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La brique

Publié le 30 janvier 2015 par Aelezig

La brique est un parallélépipède rectangle, de terre argileuse crue et séchée au soleil ou cuite au four, utilisé comme matériau de construction. L'argile est souvent mêlée de sable.

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Brique émaillée - Mésopotamie

On distingue différents types de briques (liste non exhaustive) :

  • la brique de terre crue, qui peut aussi contenir des fibres (pailles, lin, crin...),
  • la brique de terre compressée,
  • la brique cuite pleine, matériau traditionnel très ancien,
  • la brique cuite creuse, inventée au XIXe siècle, plus légère (donc moins coûteuse à transporter) et plus isolante, devenue la plus utilisée,
  • la brique de chanvre, ayant de très bonnes propriétés d'isolation thermique,
  • la brique réfractaire, pour la construction des fours, chaudières, foyers, cheminées, etc.

La brique pleine peut être laissée apparente, ou être employée comme matériau de parement, tandis que la brique creuse, qui présente l'avantage d'être plus légère et plus isolante, est généralement enduite.

La ville de Toulouse doit son surnom de « ville rose » à l'utilisation de la brique apparente, dans la plupart de ses constructions. Le monument de briques le plus remarquable de France est la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi (Tarn). 

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Sainte-Cécile à Albi

L'origine de la brique remonterait à sept mille ans avant J-C, dans la région du Tigre et de l'Euphrate : les premières maisons en brique ont été découvertes en Irak et l'on estime que l'usage de la brique s'est ensuite étendu rapidement en Mésopotamie jusque tout le Moyen-Orient. Son utilisation se généralise au IIIe millénaire, à l'ère de sédentarisation des populations humaines.

C'est le besoin de se protéger de façon durable des intempéries et des prédateurs qui impose à l'Homme la nécessité de trouver des matériaux durs et résistants. La pierre naturelle ou les troncs d'arbre peuvent remplir cet office dans les régions où ils peuvent être facilement prélevés. Dans les pays où la végétation est rare et notamment tous les pays méditerranéens, l'argile constitue l'un des premiers matériaux de construction utilisés.

Pendant longtemps, la brique obtenue à partir de terre crue (appelée aussi adobe) est simplement moulée puis séchée au soleil, pour la rendre plus résistante. La brique crue permet de monter des habitations ou des monuments mais reste fragile et résiste mal aux intempéries. La cuisson de la brique est expérimentée en 2500 avant J.-C., en Mésopotamie et dans la vallée de l'Indus. La cuisson permet de réaliser des constructions plus imposantes. En Assyrie et en Grèce (pour les temples, avant l'emploi du marbre), la cuisson de l'argile permet de créer des frises et de réaliser des briques émaillées.

Les villes ensuite se construisent dans le matériau le plus accessible de la région. Ainsi Paris, tirant parti du calcaire du Bassin parisien, demeure une ville de pierre, tandis qu'à Londres, la pénurie en pierre de taille de qualité fait de celle-ci une ville de brique.

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Gare Saint-Pancras à Londres

Lors de la révolution industrielle, les briqueteries se regroupent, et forment de véritables usines. Des fours à charbon permettent d'augmenter la capacité de production. En France, Toulouse et ses 170 briqueteries devient un important producteur de briques. Aujourd'hui, les briqueteries ont pratiquement disparu en Europe.

En 1830, Auguste Virebent dépose le brevet d'invention d'un système de presse à briques. Ceci marque le début de l'industrialisation de la brique. Il met au point aussi la « plinthotomie », invention fonctionnant comme un emporte-pièce, pour découper diverses formes dans de la glaise fraîche. Cette technique permet de s'affranchir des sculpteurs, et d'industrialiser la fabrication. L'après-guerre marque le remplacement progressif de la brique par le béton de ciment et l'acier.

A la fin du XXe siècle, les chocs pétroliers à répétition, la prise de conscience écologique consécutive au dérèglement climatique, contribuent à la désaffection de la brique, dont l'industrie est l'une des plus énergivores et des plus polluantes (pollution atmosphérique locale, émission de gaz à effet de serre du fait de l'utilisation massive de charbon et de biomasse dans les fours à brique). Un regain se goût pour la brique se développe pourtant car elle a aussi de très bonnes qualités isolantes.

Avant la mécanisation, les hommes arrachaient l'argile à l'aide de fers, à plat. Une fois l'argile extraite, un travail de broyage permettait d'affiner la matière première. Ensuite, l'ajout d'eau en grande quantité permettait d'obtenir une pâte homogène, à la plasticité voulue. Le pétrissage permettait d'éliminer les derniers cailloux. Cette préparation de l'argile se terminait par une phase de pourrissage, durant laquelle la terre glaise se « reposait ».

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Four à brique en Sologne

Son façonnage se faisait dans un moule en bois dont les bords et le fond étaient ensablés afin que la glaise n'y adhère pas. La surface était égalisée et arasée de son excédent. Le tout était démoulé et déposé sur le sol, ou sur une grille pour une première phase de séchage. Une fois durcies, les briques étaient empilées en quinconce pour faciliter la circulation de l'air entre elles. La cuisson s'opérait quand le nombre de briques sèches était suffisant. Elles étaient alors empilées selon le même principe à l'intérieur du four. L'ouverture était ensuite obturée avec de la terre. Le feu était allumé dans le foyer situé en sous-sol du four, et entretenu pendant plusieurs jours, avec une surveillance constante.

Ce travail manuel a donné aux briques leur forme caractéristique. Aujourd'hui, ce travail est industrialisé et permet d'obtenir différents tailles de briques, parfaitement identiques. Un système de découpage automatique façonne des briques à partir de boudins de glaise. La brique subit ensuite une série de séchages qui éviteront les fissures et les éclats lors de la cuisson.

Les briques creuses à petits alvéoles verticaux (monomur), désormais devenues le principal produit des briquetiers français, permettent lorsque l'épaisseur du mur est suffisante, de se passer de toute isolation supplémentaire sous un climat tempéré européen. Elles font de plus bénéficier les occupants de l'habitation de leur forte inertie thermique (conservation de la fraîcheur en été, de la chaleur en hiver) et des qualités propres à la terre cuite (régulation d'humidité, absence de fibres ou de produits chimiques, isolation phonique…). Et à l'encontre de l'idée reçue selon laquelle une brique est fragile, certaines briques modernes sont appropriées pour la construction aux normes anti-sismiques.

Après s'être trouvée en perte de vitesse sur le marché de la construction, boudée au profit du bloc de béton, la brique retrouve depuis peu ses lettres de noblesse, grâce à des innovations récentes. Ainsi, en quinze ans, la brique est passée de 4 % à plus de 20 % du marché des constructions neuves. 

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Le métier de la fabrication de briques reste largement local (compte tenu de son poids, le transport de la brique sur longue distance n'est pas rentable) et souvent artisanal.

Le leader mondial de la fabrication des briques est la société autrichienne Wienerberger, qui possédait en 2008 deux cents sites de production dans vingt-six pays.

D'après Wikipédia


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