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Aire de repos, exposition à La Terrasse, espace d'art de Nanterre (92)

Publié le 26 février 2015 par Onarretetout

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Une aire de repos, c’est peut-être d’abord un espace au bord d’une autoroute, extension de cette autoroute vers la nature environnante, et qui en prend parfois les noms évocateurs (je pense à l’autoroute de l’Arbre, qui va de la région parisienne vers Nevers). Dans les Papous dans la tête, une émission dominicale de France Culture, on a créé les Grands airs des aires de repos… Ce sont des lieux faits pour le repos, la halte, le ralentissement. Voilà ce qu’est l’Aire de repos de La Terrasse, espace d’art de Nanterre. L'autoroute est en-dessous.

Il faut s’y arrêter, il faudrait prendre le temps de s’asseoir, de regarder, d’écouter. Nous y sommes invités. Déjà, dans l’exposition précédente, tout nous incitait à rester quelques minutes devant les gestes répétés sur les murs, à suspendre notre course quotidienne. Cette fois, c’est presque une injonction. Chercher le temps. A travers l’oeuvre de Marcel Proust avec Michèle Cirès-Brigand (j’y reviendrai), à travers les photographies d’arbres et de nature dans le Lot prises par Jean-Luc Moulène, par les peintures de Christophe Robe saisissant dans les entrelacs de branches des lumières ou très proches ou lointaines, et sur les tapis de Lizan Freijsen.

Ces tapis sont réalisés selon les dessins que font les moisissures. La vie en ville nous habitue au propre, aux angles droits, à la verticalité des murs. La façon dont la moisissure se développe nous fait alors l’effet du désordre, nous dégoûte et nous nettoyons. Sans doute faisons-nous bien du point de vue de l’hygiène (encore que c’est dans la moisissure que fut découverte la pénicilline). Mais la moisissure nous offre des formes et des couleurs parfois exceptionnelles, et son développement a sans doute encore beaucoup à nous apprendre. Alors, qu’une artiste y consacre du temps et cherche à en témoigner mérite qu’on s’y arrête.

Et dans l’espace de l’exposition, j’ai l’impression que c’est cette moisissure qui dirige mon regard, qui lui donne une capacité inédite d’expansion, vers les photos de Jean-Luc Moulène, vers les tableaux de Christophe Robe. 

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Plus tard je retournerai m’asseoir devant les planches photographiques de Michèle Cirès-Brigand.

Cliquer sur les photos pour les agrandir.


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