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Critique Ciné : Eastern Boys, tendre thriller

Publié le 04 avril 2014 par Delromainzika @cabreakingnews

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Eastern Boys // De Robin Campillo. Avec Olivier Rabourdin, Kirill Emelyanov et Danil Vorobyev.


Le cinéma LGBT français vient de nous offrir ici une petite perle, tout cela grâce au talent de Robin Campillo, réalisateur du film Les Revenants (oui, celui qui a inspiré la série de Canal +). Je crois que je n’avais pas été séduit par un film du genre depuis Complices. L’histoire qui lie Daniel à Marek est absolument hypnotique et ce dès la rencontre entre les deux hommes. Durant toute la première partie du film on est plongé dans l’appartement de Daniel, sans jamais en sortir. C’est un moyen intelligent de nous permettre de nous immiscer dans la vie de ces deux personnages. Je ne m’attendais pas du tout à voir un aussi beau film et puis finalement j’ai été à la fois bouleversé et choqué par Eastern Boys. Le film nous raconte à la fois la misère des sans papiers (le fait qu’ils sont exploités par des « Boss » pour faire tout un tas de boulots contre leur volonté) mais aussi comment deux hommes qui n’avaient rien en commun vont réussir à entretenir un aussi belle histoire. C’est au début sexuel et payé mais Daniel va finalement se lier d’un amour paternel pour le garçon et va tenter de l’aider coûte que coûte.
Daniel aborde Marek dans une gare parisienne où ce dernier traine avec sa bande. Il lui propose de le retrouver chez lui le jour suivant. Mais lorsque Daniel ouvre la porte de son appartement le lendemain, il est loin d’imaginer le piège dans lequel il s’apprête à tomber et qui va bouleverser sa vie.
Robin Campillo met tout cela en scène de façon élégante, utilisant la simplicité afin de surprendre le spectateur. Comme je le disais plus haut, le réalisateur créé la rupture par le lieu. On a l’impression de vivre un vrai huis clos. C’est impressionnant et l’on est hypnotisé par le film. La mise en scène fait passer les jours avec une fluidité étonnante et l’évolution de la relation entre ces deux personnages est d’autant plus satisfaisante. Eastern Boys c’est bien plus qu’une histoire sur les sans papiers c’es aussi une histoire sur l’homosexualité (Olivier Rabourdin est d’ailleurs très bon dans ce rôle), la paternité (qui est à la fois vécue par Daniel mais aussi par le fameux « Boss »). Le regard que le réalisateur pose sur la société est cruel mais vrai et une fois vu le film glace vraiment le sang. En tout cas, même si Eastern Boys a de quoi dérangé, il ne travesti rien et tente justement de nous démontrer qu’il y a énormément de choses à raconter avec un postulat de départ pourtant si simple. Avec une ambiance maitrisée comme du papier à musique, on pourrait presque être devant l’une des révélations cinématographique de l’année (je dis presque car je n’ai pas encore vu tous les films de l’année).
La seconde partie de Eastern Boys ouvre les portes et commence à nous emmener ailleurs que cette relation tarifée. C’est tout de suite différent et beaucoup plus mignon et touchant. Daniel commence à voir Marek comme son fils et les liens qui se tissent sont tout de suite plus intéressants. Je ne m’attendais pas nécessairement à ce que la réflexion soit aussi poussée mais je dois avouer que le scénario est très soigné et installe en plus de la mise en scène, le climat à la fois psychologique des personnages (le malaise de Marek face au feu d'artifice) mais aussi social (la confrontation de deux univers, l’un bourgeois et l’autre miséreux). La fin du film est elle aussi sous tension. Il est impossible de décrocher jusqu’à la dernière seconde tant le tout est si bien fait. Surtout que Robin Campillo varie les tons dans sa mise en scène ce qui rend son film bien différent à chacune des étapes de l’histoire. C’est sans compter sur le talent du jeune Kirill Emelyanov qui pourrait déjà avoir droit au César du meilleur espoir masculin si cela ne tenait qu’à moi.
Note : 10/10. En bref, surprenant de maîtrise, ce drame social oscille entre les tons et délivre quelque chose d’aussi obsédant que fascinant.


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