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Le magicien de WhiteChapel (T1) Jerrold Piccobello

Publié le 02 mars 2015 par Un_amour_de_bd @un_mour_de_bd

Chronique « Le magicien de WhiteChapel (T1) »

Scénario et dessin de Benn,

Public conseillé : Adultes / Grands Adolescents

Polar « social »
Paru chez Dargaud le 27 février 2015, 64 pages couleurs, 15.99 euros

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L’histoire

Londres 1887, Piccadilly Circus. Le vieux magicien Jerrold Piccobello passe une audition. Malgré son savoir-faire, il est débouté. Errant dans les rues adjacentes, Jerrold s’installe dans la taverne “Eagle”, l’endroit où tout a commencé. En dégustant une Stout, il se rappelle sa jeunesse…
Un soir de septembre 1853, son paternel Nico, tricheur professionnel, arrive dans la taverne, bien décidé à jouer (et dépouiller) une crapule, nommé “Black Neb”. Surpris en pleine triche, Nico tente de s échapper, mais il est rattrapé par les seconds couteaux de Black Neb. Non seulement, il va y passer, mais l’ordure lui assure qu’il réserve le même sort à sa progéniture.
Tub, un ami de Nico, fonce récupérer les enfants (Jerrold et sa soeur) pour les mettre à l’abri, en face du théâtre “The Eagle”…

Le magicien de WhiteChapel (T1) Jerrold Piccobello
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Ce que j’en pense

Cela fait un sacré moment longtemps que je n’avais plus lu d’album de Benn. Pourtant son univers très graphique, mélangeant polar et fantastique (“les aventures de Mic Mac Adam” avec Stephen Desberg, puis Luc Brunschwig et Sylvain Runberg au scénario) ou polar et social (“Woogee”) m’avait fait rêver. C’est donc un vrai bonheur de voir réapparaître dans le paysage Benn, comme dessinateur bien entendu, mais aussi comme scénariste.
Ce premier acte du « Magicien de Whitechapel » est assez étonnant. Il y raconte, sous la forme d’un long flash-black, la vie et l’initiation du jeune Jerrold, dans le Londres pauvre et encanaillé de la fin du 19e.
Privé de parents (tué par un voyou local) l’enfant est confronté très tôt aux difficultés de la vie et aux rapports violents et intéressés des adultes. Ces années d’adolescence servent de cadre à Benn pour détailler une peinture sociale, pleines de gueules, d’atmosphères et de personnages “haut en couleurs” (souvent peu fréquentables).

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Puis, à mi-parcours, Benn change d’axe. La rencontre avec l’illusionniste Virgil Webb marque profondément la destinée de Jerrold. Décidé à devenir un magicien comme lui, il lui colle aux basques. Commence alors des rapports complexes entre les deux hommes. Par de longues scènes réalistes et humoristiques, Benn raconte avec simplicité et sensibilité leur quotidien : de mentor à élève, d’ami à ami et d’hommes à hommes…
C’est cet aspect de Benn qui me touche. Il ne s intéresse pas aux grands hommes ou à l’Histoire, mais à la vie du petit peuple.
Enfin, sans en dévoiler trop, je vous dirais que la fin du récit est inattendue et prend un tournant purement fantastique. C’est osé, merci Benn !
Dans “Le magicien de Whitechapel”, il fait évoluer son style. Son trait semi-réaliste est encore plus charbonneux que dans ces albums précédents. Plus expressif aussi, il compose de grandes cases qui nous immergent dans cette ambiance lourde et poisseuse. Grands décors (de théâtre ou de rues), ou scènes intérieures plus intimistes, son trait nerveux rend hommage aux personnages et à l’ambiance.

Pour résumer

Ce « Magicien de Whitechappel » semble être le grand oeuvre de Benn. Arrivé a sa maturité artistique, il nous offre un récit initiatique, historique et enchanteur. Entre peinture sociale et récit initiatique, aux accents fantastique, ces personnages haut en couleur (gamins des tués, truands et filles légères) se croisent dans un décors londonien envoûtant et puissant.

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