Magazine Cinéma

[Interview] R.I.P. RECHERCHES INVESTIGATIONS PARANORMAL : l’interview cinéphile !

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Interview] R.I.P. RECHERCHES INVESTIGATIONS PARANORMAL : l’interview cinéphile !

Voilà de nombreuses années que l’équipe de R.I.P. Recherches Investigations Paranormal visite les lieux les plus hantés d’Europe. Tout d’abord dans le cadre d’une passion pour tout ce qui touche au monde des esprits, puis professionnellement, via la fameuse émission diffusée actuellement sur Planète + A&E et sur D17 (seulement les deux premières saisons pour le moment). L’équipe de R.I.P. compte dans ses rangs Nicolas, Anthony, Terry, Denis, Mariana et Davy. Chacun occupant une fonction bien spécifique permettant à l’émission de proposer non seulement une enquête répartie sur deux nuits, avec tout le matériel nécessaire, mais aussi de brosser à chaque fois un état des lieux du site, en établissant notamment un historique, et en récoltant de nombreux témoignages afin de saisir au mieux les légendes et les mythes qui entourent l’endroit.
C’est à l’occasion de la conclusion de la quatrième saison de R.I.P., qui a notamment emmené les enquêteurs de l’autre côté de la Manche pour une série de quatre investigations, que Nicolas et Anthony, les deux frangins à l’origine de l’émission, ont accepté de se confier. Deux frères passionnés par le paranormal donc, mais aussi furieusement cinéphiles.
Le prétexte était donc parfait pour inviter les deux « ghostbusters » à nous parler de leurs films préférés et ainsi dessiner un rapprochement entre leur activité et le cinéma d’épouvante. Une interview 100% garantie sans langue de bois…
Pour rappel, les deux derniers épisodes de R.I.P. seront diffusés ce mardi 8 avril en première partie de soirée sur Planète + A&E. La chaîne rediffuse régulièrement l’émission.

Vous m’aviez confié être de grands cinéphiles. Peut-on affirmer que c’est justement cet amour du cinéma qui a déclenché votre vocation en ce qui concerne les phénomènes paranormaux ?

Nico : Pas particulièrement. Cette passion est née d’abord d’une rencontre inattendue, ce que l’on nomme couramment une rencontre du premier type, en 1997 (apparition d’un objet sphérique qui se déplaçait de gauche à droite puis qui a disparu, sans un bruit, rien). Puis ensuite il faut être honnête, à l’époque, il y avait la série X-Files, et je me suis reconnu dans l’agent Fox Mulder. Il est bien évident que l’univers social dans lequel on grandit influence nos choix de carrière, même si mon père n’aurait jamais imaginé cela…ses fils chassent les fantômes !

Anthon : Je rejoins Nico là-dessus, cela n’a aucunement déclenché cette passion et cet attrait pour le paranormal. Ma curiosité et l’envie d’observation des phénomènes paranormaux me sont venues doucement ; lecture après lecture d’ouvrages, documentaires, nouvelles, articles de journaux ou tout autre chose qui a pu éveiller mon désir de comprendre les choses que nous ne comprenons pas dans le monde qui nous entoure. Après l’influence ou certains choix artistiques de l’émission peuvent avoir été influencé par notre « geekerie » avec les jeux vidéos, le cinéma ou les séries, oui.

Êtes-vous un inconditionnel amateur de cinéma fantastique ou êtes-vous tout aussi ouvert à d’autres genres complètement opposés ? 

Nico : Je suis devenu avec les années un grand cinéphile, je regarde en moyenne 7 à 10 films par semaine, principalement des films fantastiques, horreur mais aussi d’action. Mon genre de prédilection reste l’horreur. Il réveille chez moi une curiosité de réalisation, et on déniche souvent de très bons réals dans ce genre.

Anthon : Alors pour moi, la courbe s’est un petit peu inversée par rapport à Nico. Et je préfère préciser, que je ne suis cinéphile que du cinéma américain. Je n’ai jamais trouvé mon bonheur ailleurs, parfois dans le cinéma asiatique et français. À 11 ans, ma chambre était remplie d’affiches de cinéma, plafond compris (rires). Des chefs-d’œuvres qui ont fondé mon amour pour le cinéma : The Rock, Taxi Driver, Citizen Kane, Apocalypse Now, Les 7 Samouraïs, Philadelphia, Forrest Gump, Léon, Il était une fois dans l’Ouest, Les Affranchis, Fargo, Jurassic Park, Impitoyable, Sur la Route de Madison, Blade Runner, Aliens, Terminator…etc. Les premiers noms qui me reviennent quand je me revois dans mon lit avec mon grand cathodique et mon magnétoscope !

Nico-RIP

Nico

Quels sont vos films de chevet ?

Nico : Ah ce n’est pas facile, car il y en a beaucoup, mais comme ça, je vous en citerai cinq qui m’ont réellement marqué ! L’été de Kikujiro de Takeshi Kitano qui reste pour moi un poème magique et unique rempli de mélancolie, un film qui m’a vraiment touché. Dans un autre genre, je citerai La Maison des 1000 morts et The Devil’s Rejects qui représentent pour moi un vrai voyage au cœur de la folie, couleurs criardes, musique barrée, rien de tel pour réveiller les morts. Cloud Atlas est à mon sens un chef-d’œuvre contemporain. Ce genre de film que l’on ne voit pas assez, une merveille ! Puis pour terminer, je suis un fan inconditionnel des Rocky. Pas pour le côté boxe, mais pour l’esprit vrai drame social à l’américaine.

Anthon : J’ai la réputation de ne jamais faire bref. Mais là je vais essayer de faire plus court que mon frangin ! Rapidement sans réfléchir : Seven, Heat, Gladiator, Fight Club, Warrior, La Ligne Rouge, Forrest Gump et Les Infiltrés.

Anthon-RIP

Anthon

Que pensez-vous de l’évolution du genre horreur/fantastique/épouvante ? Êtes-vous plutôt old school, ou autrement dit, est-ce que vous considérez que tout a déjà été fait dans le style par les grands classiques ? 

Nico : J’aime les deux, objectivement il y a du très bon de chaque côté. Les productions Tom Savini comme Maniac, Vendredi 13, ou Le Jour des Morts-Vivants qui créaient un vrai malaise dans l’apparition des effluves de sang, ont quelque chose de vrai, d’unique et quelque part de magique dans leur création. J’aime ce côté malsain. C’est pour cela que l’on cherche constamment à se faire peur. Puis d’un autre coté, des films comme Insidious ou Conjuring, eux, n’ont pas besoin de cela, car la peur est placée différemment. Il y a vraiment du bon dans les deux clans… mais je ne suis pas Bayrou (rires) donc je vais vous dire old school !

Anthon : J’ai aimé l’évolution scénaristique, mais pas artistique du genre. Je trouve génial d’exploiter les pistes du sujet « Paranormal, Fantastique, Horreur » lorsque cela est lié à la réelle existence de faits inexpliqués comme le voyage dans le temps avec Insidious, ou plus généralement la hantise avec Rec, Paranormal Activity… Mais la julienne de légumes façon tartare qui explose l’écran, ca me fait plus marrer. Cela ne provoque pas mon admiration !

Pensez-vous que des films à succès en found footage, comme Paranormal Activity, ont ouvert la voie à des émissions comme R.I.P. ? 

Nico : Probablement, mais en France clairement non… Tout le monde s’en fout de cette thématique. Vous savez, nos réalisateurs, nos comédiens, nos artistes, se barrent car ils ont du mal à s’exprimer artistiquement parlant…désolé j’ai encore dérapé…Mais oui Blair Witch Project a définitivement ouvert à la création pour tous dans cette catégorie.

Anthon : En France les sujets de la « mort », ou de l’existence supposée sous toutes ses formes sont tabous, et je dirais même qu’ils sont stigmatisés par la culture populaire « ultra » cartésienne. R.I.P. a commencé à exister en 2006, et le sujet était déjà traité par des émissions comme TAPS ou Most Haunted à la télé. Puis au cinéma avec des Blair Witch ( bien plus vieux que Paranormal Activity). cela n’a ouvert la voie à rien du tout, sauf à l’hilarité du public ! Pourquoi ? Car cela a été une réelle intention de la part de certaines productions françaises… Ils étaient au courant à l’époque de la thématique, ils ont exploité le côté comique. Les émissions comme La Soirée de l’étrange ont définitivement tué l’œuf dans la coquille.

RIP-recherches-investigations-paranormal

Avez-vous vu les deux Grave Encounters, qui suivent justement une équipe d’enquêteurs en paranormal ? 

Nico : Non, pas encore mais c’est sur ma liste…

Anthon : Le premier. Que j’ai plutôt bien aimé à vrai dire. Je n’ai pas vu la suite.

Parmi ces films justement, qui prétendent se rapprocher le plus possible de faits prétendus vrais, quels sont ceux qui vous paraissent les plus réalistes ? 

Nico : Pour les avoir vraiment presque tous vu et revu, j’ai un faible pour La Prophétie des Ombres avec Richard Gere, qui est très proche d’éléments passés. Je vous conseille de le regarder ainsi que le DVD documentaire inclus dans l’édition DVD.

Anthon : Je ne vais pas me faire des amis, mais aucun. C’est justement ce nouveau cinéma qui fait « mal » à la crédibilité du sujet. À cause des ces films, beaucoup de gens s’imaginent que les fantômes sont maléfiques, qu’ils peuvent vous suivre, vous posséder, vous torturer…C’est grotesque. La fiction hollywoodienne est à l’opposé de la réalité, mais au moins, elle ne prétend pas avoir la volonté de la recréer. Le but est justement d’amplifier, de modifier, et d’accentuer toutes formes de réalité afin d’éveiller l’inconscient des téléspectateurs pour leur faire peur… Le cinéma est souvent là, et surtout dans ce domaine, pour donner des sensations fortes et des sueurs froides, sinon aucun intérêt pour le public de masse. Car si ils recréaient la réalité, je pense que beaucoup se feraient chier, car la réalité d’une enquête est basée sur la science d’observation, et c’est beaucoup moins sexy qu’un Paranormal Activity…C’est long, silencieux, et même fastidieux.

Que pensez-vous du cinéma fantastique français ? 

Nico : Compliqué à dire. J’aime le potentiel qu’il véhicule dans nos esprits. Des génies comme Aja ou Gens sont nés ici, mais la plupart du temps ils produisent à l’étranger, alors peut-on encore parler de cinéma français ?! Le CNC est une grosse machinerie de glands, ils ne prennent pas de risques et leur comportement incite les artistes à quitter notre pays, bref…un sujet épineux qui m’énerve !

Anthon : Les artistes, la créativité française est exemplaire en la matière, un peu comme le cinéma espagnol. On est au milieu d’un vrai vivier de talents ! Le problème ? Il est financier et politique. Financier car notre pays n’a ni les épaules, ni l’envie de promouvoir de nouvelles branches créatives en matière de cinéma, musique et jeux vidéos principalement. Politique, car jamais une fiction fantastique ou d’horreur ne se verra attribuée de subventions ou d’aide à la création. Le CNC ne fait les beaux yeux qu’aux drames sociaux, ou à des sujets de société. Résultat ? L’exode vers d’autres pays plus attractifs comme les USA.

RIP-recherches-investigations-paranormal-équipe

(de gauche à droite) Anthon, Nico, Mariana, Denis, Terry et Davy.

Êtes-vous de grands consommateurs de séries TV ? Et si oui, quels sont vos favorites ? 

Nico : Oui carrément, il y en a tellement ! Je suis un fan de la série LOST, mais aussi de True Detective entre autres.

Anthon : Pas vraiment. Je préfère le cinéma. Mais comme Nico, je suis un grand admirateur de LOST, de Game of Thrones, et dernièrement de House of Cards.

Un petit mot sur R.I.P. : 

Comment vous positionnez-vous face à la concurrence américaine (Ghost Adventures, Paranormal Files…), peut-être davantage tournée vers un sensationnel plus facile ? 

Nico : Les choses sont très différentes pour nous. Nous sommes encore artisanaux d’une certaine manière. Je dirais que nous sommes plus humains car nous montrons aussi nos erreurs.

Anthon : Je ne pourrai que conseiller de regarder notre podcast sur ce sujet sur notre chaîne YouTube. Mais en quelques mots, on est face à des mastodontes aux moyens colossaux. Une saison de R.I.P. en terme financier c’est deux épisodes de Ghost Adventures (rires). Ils sont plus dans le show, dynamique et sensationnel afin justement de recréer ce que j’évoquais plus haut : l’activation de nos peurs inconscientes. Et ils y arrivent à merveille ! Nous, on est plus proche d’un docu-action où nous ne cherchons pas à créer des situations, avec une écriture scriptée ( Made in US ). Nous essayons de faire vivre aux téléspectateurs ce que nous vivons, d’immerger les gens dans le réel d’une enquête. C’est donc plus mou, plus lent, plus explicatif. Plus Français quoi (rires).

Toutes vos enquêtes se retrouvent-elles à l’antenne ou faut-il parfois, par manque de « phénomènes » mettre au placard certaines d’entre-elles ? 

Nico : On met tout à l’antenne pour le moment, mais peut-être cela changera dans un avenir proche.

Anthon : Jusqu’à présent, tous nos épisodes ont été diffusés, même ceux où il ne se passe clairement rien : Château Gaillard, Donjon des Loches, Château de Houska, Phare de Calais etc. Je dis « rien » en terme d’action, ou de phénomènes paranormaux, car il y a en revanche toujours quelque chose dans R.I.P. : l’Histoire, les interviews et le patrimoine. Ce n’est malheureusement pas ce qui plait le plus puisque ces parties sont en général qualifiées de « rien » (rires).

RIP-recherches-investigations-paranormal-matériel

Vous êtes-vous déjà senti en danger lors de vos investigations et plus globalement, considérez-vous votre métier comme dangereux ? 

Nico : À l’époque quand cela n’était pas professionnel, je dirais que oui cela pouvait être dangereux car il n’y avait pas d’assurance, de repérages et autres. Maintenant les choses sont tout de même assez bien préparées, on limite la casse .Cependant, il faut garder à l’esprit que nous allons dans des lieux souvent délabrés et qu’il faut faire preuve de rigueur pour éviter la catastrophe.

Anthon : Les dangers sont en général, où ont souvent été dans nos enquêtes, des facteurs humains non maitrisés, comme les voleurs armés qui s’introduisent dans le parc dans l’épisode de la Villa di Corliano en saison 3. Mais non, ce n’est pas un métier dangereux si les règles de sureté selon la vétusté du lieu, sont respectées

Quels sont vos critères de sélection concernant les lieux de vos enquêtes ? 

Nico : Il y en a tellement, l’envie, l’histoire, le pays…

Anthon : Au-delà des désirs personnels de l’équipe entière. En général, ce sont toujours les critères de « faisabilité » qui l’emportent. Par exemple, je rêverais de faire l’île de Poveglia, ou les catacombes de Paris. La sécurité me l’empêche pour le premier, l’accord du directeur pour le second. Mais pour donner un ordre, nous compilons nos dossiers sûr : 1) le lieu et son dynamisme historique (sous entendu l’activité qui est censée s’y dérouler), 2) les témoignages et recroisements d’infos possibles sur place (si il n’y a personne pour témoigner ou corroborer les dires sur le lieu, c’est inutile), 3) la Légende 4) La partie financière selon le prix de la location du lieu…Car certains sont exorbitants !

Quels sont vos projets pour la suite ? Peut-être un passage sur le grand écran justement ? 

Nico : Je travaille depuis quelques temps sur un scénario pour un film de genre avec des personnes de renommé, probablement inspiré de mon parcours dans tous ces lieux mais vraiment loin de la thématique des chasseurs de fantômes. Personnellement, il y a déjà des films sur le sujet, je ne vois pas vraiment l’intérêt aujourd’hui de refaire quelque chose comme ça, même si avec Anthon on a toujours l’esprit ouvert.

Anthon : On a souvent pensé au grand écran, mais si déjà il existait une reconnaissance sur le petit écran on pourrait y penser sérieusement (rires). Nous sommes français, nous sommes une coproduction francaise, sur un groupe de télé français, et pourtant nous sommes de parfait inconnus pour le PAF français… Dur de s’imaginer viser le cinéma avec cette thématique vu la situation. Projet personnel en court, l’écriture d’un livre sur ma vie de chasseur de fantômes, et mon parcours dans tous ces lieux qui m’ont tant apporté et fait rêver.

Retrouvez R.I.P. sur internet :

Site officiel de R.I.P : ICI

Page Facebook : ICI

Chaîne YouTube : ICI

@ Propos recueillis par Gilles Rolland

RIP-recherches-investigations-paranormal-prison

Davy Fagard Denis Daubelcour épouvante esprits fantastique fantômes ghost horreur Mariana Perillon Nicolas Augusto paranormal Planète + A&E Planète No Limit R.I.P. Recherches Investigations Paranormal RIP Studio Lune Noire Terry Jean

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Onrembobine 51587 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines