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Couples homosexuels et gestation pour autrui: La gravité est de mise – Académie nationale de Médecine

Publié le 30 mai 2014 par Santelog @santelog

La gravité et l’absence d’a priori sont de mise pour l’Académie nationale de Médecine qui s’exprime sur la question de la gestation pour autrui chez les couples homosexuels. "La mission du médecin est-elle d’accepter de suivre l’évolution de la société ?", se demande l’Académie qui, non consultée sur ce point précis, souhaite aujourd’hui souligner, avec un dossier d’information complet sur la Gestation pour autrui au regard du mariage entre personnes de même sexe, la nouveauté entière des questions, en médecine générationnelle, posées par cette hypothèse. L’Académie souligne ici les exigences de suivi, notamment des enfants, et de protections à l’égard des praticiens intervenants, qu’impliquerait toute décision dans ce domaine.

Des éléments nouveaux : La loi autorisant le mariage des couples homosexuels et prévoyant l’autorisation pour ces couples d’adopter un enfant, ainsi que le développement des connaissances médicales concernant l’ensemble des gestations pour autrui ont apporté des éléments nouveaux qui ne figurent pas dans le rapport de l’Académie nationale de médecine de 2009, date à laquelle celle-ci avait émisun avis défavorable envers la GPA. Pour le groupe de travail de l’Académie, auteur de cette information, il s’agit, dans ce nouveau contexte, d’estimer sans a priori les conséquences d’une GPA étendue aux couples de même sexe. Même si cette question dépasse largement le cadre de la médecine, l’Académie de médecine considère que, dans la mesure où elle interfère sur la pratique et l’éthique médicales, il est de son devoir d’en informer le législateur.

Revoir l’exercice de la profession médicale ? Dans la mesure où l’indication de la gestation pour autrui n’est plus strictement médicale, fondée sur l’existence d’une stérilité d’origine utérine et sur la compassion envers un couple éprouvant une véritable souffrance mais sur le désir d’un couple homosexuel d’élever un enfant, de créer une famille et d’assurer leur descendance avec leurs propres gènes, un médecin doit-il accéder à la primauté d’un désir individuel hors de toutes autres considérations et répondre à un sentiment de toute puissance de l’individu qui revendique une autonomie procréative ?

Revenir sur les fondements de la loi de bioéthique ? L’indication n’étant plus médicale et ni l’anonymat, ni la gratuité, fondements de la loi de bioéthique, n’étant plus respectés, le médecin ne risque-t-il pas de devenir un prestataire de service obligé de répondre à toute demande quelle qu’en soit la nature, engageant directement sa responsabilité? Doit-on et peut-on accepter l’asservissement du corps des femmes au seul désir des hommes et admettre que des enfants fassent l’objet de transactions commerciales ? 

Les conséquences et les risques pour la gestatrice et pour l’enfant :

Sachant que la grossesse laisse beaucoup plus de traces chez la mère que l’on ne le pensait, en termes de suites médicales mais aussi psychologiques, le médecin doit-il accepter de prendre des risques pour l’avenir des gestatrices, par définition femmes jeunes et en bonne santé, même si ces risques sont limités ?

L’épigénétique nous révèle que le déroulement de la grossesse et la qualité de l’environnement maternel ne sont pas neutres pour l’enfant, en termes de risques de pathologies graves à l’âge adulte. Par ailleurs, malgré le résultat de la majorité des données épidémiologiques américaines selon lesquelles il n’existe aucune différence dans les performances scolaires, l’équilibre et le bien-être des enfants vivant dans ces couples masculins, facteurs qui dépendraient avant tout de la qualité des relations des enfants avec leurs parents et de l’équilibre du ménage, le comportement des enfants élevés par des homosexuels reste entaché de zones d’ombre. L’hétérogénéité et le caractère encore limité dans le temps des situations étudiées jusqu’ici ne peuvent permettre de prédire avec certitude le futur.

Dans ces conditions, notre génération doit-elle ou non engager l’avenir des enfants au regard des possibles répercussions sur leur santé, physique et mentale?

Accepter les incidences financières ?

L’homosexualité n’étant pas une maladie, il n’y a pas d’indication médicale ; dès lors, la collectivité est-elle prête à accepter les coûts générés par l’extension de la GPA à ces couples désirant un enfant alors que l’assurance maladie n’hésite pas à revenir sur certaines prestations pour réduire son déficit ?

En conclusion, l’Académie de médecine insiste sur le fait que  la GPA suscite des interrogations particulièrement graves parce qu’elles intéressent le domaine personnel le plus sensible, celui de la filiation et aussi le plus intime, celui de la sexualité et de la conception. Elle souligne aussi que la GPA pose aux médecins des questions inhabituelles,  relevant d’une dimension inédite, la médecine intergénérationnelle.

C’est pourquoi, bien qu’elle n’ait pas été consultée sur ce point précis par les autorités décisionnelles, l’Académie de médecine se doit de souligner les exigences de suivi, notamment des enfants, et de protections à l’égard des praticiens intervenants,qu’impliquerait toute décision dans ce domaine.

Sources: Communiqué Académie nationale de Médecine, INFORMATION Ouverture de l’Assistance médicale à la procréation avec sperme de donneur (AMPD) à des  indications non médicales (Pierre Jouannet rapporteur)- Information La Gestation pour autrui au regard du mariage entre personnes de même sexe

(Roger Henrion).


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