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polémique autour du porc dans les cantines scolaires : Marine Le Pen a des soucis avec la vérité, la laïcité et la démocratie !

Publié le 06 avril 2014 par Leunamme

Et c'est reparti pour un tour ! Les élections municipales à peine terminées, les onze maires FN à peine investis, Marine Le Pen nous ressort une bonne vieille diatribe islamophobe dont elle a le secret, histoire de bien lancer la campagne des européennes qui s'annonce. Histoire surtout de montrer que même si le FN veut gérer ses villes "en bon père de famille", comme elle le dit, elle n'oublie pas ses fondamentaux et donne des gages à son électorat pour lequel la haine de l'étranger, musulman si possible, est tout de même une constante, qu'on le veuille ou non.

C'est donc la sempiternelle polémique autour des repas sans porcs qui seraient servis dans certaines cantines scolaires que Marine Le Pen nous ressert de nouveau, agrémentée cette fois-ci de la légende des repas hallal que l'on imposerait aux enfants. Certes on peut s'interroger sur un leader d'un parti politique pesant presque 20 % de l'électorat, qui à un moment ou la France connaît une grave crise économique, sociale, morale et politique, fait de ce type de préoccupation sa priorité. Mais au fond pour Mme Le Pen, l'intérêt est que l'on parle de son parti, et il faut dire qu'avec la presse désastreuse que nous avons, ça marche à tous les coups. Tout le monde ou presque s'active pour relayer une polémique qui n'a pas lieu d'être, et personne ne traite la question sur le fond. C'est bien dommage parce que cela permettrait de mettre Mme Le Pen face à ses contradictions et de lui poser quelques petites questions gênantes sur sa façon de pratiquer la politique.

Commençons donc par l'origine du débat : selon Mme Le Pen il serait, dans certaines cantines, interdiction de servir des repas avec du porc. Ce n'est pas dit, mais le sous-entendu est claire : cela se ferait sous la pression des associations musulmanes, il est évident qu'ici ce ne sont pas les Juifs qui sont visés. Il y aurait même, parait-il, si l'on en croit les propos de Mr Ménard, des villes qui imposent des repas hall-al. Tout cela n'est que légende. Aucune ville ne sert des repas hall-al en France. De même, dans toutes les cantines scolaires, les jours où du porc est au menu, il est simplement proposé des menus de substitution aux enfants. Simple respect des convictions de chacun, ce qui semble un minimum dans un pays laïc, mais de cela j'en parle un peu plus loin. Bref, Mme Le Pen est donc une menteuse. Elle n'est malheureusement pas la seule en politique (n'est-ce pas mr Copé ?), mais quand on fait de la vérité son programme électoral, c'est embêtant.

Autre point de la polémique, la leader du parti d'extrême-droite veut sortir le religieux des écoles publiques, donc laïques. Sur ce point elle a raison, même si le propos peut surprendre de la part d'une personne dont les enfants ont été baptisés dans l'ultra intégriste église Saint-Nicolas du Chardonneret à Paris. Passons. Sauf quand l'occurrence, il n'y a absolument aucune intervention du religieux dans le domaine de l'école. Il s'agit juste de permettre à des enfants d'avoir des repas complets tout en respectant leurs pratiques religieuses ou celles de leurs parents. Il n'y a là aucune atteinte à la laïcité, au contraire, c'est le principe même de la laïcité qui est ainsi appliqué. C'est quoi être laïc aujourd'hui ? c'est permettre à chacun de vivre avec ses propres convictions religieuses ou politiques sans qu'elles ne soient imposées aux autres. C'est exactement ce qui se passe dans les cantines françaises. Or, la laïcité selon Mme Le Pen consiste essentiellement à stigmatiser une seule religion : l'Islam. Sous prétexte de laïcité, Marine Le Pen pratique l'islamophobie et seulement cela. Le plus ennuyeux dans tout cela, est qu'elle jette le trouble sur ce la notion de laïcité auprès d'une part importante de la population.

Enfin, et curieusement cela n'a été noté par personne, nous avons là un parti, le Front National, qui se dit démocratique, compatible avec la République, "dédiabolisé" selon certains, et dont la présidente imposent aux maires FN nouvellement élus ce qu'ils doivent faire dans leurs villes. Est-ce là vraiment une manière de faire très démocratique ? Que diraient les journalistes aux autres si Jean-Luc Mélenchon ou Pierre Laurent faisaient de même ? Imagine-t-on Harlem Désir ou Jean-François Copé imposer leurs visions aux élus de leur parti ? Certes, le premier on ne l'imgine pas faire grand chse, mais quand même. On voit bien là ce que serait la pratique du pouvoir selon Marine Le Pen si un jour elle y arrivait : un pouvoir autocratique donc bien peu démocratique.

En résumé, cette histoire de porc dans les cantines scolaires pourrait être un excellent instrument pour démontrer que le Front National n'est en rien "dédiabolisé", qu'il reste un parti dangereux, un parti d'extrême-droite. Malheureusement, il n'en sera rien, et cette histoire servira une fois de plus à mettre le Front National et ses idées au centre du débat politique.


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