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Régine desforges, la rousse rebelle

Publié le 05 avril 2014 par Fabianus

RÉGINE DESFORGES, LA ROUSSE REBELLEL'auteure de La Bicyclette Bleue vient de nous quitter, ce jeudi, à l’âge de 78 ans.
Régine Desforges, la rouquine indomptable, dans la vague contestataire de 1968, aura fait parler d’elle comme éditrice (sous le nom d’Irène) d’une nouvelle érotique de Louis Aragon, Le con d’Irène. Pied de nez à la censure qui lui rend bien !
Mais cette femme de gauche a des ressources ! Le cœur vissé dans la décolonisation et l’âme ouverte à la libération des peuples elle usera de sa plus belle plume pour écrire une fresque historique de 10 tomes « La bicyclette bleue ».
Pour écrire cette saga, elle avait rencontré, selon Le point, "des personnalités comme le général Giap, le vainqueur de Diên Biên Phu, ou les compagnons d'armes de Che Guevara. "Un jour, un ancien ministre de De Gaulle m'a dit : Pour une femme, vous ne dites pas de conneries sur la guerre", relatera-t-elle avec fierté !
A l'écran, l’héroïne cycliste, la rousse Léa, sera incarnée par Laetitia Casta. Les scènes sont mesurées mais autant que les démélés  judiciaires avec les héritiers de Margaret Mitchell, auteure d’ »autant en emporte le vent » qui ne parvinrent pas à convaincre la justice que la Française avait plagié l’Américaine !
Cette œuvre de longue haleine ne pourrait occulter la profusion de quelque 40 livres, certains très érotiques, et qui auront titillé les penseurs de son époque si soucieux du maintien des bonnes mœurs.
Repose en paix jolie rebelle ! 


Qui t’inspira La Rousse, est-ce un petit Robert Aux parfums érotiques en nos brumes d’hiver ? Qui t’inspira Régine dans tes flammes ardentes Au-delà des censeurs et des âmes pensantes ?
Un bleu de bicyclette aux mystérieux rayons Une chaîne rebelle aux maillons d’aiguillon Un mai soixante-huit dans ton cœur bien ancré Une plume étincelle pour des mots en brasier.
Qui t’inspira La Rousse dans tes publications ? Les grèves hissent un esprit supposé d’Aragon C’est déjà qu’on dit reine la beauté de ta prose Et s’aiguisent en querelle tes épines de rose !
Une empreinte de Sade en tes contes pervers Et déjà la morale bannit ton univers Sulfureuses effluves en justice blâmées Sur ton cou d’outre-mœurs  un collier de procès.
Qui t’inspira La Rousse que rien ne vînt blêmir ? Une colère sourde et le goût d’en finir De cette hypocrisie aux regards pudibonds Par des mots sur les maux d’un trop chaste horizon.


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