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Cesare Pavese : Le Bel été

Publié le 03 novembre 2014 par Lebouquineur @LBouquineur

Pavese Livre.jpgCesare Pavese, né en 1908 à Santo Stefano Belbo et mort en 1950 à Turin, est un écrivain et poète italien. Après avoir étudié la littérature anglaise à Turin et écrit une thèse sur le poète américain Walt Whitman en 1930, il traduit en italien des œuvres d'Herman Melville, John Dos Passos, William Faulkner, Daniel Defoe, James Joyce ou encore Charles Dickens. Il s'inscrit de 1932 à 1935 au Parti national fasciste, sous la pression selon lui des membres de sa famille. En conformité avec le régime, il est choisi en 1934 comme directeur de la revue Culture éditée par Einaudi et tribune de ses amis antifascistes, ce qui lui vaut d’être arrêté l’année suivante. Exclu du parti, il est exilé en Calabre pour huit mois. Après la Seconde Guerre mondiale, Cesare Pavese adhère au Parti communiste italien, s'établit finalement à Turin et continue de travailler pour les éditions Einaudi. Il ne cesse d'écrire durant ces années. Pavese se suicide le 27 août 1950 dans une chambre d'hôtel à Turin, laissant sur sa table un dernier texte, La mort viendra et elle aura tes yeux, qui se termine par « Assez de mots. Un acte ! ».

Le Bel été, qui vient d’être réédité chez L’Imaginaire, et justement sous-titré Trois romans, est un recueil de trois textes, Le Bel été écrit en 1940, Le Diable sur la colline en 1948 et Entre femmes seules en 1949, date de parution de cet ouvrage.

Le Bel été, le premier texte, c’est celui de Ginia une jeune fille de seize ans qui par l’intermédiaire de son amie plus délurée Amélia va faire connaissance avec le milieu des artistes peintres qui cherchent des modèles. La plus jeune perdra son innocence dans les bras de Guido et la seconde se fera soigner pour sa syphilis. Avec Le Diable sur la colline, ce sont les garçons qui sont à l’honneur. Trois adolescents vont se lier avec Poli, un jeune homme plus âgé qu’eux, conduisant une voiture, se droguant, connaissant les femmes et d’un milieu plus aisé, il les entraine dans des aventures et des excès dont ils finiront par se lasser. Enfin, Entre femmes seules, c’est une tranche de la vie de Clelia qui revient à Turin dix-sept ans après son départ, pour surveiller les travaux de construction d’une boutique de mode, pour le compte de ses patrons romains. Il y sera question d’époque du carnaval, de jeunes gens voulant monter une pièce et d’un suicide.

Tout ceci est assez bien écrit, dans un style alerte et vif mais, désolé, je me suis légèrement ennuyé avec élégance tout du long. Ca papote beaucoup, ce n’est même que cela, des discussions sans fin et guère intéressantes, comme on en a quand on est jeune. On peut trouver du charme à ces émois et troubles, pudiquement évoqués. Parfois des réminiscences de films italiens en Noir&Blanc des années 50 ou 60 ont allumé quelques lumignons dans ma conscience, une voiture klaxon à deux tons chargée de jeunes hommes cigarette au bec filant sur une route, des jeunes filles bras dessus, bras dessous, bavardant en jetant des regards en coin quand elles croisent des garçons…

« Trois romans urbains, trois romans de découverte de la ville et de la société, trois romans d’enthousiasme juvénile et de passion déçue » en disait son auteur. Certes, certes…

« Mais plus elle y pensait, plus elle savait qu’elle retournerait là-haut. C’était à cause de cela, qu’elle se désespérait : parce qu’elle savait qu’elle avait fait une chose ridicule qu’une femme de son âge ne devait plus faire. Elle espérait seulement que Guido était fâché contre elle et qu’il n’essaierait plus de l’embrasser. Elle se serait volontiers battue parce que, lorsque Guido lui avait crié quelque chose dans l’escalier, elle n’avait pas écouté pour savoir s’il lui disait de revenir. Toute la soirée, dans l’obscurité du cinéma, elle pensa douloureusement, que, quoi qu’elle décidât maintenant, elle retournerait chez lui. Elle savait que cette envie de le revoir, de lui demander pardon et de lui dire qu’elle avait été stupide allait lui faire perdre la tête. »

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Cesare Pavese  Le Bel été  Gallimard collection L’Imaginaire – 482 pages –

Traduction de l’italien par Michel Arnaud révisée par Claude Romano


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