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Via de la Plata étape 9: belle campagne et pieds mouillés!

Publié le 07 avril 2014 par Sylvainbazin


Dans mon esprit, l'etape d'aujourd hui était assez courte. Elle devait, ca tombait bien un jour de grand marathon comme aujourd hui, faire 42 kilometres. Mais les surprises du chemin l'ont un peu allonge et c'est presque fatigue que je suis arrive a Carcaboso.
Je ne m'était pas trop presse ce matin, pour quitter ma modeste hotellerie de Carnaveral (bon il faut dire que des hotels a 20 euros, en France ca ne se trouve plus guere). Un vrai petit dejeuner (cette fois j'ai pris deux pains au chocolat et deux cafes, car je trouve qu'une seule ration commence a faire juste pour tant d'efforts) plus tard, je reprenais donc le chemin.
Quelques lacets de route, et vite un joli sentier borde de chenes verts et de chenes lieges. Dans le brouillard matinal, certains troncs aux formes torturees sont tres beaux. L'ambiance est belle, la lumiere particuliere.
Quand le soleil perce ensuite, le spectacle n'est pas moins ravissant. Le coin est bucolique a souhait. Quelques troupeaux, de vaches et de moutons, habitent les lieux. Je suis pratiquement seul pour admirer tout ca, je ne rencontrerai que le madrilene d'hier soir et deux autres marcheurs aujourd hui. La Via de la Plata ne me semble pas encore bondee, même si a certaines etapes j'ai trouve du monde.
Mais la, le calme et la solitude me vont bien. Je savoure l'instant.
Le seul inconvenient de cette matinee, c'est que le sol est encore detrempe et dans ces pres, c'est spongieux et marecageux a souhait. Je ne peux eviter de me mouiller les pieds, ce qui n'est pas tres bon ni pour eux, ni pour mes chaussures qui commencent a souffrir de ce traitement.
Un peu plus loin, un gue me fait traverser avec de l'eau jusqu au genou, je suis de toutes facons déjà trempe.
La, je suis sans doute un peu betement un balisage qui m invite a marcher jusqu au village de Riolobos, ou je ne devais pas passer.
Cependant, ne voyant pas d'autre chemin, je decide de continuer ainsi et la petite route m emmene jusqu a cette localite. J'y fait une halte agreable et bien venue au bar du camping, ou le patron, qui parle francais, exerce un accueil moins rude que ceux auxquels m ont habitue ses collegues des villages environnants. D'ailleurs, la clientèle semble ici plus familiale, moins uniquement masculine et amatrice de foot.
Mais ce detour n'a cependant sans doute pas que du bon: ma marche cette apres-midi est plus longue et si au debut je la trouve agreable, les derniers kilometres sont un peu longs.
La campagne que je traverse est tranquille. Un instant, je pourrai presque me trouver a courir et a marcher dans l'Essonne ou pres de Rambouillet, chez moi en somme. J'en ai tellement fait des kilometres a pied ou a velo dans ces environnements verts et boises. Je marche peut-etre aussi sur ces grands chemins pour retrouver ces instants la, ces morceaux d'enfance, tout en decouvrant.
J'atteins quand même Galisteo, un village fortifie aux airs de Kasbah. Pas etonnant, ce sont les arabes qui l'ont construit. Je rentre a l'interieur de l'enceinte et suis bien content de trouver un cafe ouvert: a la tele, ils annoncent une forte hausse du mercure. J'ai commence a la constater.
La route se fait plus monotone. Les longues lignes droites sont certes encore agrementees par de beaux peupliers que longe un cours d'eau. Beaucoup d'oiseaux y ont trouve refuge. J'observe le vol de quelques beaux rapaces, tandis qu'une cigogne m indique la proximite du prochain clocher.
Deux toutous me menacent un moment en sortant de leur propriete. Ca me reveille un peu. Mais finalement, leurs aboiements sont de pures formes.
Il fait vraiment chaud et après avoir trouve de l'eau dans le dernier village, je me traine un peu, les pieds vaguement douloureux, jusqu a Carcaboso. La, je trouve sans peine l'auberge tenu par la senora Elena, qui doit bien avoir 85 ans au moins.
Plus tard, je dinerai agreablement avec trois marcheuses hollandaises. Deux d'entre elles marchent pour la premiere fois sur un chemin de St Jacques, et elles sont toutes heureuses de sentir la liberte que procure cette itinerance. Mais elles doivent rentrer, seule leur amie ira jusqu a Compostelle.
Nous parlons ainsi de voyage, de la France, de l'Espagne et des Pays-Bas, de l'Europe en somme, pendant que la bourgade s'endort petit a petit, nous sommes dimanche soir.

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