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Le livre, objet de luxe

Publié le 06 avril 2014 par Christianpoulot

D’un côté il y a ceux qui affirment que le livre et l’écrit se portent bien (voir les succès de la série Harry Potter, Musso ou Levy par exemple), de l’autre côté, que le déclin observé des ventes ces dernières années est inéluctable et dû à la concurrence accrue du numérique.

Les publications axées mode, art et design, au regard de certains étals parisiens, semblent aller bon train, notamment au niveau des magazines. Dans cette catégorie de publication, les maquettes changent au rythme des saisons, les anciens titres ressuscitent, de nouveaux font leur apparition, des publications indépendantes éclosent… Le tout avec plus ou moins de réussite ou d’acuité, le pire étant peut-être les ouvrages qui veulent imiter l’ergonomie du web, mais c’est une autre histoire…

Bien que submergés par nos images prises au smartphone ou glanées sur Pinterest, le livre mute, devient interactif ou s’hybride chez les éditions volumique, l’écrit subsiste vaille que vaille.

Les magazines qui accordent un place certaine à l’écriture (on peut citer Monocle ou l’excellent The Eyes) se font rares. Le summum ayant été atteint récemment, me disait une amie, par l’édition d’un livre d’art ne contenant ni pagination, ni légende pour les seules photos qui le composaient, seules quelques notes en début et fin d’ouvrage…

Quand les écrits du web semblent se cantonner à l’information, éditer un livre ou une parution accordant une place à de l’écriture de qualité, un contenu littéraire (écrit doté d’une dimension esthétique) reste un acte précieux. Les maisons de luxe semblent avoir saisi cela depuis bien longtemps, si l’on en croit les exemples ci-dessous.

Chanel

Les frères Wertheimer propriétaires des maisons Chanel et Erès sont actionnaires du groupe La Martinière-Le Seuil depuis 1997, permettant ainsi à cette dernière de s’étendre par acquisitions successives.

Kering

La holding Artémis, qui contrôle Kering à racheté la vieille maison d’édition Tallandier en 1999, spécialisée dans les ouvrages historiques.

LVMH

Avec le livre La Malle (éditions Gallimard), Louis Vuitton avait invité, l’an dernier, plusieurs écrivains dont Marie Darrieussecq, et Nicolas d’Estienne d’Orves à écrire une nouvelle sur le bagage fondateur de la maison de luxe. Quelques temps auparavant le groupe LVMH était entré au capital de la maison d’édition créée par Gaston Gallimard à hauteur de 9,5%, afin de l’aider, entre autres, à supporter le coût du rachat de Flammarion.

Ci-dessous le recueil de nouvelles La Malle édité chez Gallimard

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Agnès b

A contribué au sauvetage financier de la revue La Quinzaine Littéraire, magazine dont les contributeurs sont principalement des universitaires, des écrivains et qui fut dirigé par Nathalie Sarraute pendant plus de quarante ans.

M. Pierre Bergé exposait il y a quelques mois sa collection de livres anciens à la Bibliothèque Nationale de France.

À l’étranger aussi et pas si loin de nos frontières, le groupe italien Prada s’est associé l’an dernier au célèbre éditeur italien Feltrinelli Editore pour la création d’un concours d’écriture.

Littérature, Couture et luxe, des domaines qui se marient à ravir, semble-t-il. Outre ce qui peut ressembler à une forme de mécénat, quelles stratégies ont les groupes sus-cités pour la littérature à l’heure du numérique? Peut-on imaginer des croisements entre ces univers, sans que l’un ne soit qu’un « produit dérivé » de l’autre? Voilà qui fleure bon l’exception culturelle.


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