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Le petit HP dans la prairie et autres péripéties banales

Publié le 24 avril 2014 par Lana

J’ai appris plein de choses très intéressantes sur la psychiatrie aujourd’hui.

D’abord que la schizophrénie est une maladie biologique car due à un problèmes de neurotransmetteurs. Moi qui croyait qu’on n’avait aucune explication totalement satisfaisante, me voilà rassurée, le progrès est en marche.

Ensuite, que chercher un psychiatre est un parcours du combattant. Et que chercher un nouveau psychiatre est un sacrilège. Bon, ça, ce n’est pas comme si je ne le savais pas, mais jusqu’ici je croyais que c’était la faute à pas de chance. J’avoue que je suis difficile: je ne veux pas un psy muet, ni froid et j’aimerais qu’il soit un peu critique envers la psychiatrie pour comprendre mon traumatisme. J’ai un nom, je me dis bon, ça va aller, mais non, elle ne prend plus de patients. Bon, ça se comprend. J’ai un deuxième nom, alors j’appelle, et la secrétaire me dit en soupirant que son agenda est plein pour les semaines à venir. Pas grave, j’ai le temps.  Vous ne voulez pas allez dans un autre centre?. Non, j’insiste, je voudrais un rendez-vous avec elle, c’est pas comme si ça ne faisait pas quinze jours que j’en parle avec mon généraliste. Bon, motif de la consultation? Je suis obligée de raconter ma vie au téléphone? Parce que je suis au travail là et pas seule. En résumé, je cherche un nouveau psychiatre. Ah ah, que n’ai-je pas dit! Ah, mais vous avez déjà un psychiatre!! Euh, j’ai juste dit que j’en cherchais un nouveau, donc peut-être que l’autre est mort, retraité, parti ou que j’ai moi-même déménagé. Ou peut-être que j’ai juste envie de changer de psychiatre, il ne me semble pas être mariée avec l’ancien, ni avoir signé un contrat d’exclusivité, et je ne vois pas pourquoi je devrais me justifier auprès d’une secrétaire médicale que je n’ai jamais vue et au téléphone en plus. Aucun autre médecin ne demande jamais pourquoi et au nom de quoi il nous vient à l’idée de demander un rendez-vous alors qu’on a déjà vu un de ses confrères il y a deux ans. Il faut croire que les psychiatres se transmettent leurs patients eux-mêmes, et que faire une demande spontanément est hautement suspect. Bref, on va voir, et on va "sûrement" me rappeler. Sous-entendu: ou pas. Ma parole, c’est pire qu’un entretien d’embauche. A partir de combien de temps dois-je comprendre que ma candidature est rejetée? Mystère. Vouloir un psychiatre pour soigner ses traumatismes et devoir les réveiller pour ça, c’est à se demander s’il est bien raisonnable de persévérer dans cette voie.

Et enfin, j’apprends des choses merveilleuses sur le monde magique de la psychiatrie: les chambres d’isolement permettent en réalité de ne pas donner trop de médicaments aux patients. Oui, une fois sur mille, sans doute. Mais bon, c’est toujours bien d’avoir des chouettes raisons à des trucs moches, même si la réalité n’a rien à voir, ça fait scientifique et bien intentionné. J’apprends aussi que l’hôpital psychiatrique de la région est situé dans un environnement si splendide qu’un patient totalement révolté d’être interné peut se calmer instantanément devant la spectacle de Mère Nature et surtout que, dans cette riante contrée, les patients ramassent  des châtaignes avec une joie évidente. Que tout cela est si beau qu’il faudrait en faire un livre entier. J’avoue, ça a failli m’arracher une larme d’émotion et j’en viendrais presque à regretter qu’on ne puisse plus passer sa vie entière à l’HP.

Voilà le résultat de ma journée: la schizophrénie, c’est simple; l’HP, c’est merveilleux, mais demander un simple rendez-vous, c’est demander la lune.


Classé dans:Réflexions personnelles

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