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L'autre scandale LuxLeaks : le déni de démocratie

Publié le 03 mars 2015 par Despasperdus

A titre liminaire et à toutes fins utiles, voici la définition de la démocratie :

« régime politique dans lequel le peuple a le pouvoir »

L'Union européenne est tellement démocratique qu'elle respecte les règles démocratiques... quand ça l'arrange.

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Le peuple français l'a appris à ses dépens lors de l'adoption du traité de Lisbonne, réduisant à néant sa souveraineté populaire exprimée lors du référendum sur la constitution européenne de 2005. Par la même occasion, il a pu constater que l'UE s'incarne d'abord dans les "responsables" nationaux, en France, de Giscard à Delors, de Barnier à Moscovici, ou de Sarkozy à Hollande qui ont tous choisi de céder une part de souveraineté populaire en contrepartie de privilèges accordés au Capital.

Le dernier exemple qui a fait beaucoup de bruit concerne la Grèce : chacun a pu constater que la démocratie s'arrête là où commencent les intérêts de la finance. Tous les représentants des pays membres de l'UE, les responsables de la BCE et de la Commission européenne ont ainsi signifié au gouvernement Syriza qu'il devait respecter les engagements de son prédécesseur plutôt que les siens pris devant le peuple grec. Et, c'est au terme d'éprouvantes négociations que Tsipras a pu sauvegarder les mesures les plus urgentes de son programme...

Quoi qu'en disent les copistes de l'idéologie dominante, la Grèce est victime, à l'instar des autres pays de l'UE, de l'évasion fiscale et de la fraude fiscale qui ont été organisées au sein même de l'UE. La dette publique grecque a été essentiellement causée par ces deux facteurs, auxquels il faut ajouter la complicité de l'oligarchie européenne et des politiciens de la droite et de la social-démocratie.

Autrement dit, les dirigeants de l'UE se prévalent de leurs propres turpitudes pour faire payer les peuples. Un pays est le catalyseur de l'évasion fiscale, le Luxembourg qui a longtemps été dirigé par un certain Juncker, aujourd'hui aux commandes de la Commission européenne. Et, Draghi, le président de la BCE, est un ancien haut dirigeant de la banque Goldman Sach, complice du trucage des comptes publics grecs.

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En l'espèce, la Grèce se retrouve étrangement dans le rôle de l'accusé face à des juges qui ont la particularité d'être les escrocs qui l'ont endettée!

Mais, le plus étrange, c'est qu'au même moment, un nouveau scandale en évasion fiscale, en fraude fiscale et en dumping fiscal (écrire optimisation fiscale dans la novlangue néolibérale) éclatait et éclaboussait lesdits escrocs : LuxLeaks dont vous pouvez lire sur la page Wikipédia les tenants et les aboutissants.

Et quelques semaines plus tard, plus étrange encore, LuxLeaks allait être assorti d'un autre scandale, celui-là relatif à l'information des citoyens.

Ainsi, le groupe parlementaire Les Verts espérait la création d'une véritable commission d'enquête après la médiatisation de LuxLeaks, d'autant que plus de 25 % des députés s'étaient prononcés en sa faveur, soit un pourcentage largement au-dessus du seuil requis... Mais, les instances dirigeantes de l'UE, soutenues par les principaux groupes parlementaires (droite et social-démocratie) ont mis leur véto.

A la place d'une véritable commission d'enquête a été instituée une commission, dite spéciale (sic !) aux pouvoirs si limités qu'elle ne pourra même pas exiger l'accès aux documents administratifs des Etats, ni l'audition des responsables !

L'analyse du groupe Les Verts est éloquente :

« Les derniers jours ont mis en lumière l’incroyable énergie déployée par le Président du parlement et les Présidents des 3 principaux groupes pour faire échouer une demande de plus de 25% des députés, pourtant tous pro-européens. Le coup est rude pour tous les défenseurs sincères de la démocratie européenne. Qui peut croire que les groupes socialistes, conservateurs ou libéraux mettront cette même énergie à obtenir des avancées concrètes de ceux qui, à la commission européenne ou dans les États membres, sont en charge de mener la bataille contre l’évasion fiscale ? Nous venons d’assister à une démission du politique, si ce n’est pire. »

Que dire de plus, sinon qu'en protégeant l'opacité des marchés financiers, les instances européennes et les groupes politiques majoritaires démontrent que l'UE n'est pas une démocratie ?

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