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Harcèlement, par un client : que faire ?

Publié le 26 février 2015 par Christophefaurie
Une personne me disait avoir été victime d'un harcèlement moral par un client. Pour aplanir les choses, son dirigeant lui avait demandé une lettre d'excuses. Ce qu'elle a refusé de faire. Probablement avec raison. 
Du coup, j'ai jeté un coup d'oeil à la législation portant sur le harcèlement. Je n'ai pas tout compris. Mais voici ce que je retiens, tout de même : 
  • Démontrer le harcèlement est une question de preuves. Répétition est le mot clé du harcèlement. Il faut, par exemple, imprimer tous les mails que vous avez reçus, pour montrer la répétition. Mais aussi accumuler les preuves que vous faites bien votre travail. Vous démontrez ainsi que le comportement est pathologique et non professionnel. 
  • Il est possible d'attaquer quelqu’un dont on n’est pas le salarié. En fait, dans le cas qui me sert d'exemple, l'employeur est en première ligne. C’est lui qui vous met dans une situation difficile. En outre, il vous demande des excuses dégradantes, alors que vous n’êtes pas en cause. 
  • Mais, n'est-ce pas dangereux ? Et le risque de perdre votre job ? 1) Vous pouvez lui laisser entendre que vous pourriez l’attaquer ; et 2) encore plus s'il vous licencie ; 3) et, vue votre contribution aux revenus de l'entreprise, son intérêt bien compris est de vous câliner et de vous faire travailler avec un autre client. Bref, c’est son problème, pas le vôtre. 
  • Il faut rencontrer un avocat, voire, si c’est au dessus de vos moyens financiers, les conseillers d’un syndicat. (C’est une idée que j’ai suggérée à une ancienne collègue : elle en a été très satisfaite.) Attention, cependant, il y a peu de bons avocats.
Au fond, on en revient à la raison pour laquelle la devise de la France contient "égalité". Pas de liberté sans "égalité de puissance" dit Rousseau. Si vous êtes moins fort que l'autre, il vous réduit en esclavage. Or, la société est devenue déséquilibrée. Rétablir cet équilibre doit devenir une question centrale pour tous ceux qui sont en situation précaire (en particulier qui ne sont ni CDI, ni fonctionnaires). Apprendre à utiliser le droit comme arme de dissuasion me semble important. 
Je me suis aussi dit que tout ceci traduisait une nouvelle attitude au travail. Plus question de s'y donner à corps perdu. Il faut calculer. Et surtout, conserver des ressources et du temps pour rendre coup pour coup. Mais n'y a-t-il pas un risque de perte de compétence : moins de pratique, de motivation... ? Le droit n'est pas tout. Il y a aussi besoin d'entraide. Elle permet d'absorber les chocs en groupe, et de résoudre ses difficultés sans s'épuiser. 

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