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Pont Mathilde, réouverture réussie !

Publié le 26 août 2014 par Ps76
Ouverture-du-Pont-Mathilde-rouen-Nicolas-Rouly

La réouverture du Pont Mathilde, ce mardi 26 août 2014 n’a donné lieu ni à feu d’artifice ni à buffet ni à fanfreluches ! Tout juste le temps de saluer les compétences des personnels (sécurité, transports, ingénierie …), pointer l’entente entre territoire et la connivence des collectivités pour réagir et organiser, et enfin, de rappeler qu’il est satisfaisant de voir des délais respectés !

Ouverture-du-Pont-Mathilde-rouen-Nicolas-Rouly-Valerie Fourneyron-Christophe bouillonEn présence de nombreux élus dont Nicolas Rouly, Président du Département qui organisait l’événement et accueillait Nicolas Mayer-Rossignol, Président de la Région Haute-Normandie, Frédéric Sanchez, Président de la Métropole rouennaise, Yvon Robert, Maire de Rouen, Marc Massion, Maire de Grand-Quevilly, de nombreux élus, conseillers généraux en présence de Valérie Fourneyron, ancienne Ministre des Sports, de Christophe Bouillon et Guillaume Bachelay, Députés de Seine-Maritime

Ci-après le discours de Nicolas Rouly, Président du Département de Seine-Maritime :

Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Président de la Région Haute-Normandie,
Monsieur le Président de la Métropole Rouen Normandie,
Monsieur le Maire de Rouen,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Comme l’ont relevé de fins observateurs, aujourd’hui nous n’inaugurons pas un équipement, nous célébrons sa réouverture. Pas de ruban tricolore ou de cocktail donc, mais une « journée pont ouvert ». Comme en écho à celle du 28 février 1980, présidée par Jean Lecanuet avant la première mise en service, deux mois après la construction.

Ouverture-du-Pont-Mathilde-rouen-Nicolas-Rouly-Prefet-elusAujourd’hui, Mathilde renaît de ses cendres, phénix de bitume et d’acier, dont les ailes à nouveau déployées serviront toute la Seine-Maritime et même au-delà. C’est exceptionnel et tant mieux. Je le dis d’emblée : nous aurions tous préféré ne pas vivre l’épopée qui s’achève et nous aspirons tous à ce qu’elle reste unique.
Fallait-il, pour autant, renoncer à en marquer l’issue ? Je ne le crois pas. Quand tant d’efforts et de compétences ont été déployés, il est conforme à la tradition républicaine de les honorer. C’est pourquoi j’ai tenu, au nom du Département, à inviter ici les Rouennais et les Seinomarins. Ils pourront ainsi se réapproprier positivement les lieux.

Cela n’effacera pas le souvenir du 29 octobre 2012. L’une de ces dates dont se dit, au moment même où on les vit, qu’elles entreront dans la mémoire collective. J’imagine que chacun de vous sait où il était lorsqu’il a vu ou appris que le pont s’embrasait.

Fort heureusement, il n’y a pas eu de victime corporelle. C’est largement dû à l’efficacité des secours. Je les remercie une fois encore. Mais il serait inconvenant d’oublier les contraintes subies par les automobilistes et les transporteurs, ainsi que les difficultés qui en ont résulté pour de nombreuses entreprises, des commerçants, leurs clients et leurs salariés. Je salue le courage, l’intelligence et la patience des milliers de Seinomarins qui ont su reconsidérer leur organisation quotidienne.

Propriétaire du pont depuis 2006, le Département a été en première ligne. Je veux ici rendre compte de notre engagement, dans ses trois dimensions : le Département volontaire, le Département expert, le Département partenaire.

Ouverture-du-Pont-Mathilde-rouen-Nicolas-Rouly-foule seinomarinsLe Département volontaire, c’est celui dont les élus ont su prendre les décisions permettant le retour le plus rapide possible du pont.
Cela peut paraître évident, rétrospectivement. Mais la presse locale a rappelé la complexité du sujet : « qui va payer ? » titrait un article récent. Dès 2012, la question se posait : 8 millions d’euros de travaux, sans certitude sur la contribution des assurances. Fallait-il avancer cette somme ou repousser le chantier jusqu’à l’issue des contentieux ? A l’heure où la crise des finances locales rend quasiment suspecte la moindre dépense, reconnaissons que la réponse était délicate. Le Département a choisi de préfinancer les travaux.

Depuis, le délai de reconstruction a été tenu et une première provision de 5 millions d’euros nous a été versée par les assurances. Nul ne songerait donc, aujourd’hui, à contester que les euros avancés ont été des euros utiles. Mais la valeur d’une décision politique ne s’apprécie pleinement qu’a posteriori. Président du Département depuis janvier, je mesure chaque jour ce que signifie la notion d’arbitrage. Pour ceux qui ont été rendus dans ce dossier, permettez-moi de saluer mon prédécesseur, Didier Marie, ainsi que tous les conseillers généraux. Leur unanimité a répondu par avance aux polémiques de la dernière heure.
Reste que, pour un tel engagement, la volonté politique n’est rien sans l’expertise technique.

Le Département expert, c’est celui dont les agents se sont mobilisés sans relâche :
- ceux qui sont intervenus le jour même et les mois suivants, pour surveiller les effets de l’incendie puis ceux du gel et de la neige ;
- ceux qui, dès le 31 octobre 2012, ont mobilisé les experts, pour diagnostiquer l’état du pont, définir les mesures conservatoires et le processus de reconstruction ;
- ceux qui ont suggéré qu’en même temps que les réparations soient effectués les travaux d’entretien du pont, du boulevard industriel et du boulevard Gambetta, pour éviter de nouvelles gênes à l’avenir ;
- ceux qui ont piloté les bacs, les cars et les dispositifs de covoiturage du Département, pour contribuer aux nouveaux modes de déplacements ;
- ceux qui suivent avec nos conseils les procédures judiciaires, pour obtenir le remboursement des millions avancés ;
- ceux qui ont conçu la communication autour du chantier, par souci de transparence et pour accompagner la fin de l’épreuve d’un message implicite mais valorisant pour notre capitale Rouen : « Mathilde est revenu… revenez aussi ».

Bref, avant même qu’il soit reconstruit, nos équipes ont été « sur le pont ». Elles ont prouvé l’utilité du service public départemental, qui fait rimer proximité avec efficacité. Je leur adresse mes remerciements les plus chaleureux.

Ouverture-du-Pont-Mathilde-rouen-Nicolas-Rouly-guillaume bachelay-david lamirayLe Département volontaire et expert, c’est aussi le Département partenaire. Je le dis avec force : la lumière mise aujourd’hui sur notre action n’a de légitimité que parce qu’elle éclaire aussi celle de nos partenaires publics et privés.
J’ai souhaité que mes collègues élus s’expriment dans un instant, pour saluer la contribution de leurs collectivités à ces 22 mois. Qu’il s’agisse de réguler la circulation routière ou d’amplifier le nombre et la qualité des transports collectifs, l’intérêt de notre coopération est établi. L’expérience a validé notre conviction : ce qui est bon pour notre capitale Rouen est bon pour la Métropole, pour la Seine-Maritime et pour la Haute-Normandie. L’image du pont en est le meilleur symbole : c’est un lieu mais c’est aussi un lien.

Enfin, je remercie M. le Préfet pour le rôle décisif joué par l’Etat, qui a joint ses équipes aux nôtres, avec notamment l’apport d’experts du Ministère des Transports. D’anciens ingénieurs et directeurs de la DDE ayant participé à la construction du pont ont même apporté leur aide pour établir le diagnostic.
La décision la plus cruciale a sans doute été de remplacer la travée à l’identique, après dépose et réparation à quai. Cette solution a été rendue possible grâce à Voies Navigables de France et au Grand Port Maritime de Rouen. Elle assurait la réparation la plus solide, au coût le plus juste et sans pénaliser la circulation fluviale. Mais elle était exigeante, défiant les mensurations hors norme du pont : déposer la travée revenait à déplacer 1000 tonnes d’acier, la reconstruire nécessitait de fondre 300 autres tonnes, et la reposer dépendait de marges de manœuvre de quelques centimètres seulement.

Il aura fallu la puissance de la Seine et le talent de nos partenaires privés pour relever ce défi dans les délais. Le groupement « Freyssinet – Victor Buyck – Viafrance » et les entreprises qui l’ont accompagné ont confirmé le savoir-faire qui leur avait valu d’être retenus pour ce marché d’envergure européenne. Aujourd’hui, le chantier du Pont Mathilde est utilisé comme support pour des conférences sur la réparation des ouvrages d’art métalliques. Je félicite et remercie les salariés, dans la diversité de leurs missions, avec une pensée particulière pour ceux qui, aux côtés des fonctionnaires déjà cités, ont parfois sacrifié leurs week-ends et leurs jours fériés.

Pour conclure, puisque nous commémorons cette année le centenaire de sa mort, permettez-moi de citer Jean Jaurès :

« l’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir ».

Nous avons fait plus qu’espérer la reconstruction du Pont Mathilde, nous avons œuvré pour qu’elle aboutisse, aussi vite et bien que possible. Aujourd’hui, je suis fier et heureux de le rendre à son histoire.
Merci.


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