l’environnement et des sports.

Parmi les listes concurrentes, il y a une liste menée par Corinne Lepage, députée européenne sortante, celle d’EELV menée par Pascal Durand et Eva Joly, députée européenne sortante, celle du Front de gauche menée par Patrick Le Hyaric, député européen sortant, et (peut-être) Clémentine Autain, celle de Debout la République (mouvement de Nicolas Dupont-Aignan) menée par le journaliste Dominique Jamet, celle du PS menée par Harlem Désir, député européen sortant, et Pervenche Berès, députée européenne sortante, celle de l’UMP menée par Alain Lamassoure, député européen sortant et ancien ministre, et Rachida Dati, députée européenne sortante et ancienne ministre, une liste menée par Christine Boutin, ancienne ministre, et une liste menée par François Asselineau, ancien collaborateur de Charles Pasqua.

Le Sud-Est (13 sièges)

Pour avoir au moins un élu, il faudrait environ 6%.

La liste centriste est composée de :

1. Sylvie Goulard, députée européenne sortante MoDem. Ancienne présidente du Mouvement européen en France et ancienne conseillère de Romano Prodi, elle est spécialiste de la gouvernance dans la zone euro et de l’extrême pauvreté en Europe.

2. Thierry Cornillet, ancien député européen et maire de Montélimar, UDI. Spécialiste de l’action humanitaire en Europe, il fut l’un des rédacteurs de la Chartre des droits fondamentaux de l’Union Européenne.

3. Élodie Humeau, secrétaire générale du réseau des Maisons de la francophonie. Adjointe UDI à un maire d’arrondissement à Lyon, elle a été assistante parlementaire au Parlement Européen.

Parmi les listes concurrentes, il y a la liste d’EELV menée par Michèle Rivasi, députée européenne sortante, la liste du FN menée par Jean-Marie Le Pen, député européen sortant et conseiller régional, Marie-Christine Arnautu, Bruno Gollnisch, député européen sortant et conseiller régional, et Mireille d’Ornano, conseillère régionale, celle du PS menée par Vincent Peillon, ministre, et celle de l’UMP menée par Renaud Muselier, ancien ministre, et Françoise Grossetête, députée européenne sortante.

Le Sud-Ouest (10 sièges)

Pour avoir au moins un élu, il faudrait environ 8%.

La liste centriste est composée de :

1. Robert Rochefort, député européen sortant MoDem et ancien directeur du Credoc. Spécialiste du marché intérieur et de la protection des consommateurs, il a une grand connaissance des PME en Europe.

2. Muriel Boulmier. Implantée UDI à Agen, elle est spécialiste de l’adaptation de l’habitat face au défi de l’évolution démographique.

3. Jean Iglesis, avocat UDI et ancien rugbyman. Conseillant notamment le comité européen d’entreprise d’Airbus, il est spécialiste de la participation et de l’intéressement des salariés.

Parmi les listes concurrentes, il y a une liste menée par Marie-Jeanne Husset, ancienne directrice du magazine "60 millions de consommateurs", celle du Front de gauche menée par Jean-Luc Mélenchon, député européen et ancien ministre, celle d’EELV menée par José Bové, député européen sortant, celle du FN menée par Louis Aliot, celle du PS menée par Virginie Rozière (PRG), celle de l’UMP menée par Michèle Alliot-Marie, ancien ministre, ainsi qu’une liste menée par un ancien député européen FN, Jean-Claude Martinez.

Le Nord-Ouest (10 sièges)

Pour avoir au moins un élu, il faudrait environ 7%.

La liste centriste est composée de :

1. Dominique Riquet, député européen sortant issu des listes UMP-NC. Chirurgien et ancien maire de Valenciennes, il est spécialiste du mécanisme de financement des infrastructures et du fonds européen d’ajustement à la mondialisation.

2. Carole Ulmer, directrice du think tank "Confrontations Europe". Elle est spécialiste du marché intérieur, des affaires sociales et du budget européen.

3. Jean-Christophe Loric, conseiller général MoDem de la Somme. Chef d’entreprise, il est spécialiste de l’innovation et de la culture d’entreprise.

Parmi les listes concurrentes, il y a la liste du FN menée par Marine Le Pen, députée européenne sortante et conseillère régionale, celle de l’UMP menée par Jérôme Lavrilleux, conseiller général de Saint-Quentin et proche de Jean-François Copé, et Tokia Saïfi, députée européenne sortante et ancienne ministre, et celle du PS menée par Gilles Pargneaux, député européen sortant et adjoint au maire de Lille.

L’Est (9 sièges)

Pour avoir au moins un élu, il faudrait environ 7,5%.

La liste centriste est composée de :

1. Nathalie Griesbeck, députée sortante du MoDem et conseillère générale de Metz. Maître de conférence en droit public, colonel de réserve, elle est spécialiste de la protection des mineurs. Elle était en deuxième place (déjà sortante) en 2009 sur la liste menée le journaliste Jean-François Kahn.

2. Quentin Dickinson, journaliste et correspondant permanent de Radio France à Bruxelles. Il fait partie de ces personnes qui cherchent à sensibiliser les responsables économiques et sociaux nationaux du rôle essentiel des institutions européennes.

3. Michèle Striffler, députée européenne sortante issue des listes UMP-NC. Conseillère municipale de Mulhouse chargée des affaires européennes, elle est spécialiste de l’aide humanitaire.

Parmi les listes concurrentes, il y a la liste du FN menée par Florian Philippot, la liste du PS menée par Édouard Martin, syndicaliste CDFT à Florange, et Catherine Trautmann, députée européenne sortante et ancienne ministre, celle du Front de gauche qui pourrait être menée par Liêm Hoang-Ngoc, député européen PS sortant qui n'avait pas été reconduit sur les listes du PS malgré sa présence très active au Parlement Européen, et celle de l’UMP menée par Nadine Morano, conseillère régionale et ancienne ministre, et Arnaud Danjean, député européen sortant.

L’Ouest (9 sièges)

Pour avoir au moins un élu, il faudrait environ 8,5%.

La liste centriste est composée de :

1. Jean Arthuis, sénateur UDI de la Mayenne et ancien Ministre de l’Économie et des Finances lors de la préparation à la monnaie unique. Sa présence en tête de liste est un signe assez fort de changement d’état d’esprit.
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Selon Jean Arthuis, le pouvoir politique doit s’établir au niveau européen pour qu’il soit efficace, d’où son engagement dans ces élections alors qu’il est sénateur depuis …1983 : « J’ai trouvé [au Sénat] des conditions de travail optimales pour légiférer sereinement et exercer sans complaisance à l’égard des gouvernements successifs nos prérogatives d’évaluation des politiques publiques et de contrôle des administrations. J’avoue que l’inertie face aux réformes nécessaires et la résignation devant les déficits et l’endettement publics, l’aveuglement vis-à-vis des défis de la mondialisation m’ont souvent révolté. Au surplus, depuis septembre 2011, le Sénat est entré dans la léthargie, clonant maladroitement les joutes rituelles et stériles du fait majoritaire alors que notre pays se marginalise et s’enfonce dans le chômage. Bref, j’ai acquis la conviction que le pouvoir, la souveraineté, exercés à l’échelon national, deviennent illusoires. À l’heure de la mondialisation, seule l’Europe nous donne les moyens de la puissance et de la confiance. (…) Je milite pour une Europe des citoyens, moins distante et technocratique, moins tatillonne et normative, apte à réconcilier les consommateurs et les producteurs. Si je souhaite m’investir au Parlement Européen, c’est parce que je crois que l’Europe est la dernière chance pour la France ! » (7 mars 2014).

2. Laurence Maillart-Méhaignerie, chef d’entreprise rennaise, UDI. Ancienne responsable des affaires européennes au conseil régional de Bretagne, elle est aussi la fille d’un grand élu et ancien ministre breton.

3. Stephen Boucher, directeur à la Fondation européenne du climat, UDI. Il a conseillé le gouvernement belge pour les affaires européennes et a enseigné à Science Po.

Parmi les listes concurrentes, il y a la liste d’EELV menée par Yannick Jadot, député européen sortant, la liste du PS menée par Isabelle Thomas, députée européenne sortante, et Emmanuel Maurel, conseiller régional (d’Île-de-France !), et celle de l’UMP menée par Alain Cadec, député européen sortant.

Le Massif central-Centre (5 sièges)

Pour avoir au moins un élu, il faudrait environ 13%.

La liste centriste est composée de :

1. Sophie Auconie, députée européenne sortante issue des listes UMP-NC. Conseillère municipale de Tours, elle est spécialiste de la sécurité alimentaire et gouverneur au Conseil mondial de l’eau.

2. Hervé Prononce, agriculture et maire UDI de Le Cendre (Puy-de-Dôme).

3. Nadine Rivet, conseillère municipale MoDem de Limoges. Elle est responsable du fonds européen pour les entreprises dans le Limousin.

Parmi les listes concurrentes, il y a la liste du PS menée par Jean-Paul Denanot, président du conseil régional du Limousin, et celle de l’UMP menée par Brice Hortefeux, député européen sortant et ancien ministre.

L’horizon européen est le seul choix de souveraineté

Face aux nombreux discours qui réclament l’isolement de la France, le message de ces listes favorables à la construction européenne est devenu à la fois rare et original.

Leur profession de foi est d’ailleurs très combative : « Engagés dans le combat européen, nous savons toutes les difficultés que l’Europe traverse et que vivent nos concitoyens. Cependant, pour nous "Les Européens", l’Europe est une chance. C’est un modèle de civilisation unique au monde, une opportunité de mieux-être social sans pareil, et un espace précieux de paix et de liberté. » et elle conclut sur l’essentiel : « "Les Européens" sont les seuls à incarner, sans ambiguïté et dans la clarté, le destin européen de la France, car pour nous, l’horizon européen est le seul choix de souveraineté. ».
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Jean Arthuis, qui sera l’un des principaux acteurs de cette campagne, insiste également sur ce point de la souveraineté : « Au moment où les chantres de l’euroscepticisme, voire de l’europhobie, donnent de la voix, il est de notre devoir de nous engager avec force dans le débat. Bouc émissaire commode de nos déconvenues, l’Europe dysfonctionne du fait de nos chefs d’État ou de gouvernement. Abandonner l’euro conduirait au chaos économique et social. Qu’il s’agisse de création d’emplois, notamment pour les jeunes, de sécurité et de diplomatie, de contrôle des flux migratoires, de lutte contre la fraude et les paradis fiscaux, de transition énergétique, de gouvernance des océans, de régulation de la finance, de protection de nos intérêts vitaux, de lutte contre la grande criminalité, de politique monétaire au service du dynamisme économique et du progrès social ou d’aide au développement, la France ne peut agir seule. L’Union Européenne a besoin d’intégration politique. Son pilotage nécessite une évolution de ses institutions pour renforcer leur légitimité démocratique. ».

Car ce sera bien la mission ambitieuse de tous ces candidats : convaincre les Français que sans dimension européenne, la France n’est plus en capacité de faire entendre sa voix dans un monde globalisé et rassemblé en de grands ensembles humains comme les États-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, etc. La voix de la France ne pourra se faire entendre qu’en passant par l’Europe.

C’est un constat réaliste, et surtout, constructif, tourné vers l’avenir, qui sort des réflexes nostalgiques et des regrets d’une France qui serait, seule, le phare du monde mais qui, si elle l’a jamais été, ne l’est assurément plus aujourd’hui.

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (4 avril 2014)
http://www.rakotoarison.eu

Pour aller plus loin :
LesEuropeens.eu
Listes centristes de L’Alternative aux européennes 2014 (à télécharger).
Innovation européenne.
L’Alternative.
La famille centriste.
Guy Verhofstadt.
Le budget européen 2014-2020.
Euroscepticisme.
Le syndrome anti-européen.
Pas de nouveau mode de scrutin aux élections européennes, dommage.
L’Europe des Vingt-huit.
La construction européenne.
L’Union Européenne, c’est la paix.
yartiLesEuropens2014A08


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