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Mort de Rémi Fraisse, violences policières : la droite doit apprendre la contestation !

Publié le 03 novembre 2014 par Delanopolis
Contester, ça ne s'improvise pas. La tribune hebdomadaire de Serge Federbusch pour le Figaro. Mort de Rémi Fraisse, violences policières : la droite doit apprendre la contestation ! Depuis deux ans, un courageux activiste du nom de David Van Hemelryck déploie des trésors d'énergie et d'ingéniosité goguenarde pour réclamer la démission de François Hollande. Il a égayé les plages atlantiques d'une banderole aéro-tractée, s'est rendu jusqu'à Washington pour la déployer, a multiplié les rassemblements pour dénoncer les pratiques du pouvoir "hollandais". La droite parlementaire bien assise ne lui a apporté aucune aide ni aucun relais alors qu'il était soumis à une véritable persécution du gouvernement qui a multiplié les atteintes à sa liberté de manifester sous les prétextes les plus fallacieux. Au motif incongru et ridicule qu'un des ballons gonflables qu'il utilise ressemblait à une quenelle, il se fit même promptement arrêté et embastillé le temps de l'empêcher de prononcer un discours. C'était en France, patrie des droits de l'homme en déshérence, en janvier 2014, place du Châtelet à Paris. Nul communiqué de soutien umpiste ou centriste ne vint s'en indigner.

Les gens de droite, sauf les plus extrémistes d'entre eux, sont des gens d'ordre. On l'a revu lors de l'incroyable succès populaire de la Manif pour tous qui draina à plusieurs reprises des millions d'individus sans débordements autres qu'anecdotiques. Pourtant, la police, sur ordre du ministre de l'intérieur, ne se priva pas de tirer parti du moindre prétexte pour conduire au poste des gens dont le seul délit consistait à demander la démission d'élus qu'ils jugent incapables, b-a-ba de toute action de contestation. Manuel Valls y gagna tout au plus le doux sobriquet de Manuel Gaz.

A observer le retrait de l'écotaxe, forcé par des Bonnets rouges un tantinet violents il est vrai, on en vient vite à la conclusion que si la Manif pour tous avait été plus pugnace et destructrice, elle aurait été davantage entendue par un pouvoir dur avec les doux et lâche devant ceux qui sont plus agressifs.

Il est culturellement difficile aux élus de la droite et à beaucoup de ses électeurs, de condamner les forces dites de l'ordre. Spontanément, ils détestent les fauteurs de troubles et se sentent solidaires de la police. Le qualificatif bien commode de "casseurs" suffit à les détourner de toute solidarité avec les contestataires, sans qu'ils se demandent qui a bien pu casser en premier et pourquoi les manifestants ruent dans les brancards. On a même entendu Xavier Bertrand déclarer qu’il était solidaire du gouvernement !

Pour véritablement et rapidement affaiblir le pouvoir socialiste au point qu'il plie bagage, la droite a donc à faire une véritable révolution culturelle. Il lui faut changer ses réflexes politiques. Comprendre que la police n'est qu'un instrument. Que ceux qui contestent son utilisation ne doivent pas forcément être stigmatisés de prime abord sous prétexte qu'ils sont d'affreux anarchistes. Il faut faire l’effort d’examiner qui a provoqué l’autre et comment. De vérifier que la description des hordes barbares par une presse moutonnière n’est pas le fait de son indulgence coupable pour le pouvoir.

Dans ces conditions, prenons le temps de réfléchir quelques minutes aux affaires de Notre-Dame des Landes, de l'aéroport de Sivens, de la ferme des mille vaches, etc. Ce qu'elles mettent en cause, ce sont souvent les décisions arbitraires et ruineuses d'une des pires engeances à l'origine du déclin français : les barons locaux du parti socialiste. Comme ils se font bâtir des palais aux frais des contribuables, ces dilapidateurs-nés aiment à œuvrer et manœuvrer pour imposer des projets d'équipements pharaoniques. Les pseudo concertations qu'ils mettent en place sont des simulacres. Les données livrées au public sont biaisées et la communication se résume à de la manipulation comme le démontrent souvent des audits un peu plus indépendants. Même les rapports gouvernementaux et Ségolène Royal reconnaissent désormais que le barrage de Sivens est un mauvais projet. Mais ces politiciens se veulent roitelets en leurs domaines et légitimes à imposer leur volonté par la ruse. Puisqu'ils sont de gauche, ils agissent forcément pour le bien public.

Tôt ou tard, les oppositions se réveillent. Les jeunes gauchistes et écologistes qui s’y frottent peuvent être irritants, nous n'en disconviendrons pas. Leur discours anti-croissance et régressif cache souvent le désarroi d'enfants de petits bourgeois qui réfutent le développement économique parce qu'au fond d'eux-mêmes ils craignent de ne pas être capables d'en bénéficier. C'est le rôle classique de l'idéologie que de parer le renoncement des vertus du courage.

Pour autant, leurs dénonciations des projets douteux mentionnés plus haut sont dignes d'être débattues sans censure des médias dominants et sans usage de la force. A Sivens, Montpellier, Nantes, Notre-Dame des Landes ou ailleurs, on voit à l'œuvre la même logique que celle qui a bâillonné David Van Hemelryck. Depuis des décennies maintenant, une classe politique qui se prétend de gauche s'est installée dans des privilèges et une culture de l'autoritarisme et de la manipulation médiatique.

Elle se révèle radicalement inapte à dialoguer avec ceux qui contestent ses choix et décisions. Son quant à soi tourne vite au raidissement.

Il appartient donc à la droite de changer de lunettes au plus vite quant à la lecture des événements actuels. La police et la gendarmerie ne sont que ce qu'en fait le pouvoir socialiste. La honteuse manière dont il cherche à couvrir les obscures conditions dans lesquelles est mort le jeune Rémi Fraisse, le refus de tout débat réel à ce sujet, le mépris pour ceux qui cherchent la manifestation de la vérité, la pratique détestable des arrestations préventives justifient amplement une ferme condamnation.

Les fauteurs de troubles ne sont pas ceux que l'on nous montre mais ceux qui mettent les forces de l'ordre au service du désordre de leurs faiblesses.


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