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Au bonheur des ogres de Daniel Pennac

Publié le 27 février 2015 par Alexis Louet

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Côté famille, maman s’est tirée une fois de plus en m’abandonnant les mômes, et le Petit s’est mis à rêver d’ogres Noël.

Côté cœur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire).

Côté boulot, la première bombe a explosé au rayon des jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j’étais là aussi pour l’explosion de la troisième, ils m’ont tous soupçonné.

Pourquoi moi ? Je dois avoir un don …


MA NOTE FINALE : 18/20

SCÉNARIO ET PERSONNAGES : 5/5

ÉCRITURE : 5/5

ORIGINALITÉ : 4/5

LE LIVRE EST-IL ADDICTIF ? 4/5


Bon. Je m’habitue peu à peu au génie de Pennac. C’est pour ça, que cette fois-ci, je ne mets pas de 20.

J’ai retrouvé avec plaisir le style de l’auteur, cet humour, cette écriture qui fait durer les phrases, pour apporter sur chaque élément sa petite précision, comique, parfois mordante. Cette impertinence et cette auto-dérision du narrateur (Pennac exprime probablement aussi ce qu’il pense de la société derrière les mots de Benjamin Malaussène). Cette façon que Pennac a de s’amuser en personnifiant tout ce qui bouge (et pas que !). Ces petites parenthèses entre les dialogues, qui sont les pensées du personnage principal : des pensées toujours vives et claires, comme une petite flamme de briquet qui ne s’éteint jamais le long de ces (assez passionnantes) 287 pages.

Pennac, déploie une nouvelle fois, et encore plus que dans Messieurs les Enfants, sa belle guirlande de personnages atypiques ou typiques, justement, c’est selon. Il leur donne à tous un trait comique, un trait assez humain (en même temps ce sont des êtres humains me direz vous !) et on s’attache à tous ceux auxquels on peut s’attacher, c’est à dire la quasi-intégralité : de Théo, l »homosexuel fantaisiste, à Thérèse, la voyante (la vraie !), en passant par la reine Zabo, l’éditrice (trop) franche, formidablement décrite à la fin du roman, sans oublier Julius, le chien épileptique (il pue et il se lave jamais mais on l’aime quand même :) ).

Après, il y a l’histoire. Bon, oui, l’histoire est un peu farfelue, mais c’est cela qui fait son charme ! Pennac ne veut pas laisser paraître qu’il maîtrise complètement le déroulement de son scénario, ou alors, au contraire, comme nous on le ressent d’une certaine manière, il ne la maîtrise pas du tout et laisse sa plume dériver le long du fleuve (la vie est un long fleuve tranquille, bon, pas si tranquille pour notre cher Benjamin Malaussène …). Mais au fond, même si l’histoire « part un peu dans tous les sens », il y a toujours un bon fond cohérent de personnages, une petite histoire d’amour pour ajouter un peu de saveur (même si le livre n’en manque pas du tout !), et bien sûr une enquête policière dans laquelle le narrateur sera embarqué, contre son gré.

En résumé, Au Bonheur des Ogres, c’est une formidable écriture comique, une histoire rocambolesque mais qui est aussi assez triste, fragile à certains moments (sans pour autant perdre le ton léger de l’auteur) et des personnages attachants. Et bien entendu, à l’heure où j’écris cette critique, j’ai commencé le tome 2 (mais je ne sais pas si je vais le critiquer), puisque la Saga Malaussène est composé de … 7 tomes, que je vais dévorer avec avidité.

 » L’humour, cette expression irréductible de l’éthique. » D.P.



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