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380ème semaine politique: la dernière promesse non tenue de François Hollande

Publié le 16 août 2014 par Juan

380ème semaine politique: la dernière promesse non tenue de François Hollande Les vacances ont été de courte durée. 

Ont-elles seulement eu lieu ? 

Une avalanche de mauvaises nouvelles économiques cette semaine ont contraint le plus proche des ministres de François Hollande à avouer que les promesses de mai 2012 ne seraient pas tenues sur ce terrain-là non plus. 

"Des lendemains qui chantent"
L'UMP est encore ce canard sans tête. Ou plutôt, il en a trois, un triumvirat, "aidé" par un secrétaire général qui cherche sa place, sans la trouver, l'ancien DRH Luc Chatel. Sitôt rentré de vacances à Paris, ce dernier cherche un coup d'éclat, histoire de remettre l'UMP au sommet de l'opposition politique à Front national.
La politique étrangère est un terrain favorable pour se démarquer d'un Front national sans crédibilité. Voici donc Luc Chatel qui écrit une lettre ouverte à François Hollande le jour de ses 60 ans, qu'il fait ensuite signer au triumvirat Juppé/Raffarin/Fillon, dans laquelle ces ténors de l'UMP s'indignent d'une prétendue inaction de la France au Proche-Orient. La guerre à Gaza vient de laisser sa place chaude de conflit effrayant à la guerre civile irakienne, qu'on nous présente comme religieuse. Là-bas, le Califat islamique, suréquipé de matériels de l'armée régulière en déroute, marche sur le Kurdistan irakien.
Nos ténors de l'UMP souhaitaient-ils une intervention directe à Gaza ? Non bien sûr. Ils sont restés bien silencieux. Ils s'indignent maintenant sur l'Irak parce que les persécutions de la minorité chrétienne fait enfin la une des journaux français. La lettre tombe à plat. Le même jour, Hollande confirme l'envoi d'armement militaire en Irak pour soutenir les Kurdes. Deux jours avant, Laurent Fabius fut le premier ministre d'un Etat occidental à se rendre sur place, à Erbil, à une trentaine de kilomètres de la zone de front. "Quand il y a les gens qui crèvent, il faut revenir de vacances" tonne-t-il à l'encontre de la Commission européenne. Quand il y a des gens qui crèvent, il faut un peu de décence, serait-on tenter d'ajouter à destination de l'UMP.

Il se trouve quand même encore un UMP pour réclamer des frappes aériennes. Et le Front national appelle aux croisades...
L'UMP va donc toujours mal. Thierry Mariani  se désole de la fuite des adhérents de l'UMP. Il n'y reste que les sarkozystes pur jus au sein du parti, c'est plutôt une bonne nouvelle pour l'ancien monarque qui réfléchit depuis Bali à sa prochaine "carte postale". Sarkozy a "de la thune". Depuis qu'il est retraité de l'Elysée, il cumule son indemnité présidentielle, quelques gros cachets de conférencier pour des institutions financières anglo-saxonnes, ... et de rémunératrices missions d'avocat pour des clients privés mais anonymes.
"ça chauffe"
Le 15 août, pas de répit. Hollande reçoit Valls, comme hier Sarkozy recevait Fillon, en pleines vacances et en pleine crise. Il faut montrer qu'on bosse. Les mauvaises nouvelles s'accumulent. Pas de reprise en vue pour la zone euro, et l'économie française est toujours en panne.  La production industrielle est en net recul sur la totalité du deuxième trimestre. Où est passé Montebourg ? Il peaufine son attaque des "professions réglementées"... Sans rire.
Mercredi 13 août, l'INSEE annonce que les prix à la consommation ont reculé de 0,3% sur le seul mois de juillet (par rapport au mois précédent). Sur 12 mois glissants, l'inflation n'est plus que de 0,5%. Valls veut-il relancer le pouvoir d'achat par la déflation ? Pour les ménages modestes, la vie reste chère, et les prix ne baissent pas. mais l'indication macro-économique d'un ralentissement générale est manifeste.
Dans une autre analyse, l'institut rappelle aussi le bilan du quinquennat précédent sur les inégalités. Les Français les plus aisés, soignés par l'ancienne équipe, épargnent toujours autant. Au plus fort de la crise, en 2009, les ménages vivant en France ont épargné "l’équivalent de 16 % de leurs revenus", (contre 13% en moyenne dans l'Union européenne), soit environ 200 milliards d’euros.
Même les taux d'emprunt immobilier sont au plus bas, leur niveau le plus bas depuis... 1940: 2,70 % en juillet 2014, contre 4 % il y a deux ans.
Jeudi, les chiffres de la "croissance" sont publiés. Ils sont détestables: certes, l'Allemagne fait moins bien que la France, mais cette dernière est en complète stagnation depuis le début de l'année. Mais le désastre européen signe aussi l'échec d'une politique économique anachronique. Pourtant, Hollande et Valls s'accrochent à leur socialisme de l'offre - 40 milliards d'euros de soutien aux marges des entreprises financé par autant d'économies sur le budget des administrations - une obsession qui éclipse tout depuis janvier dernier. La consommation s'effondre, le risque de déflation augmente, mais il y a quelques idéologues bornés à l'Elysée et à Matignon, confortés par les incantations neo-libérales du MEDEF et de quelques éditocrates bien en vue, pour penser que la crise tient d'abord à un différentiel de compétitivité en Europe.
"Hé, tu m'entends ?!" L'austérité ruine la croissance, résume l'Humanité. Le constat vaut pour l'Europe toute entière. L'Italie replonge, l'état de grâce du jeune premier ministre Matteo Renzi est terminé. Après son rendez-vous avec Hollande le 15 août, Valls concède qu'il n'est pas surprisL'Allemagne est également touchée.
Au pied du mur, Michel Sapin s'est fendu d'une belle tribune estivale, la veille du 15 août 2014, dans les colonnes du Monde. Il avoue l'échec du retour au quasi-équilibre des comptes publics l'an prochain, concède que la croissance n'est pas au rendez-vous. Et fustige même l'austérité européenne. On dirait du Montebourg...
"Le discours sur la croissance est épuisé, mais il n’y en a pas de rechange " François Leclerc.
Malheureusement, Michel Sapin reste accroché à son Pacte irresponsable comme une moule à son rocher. Quarante milliards d'euros de baisses de cotisations sociales pour les employeurs français, comme si les entreprises manquaient de compétitivité et non de clients.
Il rame, et cela se voit.
François Hollande va-t-il changer de politique économique ? La lucidité a ses limites. Le président ne laisse aucun signe transparaître. Si Sapin et valls réclament de l'Europe qu'elle change, Hollande a quand même retenu Pierre Moscovici, ex-chantre de la rigueur neo-libérale, pour le poste réservé à un Français à la Commission de Bruxelles. Le même Mosco, qui sera fixé sur son sort le 30 août prochain, multiplie les déclarations pompeuses sur la Fraaaaaance et lui-même.
Hollande continue les hommages. Ce 15 août, c'est au tour du 70ème anniversaire du débarquement de Provence. "Une France unie" clame-t-il bizarrement sur les hauteurs du Mont-Faron, près de Toulon. La France de 1944 était beaucoup de choses, mais certainement pas unie. Ce débarquement de Provence fut d'abord celui des Indigènes, un souvenir que la France rance a encore quelque mal à digérer. "La France a su se libérer par elle-même", les mythes ont la vie dure.
C'est la rentrée.
Crédit illustration: DoZone Parody

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