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Lost in Modern translation

Publié le 12 février 2015 par Pomdepin @pom2pin

Il n’y a pas besoin d’être expat pour être confronté un jour à des problèmes de traduction, que ce soit en vacances ou face à la notice de montage d’une table, traduite directement par ordinateur du serbo Croate, au mandarin, en passant par l’araméen pour arriver à un espèce de français médiéval et qui se révèle être en fait une recette de pâtes au saumon. Et n’aide pas du tout pour la table qui finira avec trois pieds, dont un sur le dessus.

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Orcatranslate.co.uk

Mais c’est quand même un problème quotidien pour les expats, surtout dans les premiers temps. On croit maitriser une langue parce que l’éducation nationale nous a obligé à apprendre la liste des verbes irréguliers avec l’accent d’un prof toulousain, et on se rend très vite compte qu’on nage complètement. On accumule les gaffes. Une collègue fumeuse en Irlande a donc demandé littéralement à notre patron si il avait du feu. Il a cru à une proportion SM. Au Mexique, je logeais dans une sorte de pension accueillant beaucoup de jeunes stagiaires français. Notre proprio s’est trouvé au bord de l’attaque cardiaque quand une des autres locataires lui a dit qu’elle était embarasada..donc pas embarrassée, comme elle croyait mais enceinte (il faudra un jour que je vous parle de mes proprios au Mexique, un vieux couple gay digne de la cage aux folles. Ils étaient adorables, mais je m’égare). Ma cousine (elle reste 10 jours et elle est très gentille, elle n’a pas du tout hésiter à partager son anecdote. Il faut vraiment que je me calme avec les parenthèses), ma cousine donc, rentre d’un long séjour en Nouvelle Zélande, où elle s’est fait fort d’expliquer la gastronomie du sud-ouest, à base de canard. Comme elle dit, on le mange sous toutes les formes possibles et elle aime beaucoup. Canard, ça se dit « duck » en anglais, avec un u pas avec un i (pour les majeurs, je fournis une traduction sur demande!)

Je pourrais continuer comme ça pendant longtemps. Les expats sont les premiers à être à l’affût du moindre gadget qui pourrait les aider dans leur problème de traduction, même quand ils sont devenus bilingues. J’ai donc lu avec curiosité les aventures d’un journaliste de la BBC qui a eu l’idée de tester plusieurs applications de traduction sur son smart phone. Vous « dictez » ce que vous voulez dire dans votre langue maternelle, et l’app vous le ressort, oralement dans la langue choisie. Le journaliste s’est donc promené comme ça dans les rues de Bilbao, parlant anglais, et répété en espagnol à travers son téléphone. Il semblerait qu’il ait un grand sens de l’humour, puisqu’il a trouvé hilarant, les premiers moments d’incompréhension passés, de demander à une caissière si elle voulait sortir avec Ozil, le joueur d’Arsenal, alors qu’il voulait juste acheter des timbres. Le journaliste est formel, les apps de traduction ne sont pas encore au point.

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Capture de son écran, sur BBC.co.uk effectivement, ça ne marche pas.

Vous avez remarqué que je n’ai pas cité mes bourdes: pour la bonne raison que je suis tellement coincée que je préfère me taire que d’ouvrir la bouche si je ne maîtrise pas. Et bien cette attitude est stupide. Il vaut mieux ranger son téléphone, se lancer, faire des fautes et amuser la galerie…c’est comme ça qu’on progresse et qu’on se fait des amis dans notre nouvelle langue!


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