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Littérature, support électronique et pots de départ

Par Gangoueus @lareus
Littérature, support électronique et pots de départ

Il m’arrive de perdre des articles en cours de route. Il y a deux semaines, j’avais un sujet complet sur mon récent pot de départ. Je me plaisais à y décrire mon univers professionnel. Celui d’un prestataire de service en ingénierie informatique pour des grands comptes. Des missions plus ou moins longues, entre 6 mois et quatre ans. Des univers différents, des méthodologies qui changent parfois, un esprit propre à chaque boîte qu’on arrive parfois à déceler. Mais surtout des rencontres humaines chaque fois différentes. Car, c’est le luxe du presta, il bouge, il se meut et doit prendre racine rapidement dans le lieu de sa nouvelle mission et être capable de s’adapter aux équipes dans lesquelles il doit se fondre comme un poisson dans l’eau. Oui, j’avais beaucoup parlé dans mon message perdu pour introduire le fameux pot de départ. Car, les départs étant inhérents à la prestation en informatique, souvent dans la bonne humeur, ils sont intéressants, émouvants parfois, l’occasion de quelques pics amicales. Mais, je n’ai jamais assisté à un clash monumental qui pourrait nourrir la trame d’un roman.Qui dit pot, dit ripaille, naturellement. Des amuse-bouches pour passer du temps et échanger avant et après le discours du geek qui digère sa fin de mission. Là encore, on peut mesurer le niveau d’implication affective du vagabond. Le top, c’est le gâteau fait maison par les petites mains de l’informaticien lui-même. Certains faisaient même pour leur pot des tord-boyaux détonnants, il y a quelques années. Pas de délégation, donc. En second, celui qui, comme moi, met à contribution épouse et mère pour faire du salé et du sucré. Le bas de gamme, c’est celui ou celle qui prend des croissants chez « Bonne journée ! » histoire de donner le change. Rires !Enfin, vient la séance des cadeaux. A ouvrir séance tenante. En douce une enveloppe à tourner les jours qui précèdent de bureau en bureau, en « scred » comme disent les jeunes. Et ceux qui vous connaissent le mieux sont partis en expédition pour trouver le souvenir qui ne périra point. Là, encore, c’est marrant. Au déballage, beaucoup découvrent les hobbies du consultant. La veille de mon départ par exemple, un collègue avait eu droit à une machine à brasser de la bière. Tiens, je ne pensais pas qu’il picolait à ce point. Pour moi, vous l’avez deviné, ce sont les bouquins. Du roman. Et généralement, les éclaireurs s’arrangent à me sortir de mes thématiques récurrentes. A raison. Je les en remercie. Ces livres seront chroniqués dans la rubrique Les livres du Pot de mon blog. J’ai encore pas mal d’ouvrages de fictions d’un pot antérieur qui attendent sagement dans ma bibliothèque que je puisse échanger avec eux.Voici une photo d’ensemble de ces ouvrages prometteurs :Littérature, support électronique et pots de départ

Sandro Véronesi : Chaos calme
« Pietro Paladini est immobile. Dans l’oeil du cyclone. Il ne sort plus de sa voiture, garée au bas de l’école de sa fille, à Milan. Ce quadragénaire séduisant que la vie avait épargné vient de perdre sa femme, Lara. Il attend de souffrir, mais ce n’est pas si facile de ressentir la perte. Les amis et les anonymes viennent lui parler, l’étreindre, partager ce temps suspendu, ce « chaos calme» où il se réfugie désormais. »
Luis Sepúlveda : L’ombre de ce que nous avons été
« Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre. » Une phrase que l'on ne se lasse pas de lire tant elle dit l'impossible, tant elle donne, malgré tout, à rêver, espérer. Une phrase qui va à merveille à l'écrivain Luis Sepúlveda - elle fait d'ailleurs le titre d'un de ses recueils de nouvelles, paru en 1997 - et qui pourrait être la quintessence de son oeuvre, quinze livres à ce jour, dont le tout nouveau roman à l'intitulé non moins poétique, L'Ombre de ce que nous avons été. » Extrait d’une critique de Télérama 
John Irving : Une prière pour Owen
« Quand nous tenions Owen au-dessus de nos têtes , quand nous nous le passions de l'un à l'autre - sans le moindre effort - , nous croyions qu'il ne pesait rien du tout. Nous ignorions que d'autres forces participaient à notre jeu. je sais aujourd'hui que ces forces  contribuaient à nous faire croire qu'Owen ne pesait rien; c'étaient les forces que notre scepticisme nous empêchait d'admettre, les forces en lesquelles nous négligions de croire - et elles soulevaient aussi Owen Meany, nous l'arrachant des mains.    Je ne cesserai jamais de te le demander: O Dieu, par pitié, rends-le-nous! » Extrait du blog Liratouva

Jacques London : Martin Eden
« Au-delà de la critique sociale, Martin Eden évoque l’ambivalence de la littérature. Le pouvoir des mots permet d’extirper l’esprit de sa misère crasse. L’homme s’élève et croit pouvoir s’élever en toute démesure. Pourtant, passée une certaine limite, il se met à dégringoler sur l’autre versant de la pente. C’est ce qui arrive à Martin Eden. Tiraillé par toutes les idées contradictoires qu’il a ingurgitées, et finalement anéanti par la diversité de points de vues qui se valent tous, qu’ils soient brillants ou médiocres, Martin a acquis une clairvoyance telle que plus personne ne peut le comprendre. Suscitant l’incompréhension de la classe bourgeoise, il essaie de retourner parmi ceux de son milieu. Malheureusement, un gouffre les sépare. Devenu monstrueux à cause d’une connaissance acquise trop rapidement, Martin Eden n’arrive plus à apprécier ce qui avait fait son bonheur d’antan : les filles faciles, les bals, les bagarres, la camaraderie… Bien nulle part, seul partout, même les livres ne le réconfortent plus ». Extrait du blog Critiques de Colimasson
Erri de Luca : Montedidio
« Montedidio un quartier populaire surpeuplé, où « si tu veux cracher par terre, tu ne trouves pas de place entre tes pieds », un quartier grouillant de vie, où la misère transpire des habitants. Où le labeur s'étale comme exutoire d'un après-guerre maladif. C'est l'Italie, mais c'est surtout Naples, cette fourmilière grouillante de vie, d'odeur et de sons, aux personnages exubérants, grandiloquents, abracadabrantesques ». Citation d’Yggdrasil sur Babelio
De la bonne littérature, vous l’aurez compris. Avec le chèque cadeau qui accompagnait ces présents soigneusement choisis, je me suis offert un outil qui va participer à la e-transformation de mes lectures et de mon blog : Une liseuse Kobo Aura H2O noir. Je suis attaché au papier. Mais, il faut arrêter d'être hasbeen et de détruire des arbres. Sérieux, je pense green. J'aime bien la rime. Il va me falloir du temps pour m'accoutumer à dématérialiser le livre.  A suivre. Une petite remarque pour souligner la faible offre en liseuses numériques et le monopole imposé à la FNAC sur son matériel Kobo. N'eût été le fait d'avoir un moyen de paiement estampillé Fnac, je n'aurais pas acheté ce produit sous cette contrainte.Enfin, voilà mes mots sur cette fin de mission quelque part dans les grandes tours de la Défense qui ont inspiré ma nouvelle Bonjour! dans le recueil Sous mes paupières - Extérieur vies. Merci à tous mes collègues et ami(e)s qui se reconnaitront dans ce billet.

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