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State Of Affairs [Pilot Script]

Publié le 08 avril 2014 par Lulla

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STATE OF AFFAIRS

Drama // 42 minutes

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Ecrit, produit et réalisé par Joe Carnahan (The Blacklist, L'agence tous risques, Le territoire des loups). Sur une idée d'Alexi Hawley (Castle, Body Of Proof, The Following). Co-produit par Katherine Heigl & Nancy Heigl. Pour NBC, Universal Television, Bob Simonds Company & Abishag Productions. 58 pages.

Charleston Whitney Tucker, une agent de la CIA aux méthodes peu orthodoxes, a été recrutée directement par la Présidente des Etats-Unis pour devenir sa conseillère spéciale. Sa mission : prévenir les attaques sur le sol américain et cibler les menaces les plus critiques. De par sa position, elle est au centre du pouvoir. Une position qui créé des tensions au sein même de la Maison Blanche et qui allonge sa déjà longue liste d'ennemis...

Avec Katherine Heigl (Grey's Anatomy, 27 robes, En cloque mode d'emploi), Adam Kaufman (Buffy, Dawson, FBI: Portés Disparus), Alfre Wooward (Desperate Housewives, True Blood, Peur Primale), Sheila Vand (Argo), Leslie Odom Jr. (Smash, Les Experts Miami, Person Of Interest), Tommy SavasCliff Chamberlain...

   Katherine Heigl fonce droit dans le mur. Mais avant de vous expliquer pourquoi, une précision importante : le script que j'ai lu et dont je vais vous faire la review ici est celui de The Book, titre original du projet, écrit avant même que le rôle principal ne soit offert à l'actrice et la série achetée par NBC. L'ancienne star de Grey's Anatomy, dont la carrière cinématographique s'est rapidement retrouvée dans une impasse, voulait revenir à la télévision et de tous les projets qu'on lui a proposé, c'est celui-ci qui a retenu son attention. La diva et sa cour l'ont ensuite présenté à divers acheteurs potentiels, aussi bien du côté des networks que du câble, et c'est NBC qui l'a emporté. Toutefois, prouvant que l'emballement n'était pas non plus total, c'est uniquement un pilote qui a été commandé et non une première saison directement, comme ça se fait de plus en plus pour les projets les plus chauds. La dernière révision du scénario que j'ai en ma possession, validée par la chaîne, date du 14 janvier 2014, mais il a été annoncé dans la foulée qu'il allait à nouveau être révisé, réécrit même, par Joe Carnahan, qui a oeuvré cette saison sur The Blacklist, le nouveau et seul indéniable hit de la chaîne. En clair : NBC veut Katherine Heigl sur son antenne, Katherine Heigl veut revenir avec cette série à la télévision, donc même si NBC n'a pas été convaincue par ce qu'elle a lu, elle est prête à se lancer dans l'aventure. Et on comprend parfaitement pourquoi elle y tient tant : au-delà de l'argent mis sur la table pour récupérer le projet, il faut avouer que l'actrice représente un véritable aspirateur à 18/49 ans et à ménagères, en tout cas sur le principe. Diffusée derrière The Voice, elle pourrait cartonner. Et je pense d'ailleurs que quelle que soit la qualité finale du produit, NBC se laissera tentée. Elle ne peut pas laisser passer cette opportunité...

   A la lecture, on peut aisément comprendre pourquoi le show n'a pas atterri sur ABC et ça n'a, à mon sens, rien à voir avec les disputes autour du départ de Katherine Heigl de Grey's Anatomy. La chaîne aurait certainement adorer la voir revenir aux bercails : elle est pile dans sa cible ! Non, ce sont clairement les ressemblances avec Scandal qui ont dû poser problème. Et d'ailleurs, ça a aussi dérangé NBC puisque parmi les changements qui vont être opérés dans le version finale du script de Joe Carnahan, le Président des Etats-Unis devient une présidente, jouée par Alfre Wooward, levant ainsi toute ambiguïté sur le lien qui l'unit avec l'héroïne. La manière dont elle est décrite dans The Book est bien trop proche de Olivia Pope & Fitz. Ils ne sont pas amants, certes, mais on sent qu'ils pouvaient aisément le devenir. Là, à moins que la Présidente ne soit lesbienne -et donc Charleston aussi- le risque est moindre. Il y a toutefois quelque chose qui explique leur affection réciproque et qui sera certainement conservée : Charleston a été longtemps la petite-amie du fils du Président, Adam, mort depuis dans des circonstances qui ne sont pas explicitées. Ce qui pose question au sein de la Maison Blanche quant à sa crédibilité. On comprend par ailleurs à demi-mots que les relations entre le Président et sa femme ne sont pas au beau fixe. Toutefois, la Melly de State Of Affairs n'apparaît pas dans le pilote. Là où la série s'annonce également très Scandal-esque, c'est dans le portrait qui est fait de son héroïne : elle est brillante, dure, elle aime suivre son instinct -son "gut", je cite !!!- et se retrouve toujours dans des situations où elle doit questionner son éthique, faire preuve de pragmatisme quitte à aller à l'encontre de ses croyances... bref, elle rencontre les mêmes problèmes qu'Olivia Pope, s'expose aux même dilemmes moraux. Elle aussi a se petite équipe d'experts, lesquels apportent la seule et faible touche d'humour de ce pilote. Il y a une certaine tension sexuelle entre deux d'entre eux, mais elle n'a pas encore été consommée, et il y a un petit nouveau qui débarque, Lucas, tout comme Quinn Perkins arrivait dans le premier épisode de Scandal et permettait d'introduire tout le monde efficacement. Et Lucas, comme Quinn, fait l'objet d'un cliffhanger car il se pourrait bien qu'il soit une taupe... 

   Là où je trouve State Of Affairs encore plus opportuniste, c'est que quand elle ne pique pas tout à Scandal, elle pille Homeland ! Le job que Charleston remplit pour la CIA est à peu près le même que celui de Carrie, Saul et David réunis. Oui, là où il faut trois personnages dans l'une, il n'en faut qu'un seul dans l'autre. On repassera pour la crédibilité, hein ! "Charlie" a bien trop de responsibilités sur ses épaules. Deux affaires, deux "cas", sont traités dans ce pilote et ils sont franchement très mal exposés. Le premier acte est extrêment confus car on ne comprend rien de ce dont les personnages parlent. Trop d'informations fusent en même temps, avec tout un tas de termes techniques propres au fonctionnement de la CIA qui ne sont pas compréhensibles pour le commun des mortels. Bref, ça devient très vite pénible à suivre, surtout que les bulles d'air pour s'en échapper quelques instants sont peu nombreuses, pour ainsi dire inexistantes ! On nous embarque d'une pièce à l'autre, d'un interlocuteur à un autre, d'un écran de surveillance à un autre, d'un poste de télévision à un autre, sans nous laisser le temps de respirer. On peut le voir comme un atout, mais à mon sens, trop de rythme tue le rythme. On finit par se désintéresser de ce qui se passe puisque l'on a pas le temps d'intégrer quoi que ce soit. C'est juste des monsieurs et des madames qu s'agitent. Homeland prend le temps, elle, aussi parce qu'elle le possède, tout simplement. Parce que c'est Showtime et pas NBC. Sur les deux derniers actes, lorsque les deux cas se rejoignent ou plutôt sont mis en compétition -en gros, en résoudre un c'est faire capoter l'autre et vice versa- les choses s'éclaircissent et tout est plus agréable à suivre. L'opération militaire, vaguement décrite, se veut assez spectaculaire, mais la vérité c'est qu'on en a vu des plus impressionnantes dans Homeland justement, ou Zero Dark Thirty par exemple. Je m'avance un peu, certes, mais je ne pense pas me tromper. Pendant ce temps-là, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent concernant l'héroïne, son passé, son présent en dehors de la CIA... On sait juste qu'elle se déplace avec une grosse moto, qu'elle a un sex-friend, un ex -encore vivant lui- dans les parages et un futur potentiel boyfriend en la personne d'Adam. Il n'y a bien que de ce point de vue-là que Charleston peut satisfaire ceux qui ont aimé Katherine Heigl dans Grey's Anatomy et ses multiples comédies romantiques...

    State Of Affairs est le projet le plus opportuniste de l'année, qui ose carrément lier les deux tendances principales de la saison des pilotes côté drama : les thrillers à la Homeland avec du terrorisme dedans et les séries se déroulant à la Maison Blanche façon Scandal. Le résultat est indigeste, agaçant, forcément déjà vu, et il ne sied pas à Katherine Heigl tant il n'est pas là où l'attend et surtout là où on la veut. Je ne suis pas sûr qu'elle puisse s'en tirer sans être totalement ridicule bien qu'elle ait du talent. Et puis dans le genre, Coercion et Odyssey sont bien plus prometteuses à tous les niveaux ! Est-ce que NBC peut commander trois séries aux thèmes similaires ? Je crains que State Of Affairs ne prenne la place d'une autre, plus méritante... Et puis je pense à Madam Secretary sur CBS, qui est d'un tout autre niveau... Non vraiment, State Of Affairs n'est pas affligeante de nullité mais elle n'a pas d'identité propre. Elle ne fait que copier ce que les autres ont (mieux) fait.


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