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L'hybride, l'arme des anglais pour la nouvelle année

Publié le 31 décembre 2014 par Toulouseweb

Non, nous ne sommes plus en 1745. Pas plus qu’ŕ l’époque de la bataille de Fontenoy car cette fois, ŕ l’heure oů on met un point final ŕ l’année 2014, ce ne sont pas les Anglais qui ont tiré les premiers. Ce sont les franco-allemands d’Airbus Group qui ont fait voler leur avion Ť tout électrique ť au printemps dernier.
Il n’empęche. Alors qu’on regarde trčs, voire trop, souvent du côté des Etats-Unis afin d’estimer quels sont les travaux de recherche et développements technologiques dignes d’ętre suivis –parfois ŕ tord-, c’est la Grande-Bretagne et en toute premičre ligne l’Angleterre qui a pris un chemin similaire ŕ celui emprunté par l’Europe continentale.
Car, si je ne me trompe il n’y a pas ou il n'y a gučre de médias qui se soit fait l’écho d’une innovation anglaise qui soit du niveau de celle présentée le 25 avril dernier par Airbus Group ŕ Bordeaux.
Et pourtant, elle est dans la męme lignée que le développement qui a conduit l’E-Fan ŕ effectuer ce premier vol majestueux en Aquitaine devant un ministre que l’on disait ŕ l’époque du Redressement productif. Ce fut également l’occasion de lancer officiellement le programme d’un avion de série qui ŕ son terme verrait sa production installée sur la commune de Mérignac.
La France peut ętre fičre du développement mené par Airbus Group Innovation dans biens des domaines et notamment du tout électrique. Il y a ses détracteurs et ses partisans. Je ne prendrai pas position car au-delŕ de ce qui a pu ętre écrit sur le sujet, ce type de programme expérimental permet d’avancer pas ŕ pas vers des technologies éprouvées plus propres et donc plus respectueuses de l’environnement. Ce que qualifient d’environmentally friendly par nos amis d’outre-Manche. Nous nous devons aussi de rappeler que Jean Botti, directeur général délégué Technologie & Innovation d’Airbus Group avait fait référence ŕ la technologie hybride le 25 avril : Ť Le projet E-Fan et l’engagement d’Airbus Group dans le domaine de la recherche électrique et hydbride illustrent notre vison des futurs développements technologiques… ť Dont acte.
Toujours est-il que les anglo-saxons ont fait savoir juste avant Noël que des scientifiques de Cambridge avaient mis au point le premier avion ŕ propulsion hybride qui soit au monde. Et que ce moteur a été testé avec succčs au Royaume-Uni. Une façon de dire aux Continentaux que l’histoire n’est pas bouclée et que męme si l’Angleterre (et plus largement la Grande-Bretagne) n’est plus actionnaire d’Airbus (alors que plusieurs usines de l’avionneur œuvrent aux succčs de ses avions), la Blanche Albion a encore des compétences dans bien des domaines qui méritent d’ętre scrutées de prčs.
Ainsi, les chercheurs de l’Université de Cambridge ont-ils développé un appareil ŕ propulsion hybride qui peut recharger ses batteries pendant son vol. Mais, et c’est lŕ que le bât blesse une fois encore, c’est sous le couvert d’un programme mené avec le concurrent d’Airbus, pour rappel Boeing, que les Anglais ont développé ce concept.
L ‘appareil léger est motorisé par deux moteurs, l’un électrique l’autre thermique pour entraîner l’hélice précisent les ingénieurs. Les responsables du programme affirment que la consommation de carburant est inférieure de 30 % par rapport ŕ un appareil similaire qui serait propulsé uniquement par du kérosčne. Et d’insister sur le fait que les batteries nécessaires ŕ la propulsion alternative se rechargeant durant le vol ŕ l’instar de ce qui se passe depuis une dizaine d’année pour la propulsion hybride de voitures, la masse desdites batteries est moindre, mais cela offre surtout une plus grande autonomie.
Durant la phase de décollage et de montée ŕ l’altitude de croisičre, les deux moteurs travaillent simultanément afin de fournir le maximum de puissance. Mais dčs que l’altitude de croisičre est atteinte, le fonctionnement du moteur électrique peut ętre transféré sur son mode recharge et celui-peut ętre sollicité lorsqu’une réduction de consommation de carburant fossile est souhaitable.
Le Dr. Paul Robertson du département ingénierie de l’Université de Cambridge a insisté sur le développement d’un nouveau type de batteries qui permettent de réduire leur masse et augmenter leur capacité. Et c’est grâce ŕ la technologie des batteries lithium-polymčres Ť similaires ŕ ce que l’on trouve dans nos ordinateurs portables ť que l’avion hybride, fut-ce ŕ échelle réduite, a pu voir le jour et que la technologie devient crédible ť.
Une chose est sűre, c’est que Boeing tout comme Airbus lorgnent ŕ rester les leaders de l’aéronautique et qu’il faut en permanence innover non seulement pour affronter les contraintes environnementales, mais aussi les constructeurs émergents pour éviter que les élčves ne deviennent meilleurs que leur professeur.
Et puis il y a encore beaucoup de travail ŕ mener dans le domaine de l’hybride ou d’un appareil tout électrique ne manque pas de faire remarquer Marty Bradley, le responsable du programme chez Boeing car si nous imaginions supprimer tout le kérosčne et les moteurs thermiques d’un avion commercial par des moteurs électriques, son autonomie serait réduite ŕ environ 10 minutes. Un peu juste pour un avion de ligne. Ca laisse encore bien des heures d’études pour cette nouvelle année 2015 et les suivantes. Meilleurs Vœux ŕ tous - Nicole Beauclair pour Aeromorning

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